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 Marché du Rialto

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Du Bout des Doigts
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MessageSujet: Marché du Rialto   Mar 19 Avr - 0:12

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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Lun 23 Mai - 2:03

[Ca'Adorasti - Le hall]

Gabriella marchait lentement prenant le temps de regarder les différents étalages que proposaient les marchands. Elle avait déjà acheté un bon panier de fruits d'hiver : pommes, poires et oranges. Elle avait également acheté une corbeille de fruits confits entiers : des melons confits entiers avec des poires, des figues des oranges, des citrons, de l'angélique et des cerises. Elle les disposerait dans de beaux saladiers de porcelaine, cela ferait très coloré.

*Ca présentera bien sur la table...*

Elle se rappela soudain que le fleuriste Fernando faisait de magnifiques compositions florales. Voilà qui finirait de décorer la salle à manger avec les fruits. Elle s'approcha de son étalage...
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Lun 23 Mai - 20:00

[Ca’Grazziano]

Matteo se promenait entre les différentes échoppes, son regard vagabondant sur ce qui l’entourait, sans jamais vraiment s’attarder sur quoi que ce soit. Il prit une grande inspiration. Le Marché du Rialto respirait la vie. Toujours bondé, tous y étaient inconnus, on pouvait échanger quelques mots sur le beau temps avec le maraîcher, mais étions-nous quelque chose de plus qu’un autre visage anonyme dans sa journée? Voilà pourquoi Matteo aimait s’y perdre. Au milieu de la populace, il arrivait à s’oublier lui-même. Il se plaisait à observer toute cette activité humaine : les domestiques courant dans tous les sens pour terminer leurs corvées à temps, les marchands essayant d’attirer l’attention des passants avec leurs biens plus appétissants les uns que les autres, les clients plongés dans des négociations animées, les filles de cuisine examinant les fruits les meilleurs pour le repas du soir… Son regard s’arrêta sur une jeune fille, qui ne devait pas avoir plus que vingt ans. Sa beauté était rafraîchissante, une beauté simple et naturelle. Un petit visage de chérubin, aux joues rondes légèrement rougies par le froid… Il n’en fallait pas plus pour qu'une lueur de convoitise s’allume dans ses yeux bleus.
S’approchant de la jeune fille, Matteo remarqua qu’elle semblait s'intéresser aux arrangements floraux. Sans perdre une seconde, le garçon se rendit auprès d'elle. Il sélectionna parmi les nombreux bouquets de l'étalage celui qui lui paraissait le plus beau et l'acheta sans plus tarder. Se tournant ensuite vers la jeune femme, il s'inclina devant elle avec un sourire et lui présenta sa récente acquisition en disant:


« Signora, voici l'humble tribut que vous offre votre modeste admirateur. Je le reconnais, comparée à la vôtre, la beauté de ces fleurs s'en voit diminuée, mais j'espère que mon attention saura au moins vous flatter. »
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Lun 23 Mai - 20:59

Gabriella piétinait sur place tout en regardant ce que proposait le marchand de fleurs. Il semblait que la bise mordante voulait s'insinuer sous ses jupons. Chacune de ses respirations était ponctuée d'une volute dansante sortant d'entre ses lèvres.

Fernando vendait de jolies fleurs mais elles étaient chères, rien de plus normal en cette saison. Toute à ses calculs et à ses réflexions, elle ne prit pas attention au jeune homme qui achetait des fleurs... sauf lorsqu'il lui brandit la composition fraîchement achetée sous le nez.


"Admirateur... ?" *Beauté...?*

Surprise et perplexe, Gabriella crut un instant qu'il s'était trompé de jeune fille. Après les remontrances de Lorenzo et d'Elio ainsi que l'accueil aussi glacial que cette bise du gentilhomme Basileo, Gabriella était loin de s'attendre à de pareilles considérations envers elle. Mais force était de constater qu'elle était la seule jeune fille à cet étal.

Elle prit le bouquet frébrilement puis regarda le jeune homme. Lui faisait-il la cours ? Gabriella trouva cela extrêmement gênant. Que dirait le Prince à la voir ainsi ? Ou pire, qu'on le lui rapporte ? Mais Gabriella n'allait pas envoyer promener cet homme qui lui offrait les fleurs qu'elle n'avait pas les moyens de payer pour son maître. Il fallait donc qu'il en reste là sans qu'il soit vexé.


"Je vous remercie infiniement de m'offrir ce bouquet Monsieur. Je suis très flattée."

Avec un sourire poli, elle fit une gracieuse révérence devant le jeune homme puis commença à s'éloigner.
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Lun 23 Mai - 23:05

[Premier Post]

Iago traversait à grand pas le marché. Sa démarche houleuse faisait voler par à-coup sa cape d'un rouge presque noir, et les cheveux noirs qui s'échappaient de son chapeau s'emmêlaient allègrement.
Il avait un sourire narquois aux lèvres et se frottait les mains à la fois pour se réchauffer et pour se féliciter lui-même d'une découverte qu'il venait de faire, et qu'il hésitait encore à divulguer…
Le froid ne semblait pas l'affecter, il ne faisait rien pour se protéger du vent, le laissant s'engouffrer dans sa cape comme bon lui semblait.

S'il avait l'air dans un monde bien loin de la terre, il n'en était pas moins extrêmement attentif à tout ce qui était autour de lui. Ses yeux sautaient d'un étalage à un autre, se promenant entre les couleurs, les sons et l'agitation du marché à la recherche de quelque chose qui puisse l'amuser.
Une scène parfaitement ridicule attira son attention : un jeune homme offrait des fleurs à une jeune fille.

N'ayant rien de mieux à faire, il dirigea ses pas dans cette direction, rien ne le réjouissait autant qu'une scène ridicule. Lorsqu'il reconnut le jeune homme, son sourire devint sardonique. C'était le petit mignon d'Ugo, le "jeune" Matteo qui avait en fait son âge, mais n'avait toujours rien compris à la vie. Cela ne l'étonnait absolument pas de le retrouver dans une situation aussi ridicule.
Franchement, offrir des fleurs... à la rigueur une volaille !

Il entendit la réplique de la jeune représentante du sexe qu'on dit faible, et l'arrêta alors qu'elle commençait à s'en aller.


"Je préfère, dans votre intérêt, rétablir tout de suite la vérité : vous n'êtes pas belle, donc il n'y a aucune raison d'être flattée par un mensonge."

Il avait dit cela de façon très sincère, sans froideur aucune. Au contraire, il était plutôt de bonne humeur, et trouvait qu'il serait dommage que la femme pas encore femme se prenne pour ce qu'elle n'était pas.
Il regarda ensuite Matteo par-dessus l'épaule de cette personne, pour lancer d'un ton parfaitement ironique.


"Votre ridicule ne m'étonne presque plus. Offrir des fleurs, à une femme, avec des paroles aussi mièvres que les vôtres... J'espère que tu te juges comment tu es parleur : c'est-à-dire très mauvais…"
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 0:10

D'abord dépité que sa toute nouvelle trouvaille le quitte si vite, Matteo ne tarda pas à reprendre contenance. Il posa sa main contre son avant-bras avec douceur pour la retenir. Il allait ouvrir la bouche pour lui susurer quelques paroles qui la feraient rester, mais l'invervention d'un autre homme l'en empêcha.

Le visage de Matteo se fit soudainement tout sourire. Il avait reconnu la voix de Iago degli Albizzi à la seconde même où celui-ci avait commencé à parler... ou plutôt, comme à son habitude, débiter des insultes comme quelqu’un aurait parlé de la pluie et du beau temps. C’était justement ce qui faisait la joie de Matteo. Il adorait le gentilhomme qui était pour lui une source de divertissement infinie. Son cynisme et sa langue acérée faisaient de lui un homme à suivre lors des soirées mondaines. C’était tout un spectacle que de l’admirer alors qu’il lançait des commentaires mesquins sur les gens amassés auprès de lui, car malgré son aigreur, une foule se réunissait toujours de lui… et avec raison. Cet homme dégageait un charme étrange, un magnétisme indéniable. On avait envie d’être prêt de lui et de l’écouter, quoiqu’il puisse dire sur vous comme sur votre entourage.

Matteo fit signe à la jeune femme de l’attendre avec un mouvement de main. Ouvrant grand les bras dans un signe d’accueil non feint, il s’écria de sa voix claire et chantante:


« Ah, Monsieur degli Albizzi! Mais quelle merveilleuse surprise que de vous retrouver ici! Voir votre visage familier parmi tous ces inconnus, voilà qui était inespéré, mais pas malheureux, loin de là! »

Il saisit ensuite l’une des fleurs du bouquet que la petite bonne tenait toujours entre ses mains. La tendant à Albizzi, il poursuivit en souriant de toutes ses dents :

« Comme le fait que j’offre des fleurs à une femme semble vous offusquer, je vous en donne aussi à vous. Allez, prenez, elle est pour vous, mon cher Albizzi. » Il continua sans reprendre son souffle. « Si vous le souhaitez, j’irai vous acheter deux bouquets. L’un pour vous, l’autre pour la délicieuse jeune femme devant vous, dont vous avez tenté vainement de nier l’éclatante beauté. »
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 0:48

Comme si elle s'y attendait un peu, le jeune homme la retint par le bras pour qu'elle ne s'en aille pas tout de suite. Elle allait une nouvelle fois se dégager poliment pour poursuivre sa route mais un autre homme à l'allure dégingandé arriva avec des paroles pour le moins blessantes, la coupant totalement dans son élan.

Gabriella resta interdite à regarder cet homme qu'elle n'avait jamais vu de sa vie. On avait déjà été dur avec elle, on avait été autoritaire, tranchant, sec... mais jamais encore quelqu'un n'avait eu de paroles blessantes envers elle, de la méchanceté gratuite.

Elle reprit alors ses esprits et se tourna vers Matteo alors que Iago s'attaquait à lui. Elle fut extrêmement surprise de le voir sourire... les paroles de l'homme n'avaient pourtant rien d'amusant. C'est lorsqu'il lui parla que Gabriella comprit qu'il le connaissait. Elle resta silencieuse, regardant alternativement les deux hommes.


*Et il a l'air heureux de le voir... il doit être bon comédien... c'est bon à retenir* Car il ne pouvait pas en être autrement... comment se réjouir de la venue d'un homme qui apparemment vous déteste au point de le rendre public ?

Gabriella ne fut donc absolument plus touchée des paroles de Matteo qui tentait de corriger les paroles de son "ami".


"Je vais vous laisser... bonne journée" dit-elle rapidement avant de s'éloigner des deux hommes pour aller vers un autre étal du marché.
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 2:04

Le sourire de Iago s'accentua : Salvanti était un cas désespéré de la bêtise humaine, et c'était toujours un plaisir de le voir s'enfoncer dans le ridicule le plus complet.
Il attrapa d'un geste sec la fleur qu'il lui tendait.


"Mon très cher Matteo, vous n'aurez pas l'honneur de figurer une fois de plus dans mon carnet des phrases les plus idiotes jamais entendues étant donné que vous vous répétez un peu trop souvent. Même l'idiotie a des standards à respecter..."

Il mit en mouvement ses longues jambes pour rattraper la jeune fille. Il était presque fier de sa réaction, visiblement, elle avait compris que Matteo n'était pas à croire, que donc elle n'était pas belle, et que donc elle avait un pied dans le chemin de la vérité.
Enfin... elle en était très loin quand même.

Parce qu'il était clair, par les paniers qu'elle portait, ses habits, et sa façon de regarder les étalages qu'elle était une servante qui essayait de gagner des sous sur le dos de ses maîtres.
C'était chose courante : mettre sur la note présentée aux maîtres des choses que l'on n'avait pas achetées.

Il repiqua la fleur que lui avait donnée Matteo dans le bouquet, attirant ainsi l'attention de la jeune fille. Sa main était passé devant les yeux de Gabriella, et d'un geste élégant, mais sec et purement utilitaire, avait fiché la fleur au milieu du bouquet.


"Les fleurs sont les choses les plus ridicules au monde, et voir des fleurs dans un salon montre tout de suite que la personne chargée des décorations n'a aucun goût, ou alors est une femme, ce qui revient à peu près au même.
Mais vous avez raison de profiter des idiots. Il faut toujours profiter des idiots."

Il accompagna ses derniers mots d'un de ses étranges sourires dont il avait le secret, à la fois plein de jubilation et réellement inquiétant, avant de se redresser et de se retourner vers Matteo.

"Et qu'est-ce qui t'a mené dans cet endroit... charmant ? Ugo avait une soudaine envie de roses peut-être ?"

Il n'est presque pas besoin de préciser que toute la dernière phrase était dite sur un ton parfaitement ironique...
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 6:45

Matteo poussa un soupir faussement dramatique avant de s’exclamer d’une voix plaintive :

« Mais répondre à vos attentes est si difficile, mon cher Albazzi! Même ma créativité se trouve éprouvée par vos critiques. De toute manière, je doute pouvoir jamais véritablement vous satisfaire, car en matière de sens de la répartie, vous avez certainement une longueur d’avance sur moi, comme sur le restant de Venise. Nous n’avons pas tous la chance de posséder votre rhétorique extraordinaire. »

Le jeune homme regarda Albizzi remettre la fleur à la jolie domestique pour ensuite lui faire une remarque. En raison du bruit, Matteo ne put réellement entendre ce qu'il fut dit mais, celle-ci devait être aussi flatteuse que la première dont avait été adressée la jeune fille. Le départ si prompt de la servante le déçut, mais la présence d'Albizzi compensait largement. Les bonnes étaient faciles à trouver à Venise. Les hommes comme Iago degli Albizzi l'étaient moins. Mieux Valait opter pour la rareté.

Albizzi reporta son attention sur Matteo et demanda, non sans sous-entendus, la raison de sa venue au marché. Cette fois-ci, Matteo ne put s’empêcher de rougir légèrement. Les remarques d’Albizzi sur sa relation sur le Prince étaient les seules qui arrivaient à vraiment le faire réagir. Il lui importait peu qu’on se moque de lui, car il avait lui aussi la réplique facile et sa capacité d’autodérision était grande. Fier mais pas orgueilleux, le garçon savait aussi bien rire de lui-même que des autres. Par contre, lorsqu’on en venait au Prince Ugo, les choses étaient différentes. Matteo s’était rapidement rendu compte qu’Albizzi était loin d’être un sot. La preuve, il avait eût vite fait de comprendre que l’homme de main n’était pas indifférent à celui qu’il servait et que sa loyauté résidait dans des sentiments bien plus profonds qu’un simple attachement. Il s’éclaircit la gorge et répondit à la pique d’une voix sourde :


« Le Prince, » fit-il, appuyant sur le titre afin de rappeler les règles de courtoisie à son interlocuteur, « n’a absolument rien à voir avec ma présence ici. »

* Pas ce Prince-là, du moins * lui siffla une voix pernicieuse à l’intérieur de lui.

Puis, reprenant contenance, il s’enquit avec un sourire :


« Et vous, Monsieur, que me vaut le plaisir de vous rencontrer en cet endroit? Vous ne me ferez pas croire que votre langue avait besoin d’un nouveau poison, puisqu’elle me semble aussi acérée qu’à l’habitude. »
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 13:07

Gabriella regardait l'étalage sans le voir, l'esprit confus et bouillonant d'indignation et de colère. Elle n'avait encore jamais vu un homme aussi abjecte, mais tellement surprenant qu'elle en était presque restée sans voix. Elle ne savait même pas pourquoi elle regardait cet étalage de poissons alors qu'elle n'en avait pas le besoin.

C'est alors qu'une grande main brusque vint repiquer une fleur dans son bouquet. Gabriella leva les yeux vers Iago et plissa les paupières s'attendant à une nouvelle réplique qui ne tarda pas.

Paf paf... le bruit de la paire de claques que venait de donner Gabriella à cet impudent coupant son sourire jubilatoire. Pas une, mais deux gifles avec un revers, témoin que la jeune fille avait plus de force qu'elle n'en avait l'air. C'etait qu'il ne fallait pas la chercher sur certains points Gabriella.


"Dites ce que vous voulez sur moi, mais je vous interdis d'insulter mon maître."

Ses yeux verts sombres lançant des éclairs de fureur, elle ignora totalement les paroles de Matteo.
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 14:42

Iago allait répondre à Matteo lorsqu'il se prit une paire de gifle magistrale. Il eut un sifflement admiratif avant d'éclater de rire.

Dans sa longue et fulgurante carrière de détestateur universel, il avait reçu un certain nombre de gifles (surtout par des femmes, cela ne l'étonnait pas d'ailleurs, elles ne savent pas se contrôler) ce qui faisait de lui un assez bon connaisseur dans ce domaine. Et il devait avouer que celles qu'il venait de recevoir étaient de première qualité.
Cela l'amusait beaucoup.
Toujours riant, il se tourna à moitié vers Matteo.


"Pourquoi je viens ici ? mais pour de l'animation, du divertissement ! Et j'ai très bien choisi..."

Il inclina la tête sur le côté et regarda Gabriella avec un sourire ironique.

"Mademoiselle..."

Lorsqu'il disait ainsi "Mademoiselle" avec presque de la sympathie dans la voix, c'est qu'il était dangereusement de bonne humeur, qu'il allait sans doute être presque gentil, et qu'il passerait une très mauvaise nuit à se demander pourquoi diable avait-il été si agréable avec une personne si médiocre. Mais pour l'instant, son humeur était à la mansuétude : il allait tout lui expliquer, sincèrement.

"Mademoiselle, vous devriez pourtant savoir que la violence est le dernier refuge de l'incompétence... Incompétence d'autant plus marquée par vos paroles.
Aucune de mes paroles n'était, d'une part une insulte mais ça je ne vous demande pas de le comprendre, bien sûr, mais d'autre part n'était dirigé contre votre maître.
Je ne le connais pas, moi... Et je me garde de médire.
"L'idiot" désignait bien évidement mon "ami" Salvanti, le manque de goût vous concerne."

Il parlait très vite comme à son habitude, toujours étonné du nombre de mots qu'il fallait pour exprimer des pensées évidentes. Il eut de nouveau un petit rire et enchaîna.

"Tiens, ta naïveté m'amuse... je vais t'expliquer : étant donné tes vêtements, ton allure, tes manières, et le contenu de ton panier, je dirais que tu es une servante en train de préparer un bal. Tu as accepté le bouquet de Matteo parce que tu as besoin de fleur pour cette décoration : il est impensable que tu imagines les garder pour toi, que dirait ce maître que tu défends avec tant de... vigueur ?

Mais alors... quel pire manque de goût que d'imaginer mettre dans un salon ces fleurs ! Tu es plutôt bien habillée, tu n'es pas battue et tu sais battre, donc tu es dans une maison riche, avec un grand salon.
Tu imagines ce malheureux bouquet dans un grand salon ? Oh, je voudrais être là pour voir le ridicule de la situation...

Mais bon, je n'y serais pas, et je suis de bonne humeur, et tu m'amuses, alors, un conseil, si tu veux absolument mettre des fleurs dans le salon (ce qui est terriblement ridicule, mais de toutes les façons avoir des gens dans un salon est déjà ridicule, alors des fleurs...) prend des fleurs sauvages, moins cher, celles-là bas par exemple..."

Il désigna du doigt un autre étalage devant lequel il venait de passer. Iago disait tout détester, mais il avait un goût assez raffiné et très sûr, qui lui venait de son éducation florentine. Les fleurs qu'il montrait n'avaient pas la richesse de Venise, mais l'élégance de Florence.

"que tu puisses acheter, et débrouille-toi pour rassembler le peu de goût qui a dû t'être légué à un moment où à un autre pour faire toi-même les compositions.
A défaut d'éviter le ridicule, tu éviteras le conventionnel..."

Il avait dit ses derniers mots en s'éloignant, c'était son habitude de disparaître sans dire au revoir, il n'aimait pas dire au revoir, il n'y avait rien de plus conventionnel que de dire au revoir, mais là, il se retourna. Après tout, tout ce qu'il avait dit n'était que des suppositions fondées sur des observations et la servante avait peut-être d'autres projets pour le bouquet...

"Et si tu espères glisser le bouquet dans la chambre de ton maître pour l'impressionner, d'un amoureux pour lui faire plaisir, ou d'une invitée de ton maître, après tout, je te fais peut-être du tord... sache que si Matteo n'a pas de goût, il connaît les codes des bouquets et que celui qu'il t'a offert, veut dire : "amour charnel pour une jeune fille facile." Enfin, facile, c'est moi qui rajoute..."

Et il resta là, à réfléchir à la validité de son ajout en frottant d'une main blafarde sa joue rougit.
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 17:07

La blonde servante était depuis longtemps oubliée dans l’esprit de Matteo. C’est pourquoi il fut surpris lorsqu’elle administra une paire de claques retentissantes à Albizzi. Doublement surpris, à vrai dire, car jamais n’aurait-il imaginé que cette petite avait cela en elle. L’audace, la force de caractère. Ainsi donc, son maître était un sujet délicat auquel il ne fallait pas toucher. Matteo se demanda qui était-ce pour qu’elle le défende de cette manière. Un soupir s’échappa de ses lèvres. C’était l’archétype de la domestique qui s’est entichée de son employeur qui la mettra à la porte une fois engrossée. C’était fort dommage, elle était plutôt mignonne, cette petite. Le garçon arrivait sans peine à imaginer la scène : sa beauté se fanerait lorsqu’elle se retrouverait à la rue, un enfant sur les bras ; elle deviendrait amère et hargneuse ; élèverait seule son bâtard ; finalement, terminerait sa triste existence abandonnée et oubliée de tous. Être membre du beau sexe était à la fois une bénédiction et une malédiction en ce bas monde.

Tendant l’oreille, Matteo écouta la tirade qu’Albizzi servit à l’infortunée jeune fille. L'homme de main avait maintenant de la pitié comme de l’admiration pour elle. Il applaudissait son toupet, car beaucoup de domestiques auraient accepté en silence les invectives d’Albizzi. Mais si, dans son œil, on pouvait lire de la pitié, c’est qu’il détestait qu’on lui rappelle que la beauté et la jeunesse s’estompaient inévitablement. Et c’était exactement le sort qu’il entrevoyait pour la charmante bonne, malgré le fait qu’elle ait un tempérament de feu.

Au fil du temps, Matteo s’était habitué à ce qu’Albizzi transgresse les lois strictes de la politesse et tutoie ses interlocuteurs, qu’ils soient de n’importe quel rang. C’était une autre caractéristique qu’il appréciait chez cet homme : sa marginalité. Il déterminait lui-même les règles du jeu et les autres n’avaient qu’à s’y adapter, sans cela ils subissaient ses railleries, sort peu enviable pour les âmes sensibles.

Il suivit Albizzi des yeux alors que celui-ci choisissait un nouveau bouquet pour la jeune fille. Il devait reconnaître qu'Albizzi avait un goût sûr et ne se trompait jamais. Matteo avait bien sûr pris le bouquet le plus cher, le plus extravagant, à la mode de Venise. Son éducation dans la bourgeoisie lui avait appris que le luxe était gagnant, qu'il en mettait plein la vue, qu'un étalage de sa richesse était toujours profitable. Faute de sang bleu, le marchand pouvait toujours se racheter (c'était le cas de le dire) avec sa fortune. Le bouquet qu'Albizzi avait choisi était peut-être moins dispendieux, mais il avait certainement plus de style. Moins de fard, plus de panache.

Matteo fit quelques pas vers la jolie servante et s'adressa à elle:


« Mademoiselle, je crains que tout ceci ne soit de ma faute. Le signor Albizzi dont vous avez eu l'honneur de faire la connaissance, » il eut un petit sourire en coin, « a pour habitude de communiquer sa façon de penser peu commune avec une grande franchise. » Il passa sa main dans ses cheveux blonds ébouriffés. «Toutes mes excuses si ses manières ont pu vous offenser, car je me sens responsable de vos désagréments, comme j'ai été le premier à vous aborder. »

Sa voix se fit sincère lorsqu'il continua en disant:

« Je souhaiterais réparer mes fautes envers vous, afin que nous puissions nous quitter en bons termes, malgré l'affront qui vous a été fait. Demandez et vous recevrez, que ce soit un bon mot de ma part à votre maître pour l'avoir ainsi défendu ou les bouquets que vous propose le signor Albizzi. »
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 24 Mai - 20:32

Gabriella continua de fusiller Iago du regard alors qu'il riait. Il avait pourtant l'air ridicule avec ses joues rougies. Mais ce n'était probablement pas les premières gifles qu'il devait recevoir s'il parlait comme cela à tout le monde.

Tout en l'écoutant, et comprenant finalement qu'il ne s'en était pas pris au Prince, l'expression de visage de Gabriella se radoucit. Peu lui importait qu'il médise sur son compte, elle trouvait au contraire cela très instructif de retenir les paroles acerbes du jeune homme pour pouvoir éventuellement les ressortir plus tard à quelqu'un qui l'agacerait...

Elle l'écouta donc parler, un sourire se dessinant imperceptiblement au coin de ses lèvres au fur et à mesure qu'il exposait ses hypothèses qui se révélèrent vraies au passage.


"J'ai la faiblesse de penser qu'en général, la méchanceté n'est pas une preuve d'intelligence. Si l'intelligence vous fait défaut vraissemblablement vu votre manque de courtoisie et de bienséance, votre sens de l'observation et d'analyse restent aguisés.

Un seul bouquet me suffira amplement pour décorer toute une pièce... il suffit d'avoir un peu d'imagination et de créativité... oh mais j'y pense... vous ne connaissez pas ce que c'est vous, l'imagination... puisque vous vous basez uniquement sur ce que vous voyez. Vous ne pensiez tout de même pas que je poserai ce bouquet dans un simple vase trônant ridiculement au centre d'une immense table ? Vous manquez d'originalité mon cher, vous me décevez."

En fait, c'était amusant cette petite joute verbale. C'est avec un franc sourire qu'elle se tourna vers Matteo lorsque celui-ci revint lui parler. Il voulait lui offrir quelque chose pour excuser les paroles de son ami.

"Soit, je souhaiterais que vous trouviez une autre jeune fille facile à qui offrir un amour charnel. Merci encore pour les fleurs, magifique bouquet..."

Elle salua les deux hommes et partit de la place du marché avant que ni l'un ni l'autre n'ait le temps de lui répondre.

[Ca'Adorasti]
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mer 25 Mai - 1:00

Iago avait regardé la déclaration de Matteo un sourcil levé, trouvant qu'il était vraiment un cas désespéré, mais il en avait assez d'intervenir dans l'humanité désespérée.
Il s'était donc contenté de prendre dans un bouquet une "herbacée des champs", et de la mâchonner en méditant après avoir lancé au fleuriste quelques petites pièces pour qu'il cesse ses jérémiades.

Il écouta attentivement Gabriella et la regarda s'éloigner sans rien ajouter de plus, il avait déjà dépensé assez de salive comme ça...


"Décidément, la jeunesse n'est pas comme elle devrait être. D'ailleurs elle ne devrait pas être du tout... Mais ça c'est un autre problème."

En disant cela, il avait sortit de son pourpoint un petit carnet accompagné de l'ancêtre de la mine de plomb.

"Qu'a-t-elle dit déjà qui mérite de paraître dans mon carnet ? Ah oui... "vous me décevez"... ça c'était très bien..."

Il écrivit avec application ses quelques mots sur son carnet, et le recula un peu comme pour voir l'effet général, avant de sourire sardoniquement.

"On va le mettre sous le nom "la servante du Marché, ce 4 février" Peut-être que je n'oublierai pas... je doute."

Il soupira et regarda Matteo en rangeant son carnet, avant de s'envelopper dans sa longue cape.

"Elle n'a évidemment rien compris, toi non plus d'ailleurs, mais ça n'est pas très grave...
Je me demande sincèrement si un jour quelqu'un aura la capacité de voir que l'honnêteté n'est pas la méchanceté, et que la politesse et la courtoisie ne sont pas la gentillesse...
L'humanité est vraiment stupide..."

Il sentit soudain le froid de la détestation revenir s'insinuer dans son corps et serra la cape plus près de lui. Mais l'amusement était encore le plus fort, et son sourire jubilatoire reparut aussitôt.
Il fit un signe de tête à Matteo.


"Promenons-nous, voulez-vous ? Allons vers la place Saint-Marc, et racontez-moi, mon cher Monsieur Salvanti, pourquoi vous offrez des fleurs à tout bout de champs..."

Il s'était lui-même mis à marcher, les yeux rivés sur la neige transformée maintenant en gadoue beigeasse, laide, immonde, répugnante même, et par là-même, représentation si juste du genre humain...
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mer 25 Mai - 2:24

Matteo regarda la jeune femme partir sans un mot. Il aurait été étonné qu’elle accepte quoique ce soit venant de sa part, car à en juger par la scène qui venait de se dérouler, elle avait beaucoup trop de dignité pour qu’on lui fasse la charité. Elle les avait quitté la tête haute, sur des paroles qui décuplèrent l’admiration de Matteo pour elle. Si jamais le hasard faisait en sorte que leur route se croisent de nouveau, le garçon ferait tout pour faire une connaissance plus approfondie de la jolie domestique.

En réponse à la remarque d'Albizzi, Matteo ne put s'empêcher de souligner en haussant les sourcils:


« Mais ne faites-vous donc pas partie de cette jeunesse honnie, vous aussi, signor? Ou seriez-vous déjà de la caste restreinte de nos sages doyens? J'ajouterais même que je suis d'un an votre aîné, aussi incongru cela puisse-t-il paraître! »

Le jeune homme ne put s'empêcher de sourire en pensant qu'il était effectivement plus vieux qu'Albizzi. Il ne s'y ferait jamais. Il avait l'impression que jamais le printemps de sa vie ne passerait, qu'il serait invincible, robuste pour le restant de ses jours. Il regarda ensuite avec un sourire amusé Albizzi noter dans son carnet la réplique de la petite blonde. Une autre de ses manies qui le rendait fort populaire lors des soirées mondaines. Ses relectures des perles qu'il avait soigneusement apposées dans son livret étaient de véritables délices.

Matteo emboîta le pas d'Albizzi et lui répondit avec un sourire ironique:


« Que voulez-vous, mon cher ami… Offrir de délicates attentions par pure gentillesse est une mauvaise habitude dont je ne peux me départir. J'aime me vautrer dans mon ridicule, cela me conforte dans mon statut d'homme vulgaire et sans raffinement. »
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Jeu 26 Mai - 0:21

Iago avait appris à lire sur le visage de Matteo comme dans un livre ouvert. Ce n'était pas très compliqué, le jeune homme ne cherchait pas vraiment à dissimuler avec lui, sauf en ce qui concernait le Prince, mais cela n'avait absolument aucun effet.

Toujours marchant, il n'avait besoin que de quelques coups d'œil sur le côté pour savoir à quoi il pensait. Et pour l'instant, il avait changé d'avis sur la servante... Il était décidément très jeune...
C'était sur ces pensées que Matteo fit un commentaire sur leur âge, et il ne retint pas un ricanement...

Il y avait une chose que Iago reconnaissait à Matteo, et qui l'énervait au plus haut point d'ailleurs, c'était la capacité que celui-ci avait à ne jamais répondre vraiment aux questions qu'on lui posait.


"C'est la complaisance dans le ridicule qui perdra l'humanité... Je devrais vous donner le blason de l'assez peu regretté Monsieur le Marquis de Beuvron (il ne le méritait pas d'ailleurs)... Une girouette avec pour devise Nec mudo sine mudan "Je ne change que si l'on me change"... mais vous, l'on vous change souvent... sauf en ce qui concerne vos mauvaises habitudes, mais cela n'est que trop courant..."

Il s'arrêta brusquement de parler, et d'une main attrapa vivement le bras de Matteo, alors que de l'autre, il montrait une scène qui se déroulait à quelques pas : un homme encore jeune discutait avec une femme qui l'était vraiment.

"Ah… Vous voyez cette femme comme elle se rengorge ? n'est-elle pas idiote ? et l'homme devant elle ? comme il se pavane ? C'est répugnant. Tu vois sa main ? comme elle fait semblant d'effleurer à chaque fois celle de sa voisine ? Abjecte..."

Son ton s'était animé, comme motivé par une véritable répulsion. Il secoua les épaules comme de dégoût et se remit en marche. Il avait lâché le bras de Salvanti et reprit d'un ton plus calme son discours.

"Ils sont jeunes, très jeunes... Car quoique vous en pensiez, mon bon Matteo, la jeunesse n'est pas une affaire d'année... Vous avez un an de plus que moi, mais vous êtes beaucoup plus jeune que moi étant donné que vous n'avez pas dû réfléchir beaucoup plus d'une demi-heure dans votre vie entière...
La jeunesse qui se compte en année et que vous prisez si fort... Elle n'existe pas vraiment étant donnée qu'elle disparaîtra un jour... Il ne faut pas chercher cette jeunesse là, ne comptez pas sur elle…"

Ces yeux toujours rivés sur le sol rencontrèrent un objet, que Matteo n'avait sans doute pas vu, et qui le fit sourire de manière légèrement ironique.

"Car comme dit le poète..."

Ils étaient arrivés en bordure du marché. Iago arrêta de nouveau Salvanti et se pencha pour ramasser ce qu'il avait vu.
Lorsqu'il se redressa, un sourire cette fois franchement diabolique sur les lèvres, il tenait à la main une rose, mais une rose flétrie, devenue marron à cause du gel, piétinée toute la matinée par les passants, flasque, laide, morte.
C'était une parodie macabre de rose qu'il tendit dans une parodie tout aussi grinçante du geste que Matteo avait fait quelques minutes auparavant, prenant garde à ce que les mots français sonnent comme autant de coup de glas... :


"Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté..."
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Ven 27 Mai - 6:50

Matteo ne cherchait pas à masquer ses pensées, comme il savait qu’une telle précaution était inutile en compagnie d’Albizzi. Celui-ci arriverait toujours à deviner ce qui se tramait en lui, quoi qu’il fasse. De toute façon, Matteo ne ressentait pas le besoin de se camoufler aux yeux du gentilhomme. Le sentiment qu’il avait pour lui n’était pas de la confiance, mais plutôt qu’il ne se savait pas menacé. Albizzi et lui étaient bien trop différents pour se nuire, leurs champs d’action étaient loin d'être semblables tout comme l’étaient leurs intérêts. Par conséquent, leur relation lui plaisait parfaitement. Il était l’une des rares personnes avec qui le garçon pouvait discuter sans surveiller la moindre de ses paroles.

Continuant à suivre Albizzi, Matteo ne put s’empêcher de sourire en pensant que de nouveau, il avait évité la question qu’on lui avait posé. Il le faisait à présent inconsciemment. Beaucoup ne le réalisaient pas, comme il enrobait ses réponses de fleurs, mais certains, dont Albizzi, n’étaient pas dupes à ses enjolivements. D’un côté, le jeune homme l’avait fait pour ne pas s’étendre sur la véritable raison pour laquelle il s’était rendu au marché, soit le Prince Adorasti et ses yeux d’ambre. D’un autre, il aimait seulement taquiner Albizzi, qui ne tournait jamais autour du pot.

Il eut un sourire lorsqu’il entendit le blason que lui attribuait Albizzi.


« Monsieur, cette devise me sied fort bien. Je suis effectivement de nature versatile, voire même, volage… mais ne dit-on pas que seuls les fous ne changent pas d’avis? »

Matteo fut surpris lorsque Albizzi saisit soudainement son bras pour attirer son attention. Il fut alors témoin d’une scène classique, mais éternellement romantique : un damoiseau faisant la cour à une damoiselle. Il écouta la description qu’en faisait son compagnon avec émerveillement. Il était à chaque fois étonné d’entendre cet homme parler ainsi. Comment pouvait-on proférer de telles insanités et arriver à dormir paisiblement le soir? C’était un mystère. C’était la raison pour laquelle Matteo appréciait Albizzi. Il ne le comprenait tout simplement pas. Il n’arrivait pas à concevoir qu’on puisse voir la nature humaine d’un si mauvais jour.

Allant de pair avec sa jeunesse d’esprit comme de corps, Matteo était un grand naïf. Bien qu’il fasse usage de la tromperie et du mensonge couramment, il n’y voyait jamais rien de mal, tout comme le ferait un enfant qui n’a pas encore déterminé les bonnes actions des mauvaises. Il restait quelqu’un de très optimiste, persistant à voir en la vie de très belles opportunités de satisfaire son hédonisme. En somme, il s’apparentait plutôt à un gamin facétieux qu’à un escroc froid et calculateur.

Aussi positif puisse-t-il être, Matteo ne put s’empêcher de blêmir lorsque Albizzi lui tendit la fleur fanée, le symbole même du démon qui le hantait depuis si longtemps, tapi dans le plus profond de son âme, n’attendant que le bon moment pour frapper. L’espace d’un instant, le garçon s’imagina vieux et terne, gris et faible, attendant une Mort qui tardait à se faire paraître. Envolées les soirées mondaines et les nuits endiablées. Disparus les amants et les amis. Éteintes les lumières de Venise et avec elles, celle de sa vie.

Le vent s'insinua sous son manteau et le fit frissonner. Il avait l'air si vulnérable, si effrayé à ce moment précis. Un agneau jeté au milieu d'une meute de loups affamés.

Puis, peu à peu, il reprit des couleurs et arriva à sourire à Albizzi. Prenant la fleur entre ses mains, il fit rouler la tige entre ses doigts et l'une des épines le piqua. La douleur fut à peine perceptible, mais le sang ne tarda pas à perler sur le bout de son index. Il le rapprocha de ses yeux d'un air fasciné. Le rouge écarlate contrastait d'une manière prenante avec sa peau pâle. D'une voix rêveuse, il fit part à son interlocuteur:


« Vous savez, Monsieur, il m'est toujours très dur de penser que chaque minute, que dis-je, seconde, me rapproche de ma fin. Elle est inexorable, comme l'est la vôtre ou celle de ces deux jeunes amoureux. »

Il leva ses grands yeux bleus vers Albizzi et poursuivit de cette même voix douce:

« Mais je sais également que je ne puis rien y faire, à moins que je me convertisse à l'alchimie et découvre le secret de l'immortalité que tant ont cherché... Je crois que j'essaie seulement de vivre pour ne jamais avoir de regrets. Vaut toujours mieux les remords que les regrets, Monsieur Albizzi. Toujours. J'espère que vous pourrez en dire de même, une fois à votre lit de mort. »
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Sam 28 Mai - 18:42

Iago vit avec agacement le changement d'expression du visage de Matteo. Ce garçon aurait dû être comédien. C'était répugnant.
Non pas qu'il doutât de la sincérité du garçon. Non, au contraire, il savait que le garçon lui mentait rarement, et que là, à ce moment, son air perdu était le plus proche de la réalité de ses sentiments.

Mais que l'on puisse vivre avec un air d'insouciance alors que l'on sait être autrement... C'était répugnant. Que l'on puisse vivre de façon si naïve, que l'on refuse de voir la réalité... C'était vraiment répugnant.

Et ce qui était encore plus répugnant, c'était que, Iago le savait très bien, si lui-même n'avait pas été aussi prévenu de la nature humaine, s'il ne connaissait pas chaque perversion de l'âme humaine, il aurait été ému, touché de l'air innocent, doux et triste qu'affichait Matteo...

D'ailleurs... s'il voulait être parfaitement honnête avec lui-même... qu'est-ce qui l'empêchait de renvoyer tout le dégoût qu'il éprouvait au visage du jeune homme ? qu'est-ce qui l'empêchait de le forcer à ouvrire les yeux sur la pourriture de ce qu'il aimait ? si ce n'est justement ces yeux tristes dans ce visage blêmi...


"Idiot..."

A cet instant, Iago détestait profondément la terre entière, de manière générale et chacun en particulier et particulièrement lui-même. Idiot... il était idiot de ne pas montrer à Matteo qu'il n'était déjà qu'un sac de vers, Matteo était idiot de croire qu'il n'était pas encore un sac de vers, le monde était idiot parce que par principe le monde est idiot.

"Je suis déjà mort moi."

D'un geste rapide et sec il sortit de sa poche un mouchoir et le déchira rageusement. Prenant d'office la main de Matteo d'où coulait une goutte de sang, il entoura le doigt d'une bande du mouchoir et finit par un nœud.

"Voilà. Le petit Matteo a maintenant une jolie poupée au doigt. Il va pouvoir continuer à penser que la vie vaut la peine d'être vécue..."

Iago haussa les épaules. Sourire sardonique et oeil moqueur : il changeait de sujet.

"Et maintenant, mon jeune ami... Vous allez me dire... Avez-vous vu Ugo ce matin ?"

Il avait repris sa marche, entraînant le jeune homme vers le pont du Rialto.

[Pont du Rialto]


Dernière édition par le Sam 28 Mai - 23:39, édité 1 fois
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Sam 28 Mai - 20:38

Une vague de compassion submergea Matteo. De compassion mais de pitié, également, de la pitié pour cet homme qui si tôt avait perdu foi en la nature humaine. Si on la dépouillait de ses remparts de hargne et de méchanceté, il y avait quelque chose de tragique dans la figure de Iago degli Albizzi. Si paradoxal était son personnage, ironique comme son sourire, du fait que malgré que sa haine, plutôt que de le placer au banc de la société, lui attire la faveur populaire. Le garçon étouffa vite ses sentiments, car il savait parfaitement que Iago aurait horreur qu’on le prenne en pitié. Qu’on le haïsse, il en rirait probablement, en tirerait fierté. Mais qu’on s’apitoie sur son sort, cela le mettrait en colère. Pourtant, alors qu’il posait ses yeux dans le regard trouble de Iago degli Albizzi, il ne put s’empêcher de vouloir y chercher la source de tant de rancœur envers le monde entier.

Il se laissa docilement faire lorsque Albizzi s’occupa de sa coupure. La scène était incongrue. Attendrissante? Oui, aussi brefs et précis les mouvements puissent-ils être, ils étaient tout de même fait dans un but des plus altruistes. Il éclata de rire lorsque son soigneur eut terminé et eut ponctué son intervention de l’un de ses commentaires moqueurs.


« Monsieur, je vous dois sans doute la Vie. Me voilà votre débiteur pour le restant de mes jours! Appelez-moi pour n'importe quel service et j'acourrai, car sans vous, ma mort aurait sans doute été certaine. »

Tout en continuant à marcher aux côtés de Iago, Matteo réalisa quel étrange tableau ils devaient former, quelle paire biscornue que ce petit blondinet au pas sautillant accompagné de ce gentilhomme élancé avançant à grandes enjambées. Différents en tout point, leur philosophie comme leur apparence, et pourtant, tous deux étaient unis par quelque chose d’indéfinissable. Pas de l’amitié (Iago s’y opposerait toujours), de la compréhension, alors? Peut-être bien. Bien que Matteo n'arrive à concevoir qu'on puisse voir le monde avec tant de cynisme, il comprenait ce que c'était que la solitude. C'était peut-être la base de leur entente mutuelle.

Hochant la tête pour signifier son acquiescement, Matteo confirma :


« Oui, le Prince était dans sa bibliothèque, comme à son habitude. Bien qu’il ne soit pas de mon rang de critiquer son comportement, je me permets de penser qu’il serait grand temps qu'il sorte un peu. Le grand air lui ferait du bien, lui redonnerait quelques couleurs. Lui qui passait autrefois tant d'heures à l'extérieur, le voilà confiné dans le Palais, à régler quelques problèmes de bureaucratie... »

Sa main passa dans sa chevelure dorée, en bataille.

« Enfin… peut-être trouve-t-il dans les livres une évasion que Venise ne peut lui procurer. »

Il fronça les sourcils. Le Prince et son bien-être était sa première préoccupation. Il savait que son maître s'acquittait des tâches qui lui incombaient avec aisance, mais il s'inquiétait parfois du fait qu'il ne puisse moins prendre le temps de savourer la vie.

[Pont du Rialto]
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Dante Lo
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MessageSujet: Chez le tailleur Golponi   Mar 25 Oct - 1:29

[Maison du conseiller astrologue]

Dante Lonza avait croisé quelques connaissances qui n'avaient pas fait attention à lui. Mieux valait se faire discret pour le moment. Il s'engagea sous les arcades.

Chez Galponi, les apprentis du tailleur rangeaient la boutique pour la fermeture. Le vieux faisait ses comptes dans un coin.


« Bonsoir Giuseppe... »

Galponi leva la tête, l'air renfrogné. A cette heure la clientèle n'était plus vraiment la bienvenue. En reconnaissant Lonza, le vieux avait failli en perdre ses lorgnons. Le tailleur contourna son pupitre pour s'approcher de lui et s'assurer qu'il ne rêvait pas. Le gros bonhomme prit Lonza dans ses bras comme s'il retrouvait un cher neveu.

« Je sais qu'il est tard Giuseppe, mais j'ai besoin d'un costume. »

Galponi recula d'un pas pour regarder son habit de voyage sale et froissé. Lonza ne sortait que très rarement sans perruque et en voyant son allure, le marchand ne put que convenir de l'urgence.

Malmenant ses apprentis, le vieux Giuseppe supervisa les retouches d'une pièce de choix destinée, à l'origine, à Monseigneur Cagliari. Il tenait, malgré la précipitation, à proposer à son vieil ami ce qu'il avait de plus beau.

En attendant que les petites mains de Galponi mettent la touche finale au magnifique costume noir brodé de fil d'argent, le tailleur avait offert le bain et la toilette à son estimé client. Ainsi, lorsqu'il quitta les lieux une heure plus tard, Lonza était propre, parfumé, et paré des plus belles étoffes.


[ Ca' Adorasti ]
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mer 11 Jan - 2:34

[Eglise San Siriano]

Le soir du mardi 4 février.

Giacinto conduisait tranquillement Francesco à travers les ruelles de Venise. Il ne les connaissait pas depuis longtemps mais avait la chance d'avoir un bon sens de l'orientation.

"Ignazio, c'est le nom que l'on m'a donné quand je suis entré dans la Compagnie de Jésus. Pour avoir toujours présent à l'esprit le dévouement de notre fondateur."

Un tournant à gauche après une légère hésitation...

"Mon prénom de baptême est Giacinto. C'est moins... religieux."

Petit sourire en coin avant de tourner à droite et de déboucher sur la place du marché.

"Le marché du Rialto, si vous traversez le pont, par-là, vous rejoindrez Saint-Marc. Et le Palais du Doge."

Il s'était arrêté et regardait la ville qui commençait à se replier sur elle-même pour le soir. Elle feignait d'aller se coucher alors que tout recommencerait de plus belle dès que la nuit serait tombée.

"Je ne suis pas sûr que Venise soit la meilleure ville pour trouver du repos... Mais... Peut-être, après avoir connu la trépidante vie de la cour de Florence, une ville trop calme vous aurait angoissé encore plus."

Par expérience, Giacinto savait que quand quelqu'un disait que sa vie avait changé, il y avait peu de chance que le changement ait été positif, d'autant plus lorsque la personne en question semblait mûre et comme revenue de loin.
Mais Giacinto n'insista pas plus, ne posa pas d'autres questions. Il détestait le faire et préférait laisser les autres parler comme ils le voulaient. C'était cela aussi son rôle de prêtre. Confession des pêchers ou des choses trop lourdes à porter quand on est seul.
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Francesc
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Sam 14 Jan - 22:22

[Eglise San Siriano]

Francesco suivait le jeune prêtre dans les rues de la Cité qu'il semblait assez bien connaître. Il admirait en silence les maisons et leur architecture si particulière. Ici, tout semblait si différent de la Toscane...
La nuit tombait et le fond de l'air était gelé.

Le Maître d'armes se tourna ves le Jésuite.


"Non, Venise n'est sans doute pas la meilleure ville pour se reposer. Mais le repos est si difficile à trouver pour un vieux soldat... Voilà bien des années que je n'ai pas connu une nuit tranquille...
A vrai dire je suis venu ici pour enseigner mon art et pour me rapprocher de ma belle famille que j'ai trop longtemps négligée.
Florence a bien changé ces dernières années, les princes de Médicis n'y règnent plus en maîtres, et rien ne m'y retient plus depuis la mort de mon épouse..."

Le Vicomte détourna les yeux, comme pour cacher l'expression de son visage.

"Cette ville est vraiment superbe... Vous dites que le Palais Adorasti est encore loin? "
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Mar 17 Jan - 23:40

Le jeune prêtre avait écouté les paroles du maître d'armes avec calme et attention.
C'était donc la mort d'un être cher qui donnait cet air légèrement mélancolique et détaché du monde à l'homme. Il n'insista pas. L'homme n'était pas du genre à avoir envie d'être plaint. Et il n'allait pas commencer à dire "mon frère, vous savez que si quelque chose vous pèse sur la conscience, même si vous n'avez rien à vous reprocher, vous pouvez vous confier à moi..."
Il se contenta de remarquer qu'il ne portait plus le deuil et que cela devait faire longtemps que sa femme était morte. C'était étrange qu'il soit toujours si... marqué.

Giacinto reprit sa marche à travers le marché.


"Le palais est juste de l'autre côté du canal, nous allons prendre le traguetto..."

Il marchait toujours d'un pas régulier veillant à ne pas être à la traîne de son compagnon, à ne pas le distancer non plus.

"Vous avez raison, Venise est une belle ville, et pourtant... Quand vous la regardez avec attention, vous verrez qu'elle est en train de s'endormir... Un peu comme Florence a perdu l'éclat qu'elle avait il y a quelques siècles... L'Autriche qui possède maintenant Florence ne fait pas preuve d'un grand pacifisme envers Venise.
Enfin, il ne sert à rien de regretter la grandeur passée."

Ils avaient traversé le Grand canal est se trouvait sur l'autre rive. De nouveau sur la terre, Giacinto ajouta, en partie pour Francesco, en partie pour lui-même

"Il faut savoir laisser en paix les fantômes."

Puis, montrant un magnifique palais d'un geste de la main :

"Nous y sommes. Voilà le palais de votre cousin."

[Palais Adorasti - Embarcadère]
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Francesc
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Sam 21 Jan - 17:36

Le Vicomte suivait le prêtre d'un pas rapide. Il aurait aimé pouvoir se confier, se débarasser de tous ces démons du passé qui hantaient ses nuits, mais il ne pouvait pas. Sa pudeur le retenait, même s'il était heureux d'avoir un interlocuteur qui l'écoute...
Il chassa ses idées noires. Ses yeux se promenaient sur les belles façades de la ville.


"Oui Florence a perdu son éclat... ", se contenta-il d'acquiescer, l'air songeur. Tout ce qu'il avait connu enfant s'était effondré d'un coup, comme balayé par le vent...

Ils arrivèrent enfin sur l'autre rive. Le Maître d'armes sourit à la remarque du prêtre. Il semblait moins préoccupé à présent.
Le palais était superbe.


* La famille Adorasti semble, elle, avoir survécu au temps *

Francesco rectifia sa tenue et brossa rapidement ses habits couverts de poussière. Il portait encore ses éperons et sa tenue de voyage, mais il était impatient de revoir Elio depuis son arrivée à Venise. Il tenta quand même de se donner une allure présentable, puis se retourna vers le prêtre.

" Eh bien, allons-y, mon père " dit-il simplement d'une voix qu'il voulait la plus insouciante possible.
Joignant le geste à la parole, il avança d'un pas assuré vers le palais.


[Palais Adorasti - Embarcadère]
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Marché du Rialto   Dim 17 Déc - 22:52

[Bouche d'Ombre - Ancienne Tuilerie]

Le marché du Rialto. Orfeo prit une longue inspiration. Tout ce qu'il aimait se trouvait concentré sur cette place. Les étals regorgeant de toutes sortes de marchandises offertes à la convoitise des passants, les cris des colporteurs, les odeurs puissantes de nourriture et la foule qui s'agglutinait au moindre soupçon de spectacle.

Il avisa un cordonnier qui se tenait sous un porche, des clous plein la bouche et un soulier en réparation posé sur le billot de bois devant lui. Sous l'oeil méfiant de l'artisan il prit une des chaussures de cuir exposées et la tourna entre ses mains pour en examiner la finition
.

"Combien pour une paire comme ça ? Elles t'iraient celles-ci Lena ?"

Il tendit le soulier à la jeune fille et se laissa distraire par un vendeur de soupe ambulant qu'il se promit de retrouver dans la foule, alléché par le fumet du potage.
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Marché du Rialto
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