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 Extérieur - Le Ponton

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Muzio Barrozi
Médecin
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Nombre de messages : 726
Date d'inscription : 14/05/2005

MessageSujet: Extérieur - Le Ponton   Lun 24 Oct - 15:19

[Place St Marc - Caffé Florian]

Muzio laissa deux pièces dans la main du gondolier et sauta à terre. D'un pas vif, il s'avança vers son logis et, à tout hasard, abaissa la poignée. Fermé. Giorgio était donc sorti... La curiosité piqua légèrement Barrozi: le petit campagnard lâché en pleine ville, vers où se dirigerait-il en premier, quelles rencontres ferait-il ? Et le jeune garçon était son seul serviteur: le calme dans la maison, le calme avant tout. Pas la peine de s'annoncer donc.

Le médecin fouilla dans une poche de ses doigts rendus gourds par le froid, et en ressortit une grosse clé ancienne. Après quelques secondes, il put enfin ouvrir la porte qui lui faisait face. Il tapa rapidement ses chaussures floconneuses à l'entrée, puis rentra tout entier chez lui et referma bien vite le battant.


[Salon - Bibliothèque]
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Muzio Barrozi
Médecin
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Nombre de messages : 726
Date d'inscription : 14/05/2005

MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Dim 15 Jan - 23:42

[Place Saint-Marc - Caffé Florian]

La gondole s'était donc dirigée, suivant les instructions d'Alessandro, vers la chambre d'auberge où il logeait. Lorsque l'embarcation heurta doucement la rive, Muzio ne fit aucun commentaire quant à l'aspect plutôt miséreux des lieux et fit aimablement signe à son jeune compagnon d'aller régler ses dernières obligations. Celui-ci ne tarda pas à revenir, chargé de ses effets, et le gondolier, chantonnant toujours, reprit sa route en direction cette fois de la Calle Bardini. Le regard du médecin s'attarda encore sur les doigts d'Alessandro, qui tapotaient le bord de bois de la gondole...

Arrivé devant sa maison, Muzio sortit de sa rêverie et, après avoir renvoyé le gondolier, invita d'un geste large à se tourner vers la façade.


"Voilà où je réside; voilà votre maison, Alessandro."

Alessandro. Le passage du 'monsieur Menatti' au simple prénom avait été spontané et symbolique, sur ce ponton où leurs deux destins se lieraient désormais… Après avoir laissé quelques secondes à Alessandro pour s'imprégner des lieux et des alentours, Muzio sortit sa lourde clé et l'inséra dans la serrure. Un déclic se fit entendre, et la porte s'ouvrit. Le médecin pénétra dans l'obscurité de l'entrée après avoir vaguement tapé ses chaussures sur le ponton…

Il enleva son manteau et referma la porte derrière son jeune serviteur. Le silence régna pendant les premières secondes; seuls les bruits de la rue filtraient, accompagnés du chant plus ou moins faux d'un quelconque gondolier. Puis Muzio, conscient de l'heure qui avançait, désigna les lieux de la main en même temps qu'il les énonçait:


"Vous trouverez ici la bibliothèque - je tiens beaucoup à mes livres, je vous prierai d'y faire attention -, ici la salle à manger, mon cabinet et enfin l'office par ici. L'étage ne comporte que trois pièces que vous identifierez aisément."

Il se tourna vers Alessandro et conclut avec une pointe de bienveillance:

"Vous aurez le temps de vous familiariser avec les lieux. Pour le moment, le temps nous pressant, vous vous en ferez un aperçu rapide. Nous serons au Palais Adorasti ce soir." annonça-t-il légèrement, sans aucune emphase.

Son regard se porta avec une expression qu'il ne maîtrisait pas très bien à l'étage, à l'endroit où devait se trouver la chambre de Gio… la chambre d'Alessandro. Connaissant son petit protégé, Muzio ne douta pas un instant de l'état parfait de la dite chambre. Tout devait être propre, prêt à recevoir… le successeur. Le médecin inspira une bouffée d'air; il se sentait en paix, et fut presque surpris de constater qu'il ne ressentait plus à présent que la sérénité de savoir le petit campagnard revenu dans son environnement familier, en sécurité. Peut-être même lui écrirait-il…

Muzio se retourna vers Alessandro et lui offrit un sourire franc:


"Je vous laisse vous installer et prendre connaissance de la maison… en vous prévenant toutefois que nous partons dans quelques minutes."

Et, preuve de la confiance nouvelle qu'il lui accordait, il monta les escaliers en laissant derrière lui le jeune homme debout dans l'entrée, ses affaires à ses pieds.

[La chambre de Muzio]
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Alessand
Invité



MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Mar 24 Jan - 19:13

[ Place St-Marc – Caffe Florian ]

Durant le trajet les menant vers la demeure du médecin, le jeune homme n’avait cessé d’observer autour d’eux, cherchant à graver dans son esprit l’itinéraire qu’ils poursuivaient, à noter les bâtiments reconnaissables, les particularités des ponts qui les plongeaient dans l’ombre par intermittence. Il avait l’intention de connaître rapidement les environs, de ne pas risquer de se perdre dans cette ville labyrinthique, autant pour lui que pour celui qui était désormais son maître. Mais le soir tombant n’était pas pour faciliter la chose, assombrissant l’ocre des briques, les couleurs des façades.

Alessandro avait tellement prêté attention au décor qu’il eut comme l’impression de sortir d’une torpeur lorsque la gondole s’immobilisa. Ses yeux se portèrent sur la maison qui lui était désignée alors qu’il quittait l’embarcation. Les mots du médecin lui firent alors plus d’effet qu’il n’aurait cru. En effet, le jeune homme ne se considérait guère comme un grand sentimental, mais le fait était qu’il ne pouvait s’empêcher de ressentir une étrange impression lorsqu’il franchit finalement le seuil, après avoir jeté un ultime regard alentours, cherchant une dernière foi ses repères.

Imitant Muzio, il se débarrassa de son propre manteau, le gardant maladroitement à la main en même temps que ses affaires, les saletés maculant ses souliers étant restées sur le perron. Avant qu’un silence gênant ne puisse s’installer, on lui désignait déjà les diverses salles de la maisonnée et son regard ne put s’empêcher de s’attarder un instant sur la porte de la bibliothèque. Jamais il ne lui viendrait à l’esprit de maltraiter les ouvrages qu’elle renfermait, même s’il espérait trouver un jour le loisir de pouvoir les consulter.
Savoir désormais situer la fonction des pièces derrière toutes ces portes fermées lui rendait les lieux déjà bien plus familiers, l’expression de son visage traduisant immédiatement ses impressions.

Mais alors qu’il ouvrait la bouche pour demander fort pragmatiquement ce que son maître désirait manger et quand, celui-ci acheva sa présentation par une annonce sur un ton sans fioriture qui sidéra le jeune homme. Le nom était célèbre. Cependant comme pour la majorité du peuple de Venise, la noblesse lui semblait parfois d’un autre monde qui ne touchait le sien que lorsqu’on devait s’écarter pour laisser le passage à des gens aux vêtements chatoyants, lorsque l’on se penchait à votre oreille pour vous raconter les dernières rumeurs courant sur les activités de tel ou tel célèbre personnage.
Il sentit ses yeux s’élargir légèrement, s’attendant presque à un démenti ou à d’autres phrases laissant entendre qu’il avait mal compris. Ce n’était certes pas le genre de situation sur laquelle il aurait parié avec assurance. Mais le ton du médecin ne laissait pas de place aux doutes.

Ravalant avec difficulté sa surprise, il rendit son sourire à celui-ci, passant comme s’il ne l’avait vu sur l’expression brièvement songeuse, avant d’apprendre brusquement qu’il serait apparemment de la partie et que le temps n’était pas prodigue pour lui laisser le loisir de s’accoutumer à cette idée ni pour se laisser aller aux interrogations qui naissaient inévitablement dans son esprit.

Il acquiesça rapidement à ces dernières paroles.


" Très bien, je ferais vite. "

En vérité le médecin grimpait déjà les escaliers et le jeune homme avait presque besoin d’entendre le son de sa propre voix pour se convaincre de la réalité de ce qui venait de se produire. De la rencontre sur le parvis de l’église jusqu’aux dernières secondes. Il est des jours comme ça, où le changement semble vouloir être le maître mot. Et bien sûr il savait parfaitement à qui il le devait. N’ayant rien d’un ingrat, la reconnaissance et le début d’affection qu’il portait au médecin étaient toutes deux sincères et spontanées.

Conscient toutefois qu’il n’était pas question de rester à rêver, il fit rapidement le tour des pièces de l’étage inférieur, se contentant de les analyser d’un regard en ouvrant les portes puis les refermant soigneusement. La lumière n’y était guère propre, mais même dans une telle situation la curiosité l’emportait.
Enfin calant de nouveau ses affaires, pour qu’elles ne le gênent dans ses mouvements, il entreprit de gravir les degrés à son tour, la tête pleine de pensées qui se succédaient trop vite pour qu’on puisse parler d’un ordre quelconque.


[ Etage privé – Chambre d’Alessandro ]
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