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 La Salle de Bal

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Pourpre
Du Bout des Doigts
Pourpre

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MessageSujet: La Salle de Bal   Lun 9 Mai - 1:06

...
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Gabriella Delmonti
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Gabriella Delmonti

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Dim 15 Mai - 23:25

[Place Saint Marc]

Gabriella s'était dépêchée de rentrer au palais et de se remettre au travail pour préparer la réception du soir le plus vite possible. On pourrait peut-être lui reprocher son manque de respect mais au moins personne ne pourrait lui reprocher de mal faire son travail.

Elle entra dans la salle de bal avec un pot de cire et un chiffon. La salle était très grande, cela allait lui prendre beaucoup de temps de cirer toute la surface. Elle replia le tapis de l'entrée et le posa dans un coin.

Prenant son courage à deux mains, elle se mit à genoux sur le parquet, plongea son chiffon sur la cire et commença à frotter énergiquement les lattes de bois pour le faire briller.
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Lorenzo Dellaporta
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Lorenzo Dellaporta

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 17 Mai - 0:54

[Le Grand Salon]

Des pas rapides mais légers résonnèrent dans le hall, se rapprochant de la salle de bal et devenant plus forts de seconde en seconde. Puis les pas cessèrent alors qu'ils étaient parfaitement nets. Lorenzo se tenait à l'entrée de la salle de bal. Il vit avec contentement que Gabriella ne s'etait pas attardée en ville et qu'elle s'etait déjà remise au travail.

Sa bonne volonté lui fit un instant regretter de l'avoir signalée au prince mais lorsqu'il repensa à la perfection que le prince exigeait pour ce soir, il se dit que c'était la meilleure chose à faire. Peut-être serait-elle prête à lui obéir si le prince lui même le lui ordonnait ?


"Gabriella ? Cesse ceci, le prince te demande dans le Grand Salon. Ca ne devrait pas être long, tu reprendras le cirage après. "

Il n'attendit pas de réponse et fit demi tour, se dirigeant vers les cuisines.

[les cuisines]
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 17 Mai - 1:16

Gabriella entendit parfaitement les bruits de pas se rapprocher. C'était Lorenzo, comme à chaque fois elle reconnaissait son pas rapide. Elle redoubla d'efforts pour accélérer la cadence du chiffon contre le parquet ignorant ses bras qui suppliaient de faire une pause.

Comme elle était dos à la porte, elle ne se retourna pas lorsque le Majordome lui parla, cachant ainsi son visage plissé par l'anxiété. Etait-ce pour son comportement que le Prince voulait la voir ? Lorenzo était-il allé le prévenir comme il l'avait dit ? Probablement, le Prince lui avait déjà donné une course à faire... s'il avait voulu autre chose, il lui aurait demandé en même temps.

Une fois Lorenzo reparti, Gabriella se releva et sortit de la salle de bal pour rejoindre le Grand Salon...


[Grand Salon]
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 17 Mai - 21:34

[Grand Salon]

Gabriella entra à nouveau dans la salle de bal, la mine déconfite. La vue de l'immense parquet à moitié ciré lui donna le hoquet alors qu'elle tentait de refouler un sanglot.

Reprenant son chiffon et son pot de cire, elle se remit à genoux pour reprendre ses frottements intensifs sur les lattes de bois. Elle ne cessa de frotter qu'une bonne heure plus tard lorsque le parquet brillait sur toute sa surface.

Elle se releva en se frottant les genoux douloureux puis ramena le pot de cire, qui lui semblait peser beaucoup plus lourd qu'au début, à sa place.

Revenant dans la salle, elle secoua le tapis par la fenêtre pour le dépoussiérer et le remit devant la porte. Elle remplaça ensuite toutes les chandelles entamées par des neuves qu'elle disposa soigneusement dans les chandeliers et sur le lustre.

Il était temps de passer au vitres. Ces fenêtres étaient très hautes et il lui fallait monter sur une chaise chaque fois qu'elle voulait en atteindre le haut, manquant se rompre le cou à tout moment. Sans se poser plus de question, elle partit chercher un baquet d'eau savonneuse et une éponge puis commença son travail.
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Lorenzo Dellaporta
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 19 Mai - 19:44

[Les communs]

Lorenzo revenait des communs où il avait donné ses ordres pour la réception du soir. Il avait envoyé Giovanni nettoyer les marches du palais et Maria mettait le hall en parfait état. Les lavandières s'occupaient des nappes et des serviettes ainsi que de changer les tentures de soie. Deux serviteurs avient été employés à frotter les verres, les assiettes, l'argenterie et tout ce qui serait disposé sur la table.

Le majordome entra dans la salle de bal et longea le mur pour ne pas abimer le travail de Gabriella. Il s'arrêta près de la jeune femme qui etait montée sur une haute chaise et leva les yeux vers elle.


"Gabriella, descendez de là. Vos bras ont deja été mis à rude épreuve avec le parquet. J'ai demandé à Sophia de terminer les vitres à votre place. Laissez tout en place et faites ceci pour moi voulez vous? "

Il sortit de sa poche un papier couvert de son écriture fine et serrée.

"Voici le menu de ce soir. Portez le aux cuisiniers et faites avec eux la liste de ce qu'il manque. Envoyez ensuite des serviteurs chez les meilleurs fournisseurs. Et attendez leur retour ! Vérifiez bien l'extreme qualité de tout ce qu'ils rapporteront et n'hésitez pas à les renvoyer d'où ils viennent si cela ne convenait pas. Si vous me cherchez je serai à preparer la chambre du cousin de monseigneur."


Citation :


Menu :

creme d'asperges

jambon roti au miel avec ses pommes fruits à la cannelle muscade

petits soufflés au citron et à l'anis

figues roties au miel et aux amandes


Vins :

Brunello di Montalcino

Albana di Romagna
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 19 Mai - 20:30

Gabriella sursauta violemment lorsqu'elle entendit la voix de Lorenzo tout prêt d'elle, lui ordonnant de descendre de sa chaise. Cette fois, elle ne l'avait pas entendu arriver.

Venait-il avec un air triomphant après avoir appris qu'il avait réussi à faire disputer Gabriella pour son comportement ? Gabriella n'aurait pas supporté de voir sur le visage de l'homme un quelconque air victorieux, aussi, préférant ne pas savoir, elle ne le regarda pas, baissant les yeux comme elle l'avait fait avec le Prince. Mais àprès tout, peut-être se trompait-elle, Lorenzo semblait s'inquiéter pour ses bras. Certes ils étaient douloureux à force d'avoir frotter le parquet mais...


*Arrête de réfléchir pour rien...*

Relevant un peu son jupon pour ne pas se prendre les pieds dedans, Gabriella descendit prudemment de la chaise et prit le papier entre ses doigts pour le lire, c'était le menu de la collation du soir. Lorenzo la chargeait de superviser les opérations.

Après les paroles fâcheuses qu'elle avait eu envers lui, il lui donnait des responsabilités pour la préparation du dîner. Il lui faisait confiance pour arriver à coordiner les actions des serviteurs alors qu'elle avait été odieuse envers lui...

La honte et le remord, combinés aux paroles du Prince Elio qui lui revenaient en mémoire, lui firent monter les larmes aux yeux qui s'embuèrent rapidement. Elle bredouilla d'une voix tremblottante avant de sortir.


"Bien Monsieur..."

[Cuisine]
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Lorenzo Dellaporta
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Ven 20 Mai - 20:46

Lorenzo laissa Gabriella sortir puis il porta la main à sa nuque et se la frotta doucement en grimaçant. Il avait vu les larmes dans les yeux de la jeune femme. Il n'aimait pas cela et n'avait pas fait tout ça pour la voir en pleurs. Mais que pouvait-il faire d'autre? La laisser lui parler n'importe comment devant les invités du Prince?

Il secoua la tete puis se retourna vers la sortie. Il avait à faire au dehors, le coin aigu du coffret qui piquait sa peau à travers sa chemise le lui rappelait. Mais avant cela, il devait préparer la suite du paon pour le cousin du prince Elio. Une jeune servante aux cheveux noirs retenus par un fichu entrait à ce moment là. Le majordome la croisa en sortant.


"Les deux fenetres de ce balcon sont déjà faites Sophia."

[Suite de Lazarro Montero Adorasti]
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 25 Mai - 18:18

[Salle à Manger]

Gabriella entra dans la salle de bal avec un panier de fruits et des rubans. Sophia avait terminé de laver toutes les vitres et le jardinier avait apporté plusieurs orangers et citroniers qu'il avait disposés le long des murs.
Avec le parquet fraîchement ciré, cette pièce avait vraiment de l'allure.

Gabriella prit un à un les fruits dont elle n'avait pas eu besoin pour décorer la salle à Manger et commença à les suspendre aux branches des arbutes par des rubans de satin prenant soin de les attacher avec de jolis noeuds.

Elle passa d'arbre en arbre jusqu'à avoir utilisé tous les fruits. Les citronniers et les orangers portaient maintenant tout un panel de fruits variés, ornés de rubans de satin aux couleurs moirées.

Gabriella devait maintenant montrer le résultat au Prince. Si cela ne lui plaisait pas, elle chercherait autre chose. Ne sachant pas si Elio était sortit ou non, elle décida d'aller demander à Lorenzo. Il lui avait dit qu'il s'occupait de la chambre du cousin. Elle ne perdit pas de temps et monta à l'étage.


[Chambre de Lazzaro]
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Ven 10 Juin - 21:34

[Le Grand Hall]

Gabriella entra dans la salle de bal et laissa le Prince entrer à sa suite en faisant un pas de côté. Elle espérait vraiment que la décoration lui plairait car elle n'avait pas envie de tout recommencer. Le parquet ciré faisait refléter les rangées d'arbres fruitiers disposés de chaque côté de la pièce.

"Voilà Monseigneur. Le jardinier a mené des arbustes pour décorer la salle. J'ai pensé que ça donnerait une ambiance printanière en plein hiver. J'y ai ajouté quelques vrais fruits comme vous pouvez le voir. J'espère que cette décoration vous convient. Dans la Salle à Manger j'ai créé quelques compositions de fleurs mêlées à des fruits variés pour rester dans le même esprit."

Elle se tourna vers le Prince espérant voir un visage satisfait.
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Elio Lacryma Adorasti
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Elio Lacryma Adorasti

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Ven 10 Juin - 22:38

[Hall]

Précédant la servante, Elio entra dans la salle de bal.
Il fit quelques pas sur le parquet luisant et balaya la pièce du regard.
Ses yeux s'élargirent à la vue des orangers.
Il s'avança et ses doigts effleurèrent un fruit enrubanné.
Une expression amusée se lut sur son visage, il ne s'était absolument pas attendu à une telle chose.


"J'avais imaginé quelque chose de moins.. de plus.. tout ceci me semble extraordinairement.. bucolique. Espérons que nos hôtes ne seront pas affamés au point de croquer vos ornements"

Il se mordit légèrement la lèvre pour empêcher le rire qu'il sentait monter dans sa gorge.
Tout ceci ressemblait plus à un déjeuner sur l'herbe qu'à un concert de musique de chambre.
Quoi qu'il en soit on ne pouvait pas reprocher à la petite servante un quelconque manque d'imagination
.

"Il semble que le printemps vous manque, Gabriella. Aurons-nous des cerises afin que les dames puissent s'en faire des pendants d'oreilles ?"

Il fit encore quelques pas pour avoir une meilleure vue d'ensemble et un sourire légèrement narquois étira ses lèvres.
Cependant sa voix ne portait aucun ton de reproche quand il reprit la parole
.

"Tout ceci est fort charmant et aura au moins l'avantage de donner à parler. Que l'on moque ou que l'on loue, le principal est que les Adorasti soient au coeur des conversations."

Une caresse sur les touches d'ivoire du claveçin délicatement orné et il se tourna vers la servante restée en retrait.

"J'aimerais que les sièges soient installés en demi lune face aux musiciens, veillez-y je vous prie."
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Ven 10 Juin - 23:41

Gabriella se tortillait les doigts nerveusement en attendant les appréciations du Prince. Ses premières paroles montrèrent la surprise. Il ne s'était pas attendu à cela, elle s'en doutait, mais cela lui plaisait-il ?

*Croquer les ornements...* Se moquait-il ? Non ce n'était qu'une impression pensa-t-elle pour se convaincre. Elle ne vit pas qu'il se retenait de rire car il avait le dos tourné à ce moment là. Mais lorsqu'il recommença à parler, elle fut un peu surprise.

"Non.. non il n'y a pas de cerises Monseigneur... et.. enfin je pensais qu'une atmosphère plus gaie serait appréciée pour nous sortir un peu de ce long hiver interminable..."

Pourquoi ne lui disait-il pas qu'il trouvait la décoration jolie ? Pourquoi détournait-il ses phrases sans donner son avis franchement ? Gabriella commençait à douter mais d'un autre côté, elle connaissait le Prince. Mieux valait ne pas attendre de compliment direct de sa part, même si, elle en était persuadée, il n'en pensait pas moins. Car il était bien sûr évident qu'il l'aimait beaucoup et qu'il aimait aussi beaucoup tout ce qu'elle faisait. Ses paroles suivantes tombèrent un peu durement. Pourquoi voulait-il que l'on se moque de la décoration ? Gabriella ne trouvait rien à rire à cet agencement original d'arbustes décorés.

"Oui Monseigneur... je vais le faire tout de suite" répondit-elle d'une voix un peu éteinte à son ordre.

Elle s'approcha des sièges présents dans la salle et, les prenant deux par deux, commença à les disposer face à l'estrade où serait l'orchestre le soir-même.
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 16 Juin - 2:04

[Le Hall]

Iago avait ouvert la porte en s'attendant à une nouvelle pièce vide. Il l'avait fait brusquement, pour ne pas perdre de temps. Mais non. Il y avait quelqu'un. Il resta la poignée de la porte toujours entre les mains, immobile.

A vrai dire, il ne remarqua même pas que la pièce contenait deux personnes, il ne remarqua pas la jeune servante qu'il avait pourtant rencontrée peu de temps auparavant, parce que ses yeux s'étaient fixés sur le visage d'Elio.


"Ah. C'était donc vraiment toi."

Il n'y avait rien d'autre à dire. C'était bien lui. Il n'y avait pas de doute. Le visage d'Elio n'avait que peu changé. Il était à peine rendu plus posé, plus fermé peut-être, par l'âge. C'était les mêmes traits fin, la même peau blanche, les mêmes cheveux noirs et longs. Il sourit légèrement en se souvenant du soin jaloux qu'y apportait Elio.

Iago quitta l'encadrement de la porte pour s'avancer vers le jeune Prince. Pas beaucoup, quelques pas seulement, afin de quitter l'ombre du chambranle de la porte et de se mettre à la lumière.

Iago n'avait pas tellement changé non plus. D'autant que son visage en ce moment, pour la première fois depuis bien longtemps, semblait vraiment celui d'un jeune homme de 24 ans.
Pour une fois, il n'avait pas l'air d'un vieillard acariâtre, d'un homme revenu de tout et qui ne croit plus en rien. S'il y avait de l'attente dans ces yeux, il n'y avait pas de méfiance.
Son visage était vieilli, abîmé, meurtri par les intempéries et les soucis, certes, mais une sorte d'innocence juvénile, de mobilité des sentiments, témoignait de son jeune âge.

Il avait fait un pas de plus, mais s'était arrêté. Maintenant qu'il avait Elio en face de lui, là, à quelques pas encore de lui, tout ce qu'il avait fait lui apparaissait dans son absurdité la plus totale.
Il souriait, mi-ironiquee, mi-amusé, clignant des yeux contre le soleil qui l'éblouissait.


"Est-ce que tu as changé ?"

C'était sa façon d'éviter le ridicule des retrouvailles. Jamais il n'aurait pu sauter dans les bras de quelqu'un en s'extasiant sur sa santé florissante... Jamais il ne se permettrait de juger quelqu'un, de lui dire de façon péremptoire si oui ou non il était conforme à l'image passée. Il n'avait jamais prétendu connaître quelqu'un vraiment. Du moins… pas certaines personnes.

Mais à peine avait-il prononcé cette phrase qu'il enchaîna brusquement, inquiet presque.


"Attend, il y a une chose qu'il faut que tu saches d'abord, je ne peux pas te cacher ça. Je veux que tu saches tout avant de me répondre : je loge chez les Grazziano."

En disant ces mots, Iago réalisa subitement la raison de sa course jusqu'ici. Il n'y avait qu'une chose sur la terre qui ne faisait pas partie de l'amas de broutilles auxquelles Iago renonçait parce qu'il les trouvait hypocrites et ridicules. Une seule chose dont il ne s'était pas encore défaite parce que malgré lui il y croyait encore et qu'il y accordait du prix, la seule chose qui était importante ici, l'amitié.
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 16 Juin - 3:03

Elio était sur le point d'ajouter quelques mots concernant la disposition des fauteuils quand la porte s'ouvrit brusquement.
Il se retourna d'un bloc pour faire face à l'importun, une remarque acide aux bord des lèvres et resta figé.

Les yeux agrandis, le souffle soudain lui manqua.
Sa main chercha l'appui du dossier d'une chaise sur laquelle elle se crispa, les doigts s'enfonçant dans le velours cramoisi.
Incapable soudain d'emettre le moindre son, il sentit le sang quitter son visage et son corps devenir de glace.

Les pensées et les souvenirs tournoyaient sans parvenir à se fixer.
Il eut peur que ses jambes ne le trahissent et resserra sa prise sur le bois cérusé.
Iago Albizzi, Iago de son enfance florentine.
Le seul ami qu'il ait jamais eu, qui savait tout de lui et le connaissait sans doute mieux qu'il ne se connaissait lui-même.
Il avait pensé ne jamais le revoir apres tant d'années et voici qu'il se tenait là devant lui dans sa propre maison.

Il ferma un instant les yeux pour se reprendre et son souffle revint, un peu plus précipité qu'il ne l'aurait voulu.
Il avala sa salive difficilement, empêché qu'il l'etait par sa gorge serrée.
Quand il posa à nouveau les yeux sur le visiteur, les images du passé se mélèrent aux images de l'instant, superposant le visage d'un tout jeune homme aux cheveux dégoulinants de pluie sous un porche au visage durçi de l'homme qui lui faisait face.


"Je n'ai pas plus changé que toi."

Sa voix lui parut etranglée et essoufflée.
Il lui fallait se reprendre avant de sombrer totalement dans le ridicule.
Il tendit la main vers Iago pour lui permettre d'approcher plus pres.


"Dieu, si tu savais ce que je me fous des Grazziano en cet instant !"

Le regard d'or étincelant autant de feu que de larmes, son visage redevint l'espace d'une seconde le visage de l'enfant qu'il avait été.
Le rire vint soudain, franc et sonore, totalement inattendu et brisant les murs de verre dans lesquels il s'était enfermé tout ce temps.
Aucune barrière ne resistait à la voix de Iago, à ses gestes démesurés et à ce qui dansait dans ses yeux d'impétuosité et d'humour.
La seule personne au monde avec qui Elio se sentait libre d'être lui-même, faisant fi des convenances et des contraintes.
En quelques pas rapides il se trouva face à Iago et d'un large geste de la main, il ota son tricorne dont il frappa violemment le torse du jeune-homme
.

"Imbécile, où etais-tu tout ce temps ?!!"
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 16 Juin - 13:32

Toute concentrée sur la mise en place des sièges devant l'estrade, Gabriella sursauta brusquement à l'entrée soudaine d'un homme dans la salle. Elle se retourna vers la porte et resta bouche bée devant l'identité de la personne qui venait de faire irruption. Que faisait-il ici ? Que voulait-il ?

Son coeur se serra soudain, pensant au Prince, fou de rage devant une réflexion que pourrait faire cet abject personnage. Aussitôt elle fit un pas en avant, bien décidée à le chasser hors du palais, mais s'arrêta net lorsque Iago prononça ses premières paroles.


*Il tutoie le Prince...*

Comment diable deux personnes aussi différentes (Iago etait méchant, malpoli et laid selon elle, alors qu'Elio etait intelligent, courtois et d'une beauté incomparable) pouvaient-elles se connaître ?

Gabriella resta comme statufiée à regarder les deux hommes. A voir l'expression du visage de Iago, il était clair qu'il était content de voir le Prince.


*Grazziano ? C'est le nom de famille de la Princesse Bianca...* Gabriella réfléchit quelques instants, des rumeurs courraient parmis les serviteurs du palais comme quoi il existait une rivalité entre deux familles princières mais elle n'y avait jamais prêté attention. Alors pourquoi cet homme voulait le signaler en toute première chose comme s'il avait peur que ça soit une chose grave risquant de vexer Elio ? Gabriella irait se renseigner sur ces Grazziano dès qu'elle le pourrait car cela allait de soit, tout ce qui concernait le Prince la concernait aussi.

De son côté, Elio était devenu encore plus pâle qu'à l'accoutumé et cherchait un support pour se tenir. Craignant qu'il soit pris d'un malaise, Gabriella avança une fois encore d'un pas mais cette fois ci en direction du Prince. Et une nouvelle fois elle stoppa net son mouvement lorsque le Prince se mit à rire si soudainement qu'elle en sursauta.

Elle s'effaça alors, retournant aux derniers sièges qu'elle termina de placer avant de se diriger vers la porte.


"Monseigneur, si vous avez encore besoin de moi, je serai dans les communs..." dit-elle tout bas avant de se retourner vers Iago. "Monsieur..." ajouta-t-elle froidement pour le saluer avant de sortir de la pièce.

[Chambre de Basileo]
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 18 Juin - 20:35

"Dieu, si tu savais ce que je me fous des Grazziano en cet instant !" La phrase résonnait dans sa tête comme un carillon joyeux auquel venait se mêler le rire d'Elio.

Iago savait qu'en ce moment, il devait avoir un sourire terriblement idiot, mais qu'est-ce qu'il s'en fichait lui aussi… C'est qu'il avait presque oublié à quel point il aimait entendre ce rire, si rare, si beau, à quel point il aimait voir la vie enflammer ces yeux étonnants.

Il y avait presque des larmes dans ce regard, et pour cela, Iago était reconnaissant envers Elio. Dire qu'il n'y avait que deux personnes sur terre capables d'être parfaitement honnêtes avec lui, capables de laisser de côté convenances et contraintes...

Presque perdu dans sa contemplation heureuse, Iago ne réalisa qu'Elio s'était approché que lorsqu'il reçut le coup de tricorne.
Ses yeux s'agrandirent, et il chancelât dans une pantomime d'homme agonisant, s'accrochant avec dérision au jeune homme en face de lui.


"Aaargh... et ainsi mourut le grand Iago degli Albizzi... lâchement assassiné par un coup de tricorne..."

dit-il d'un ton lugubre, avant d'éclater de rire et de se redresser brusquement pour regarder Elio.

"Où étais-je ? je n'en sais rien, pas au bon endroit puisque tu n'y étais pas... j'ai commencé par la prison de Naples, puis j'ai voyagé, voyagé, encore voyagé...
J'aurais voulu avoir de tes nouvelles, mais il n'était pas question que je retourne à Florence, et puis je craignais que, en écrivant à "Elio Adorasti, la boite secrète du vieil olivier creux", ma lettre, au mieux n'arrive jamais, au pire arrive directement chez ton père... Et je ne me voyais pas non plus écrire à mes parents "Mon bien cher père, ma bien chère mère, j'espère que vous vous portez fort mal, en revanche pourriez-vous me donner des nouvelles de Elio ?" C'était un peu trop délicat..."

Sourire pince-sans-rire, regard vif et plein d'humour, Iago avait oublié tous les petits accrocs de la journée.

"Cinq ans ! tu te rends compte ? ça me semble une éternité ! Et toi alors... toi ? J'ai appris que tu n'avais pas pu échapper au mariage. Je te présente mes sincères condoléances..."

La sortie de Gabriella qui avait eu lieu un peu avant était passé complètement invisible à ses yeux, mais soudain, en parlant de femmes peut-être, le visage de la servante lui revint en mémoire et il changea, comme toujours, brutalement de sujet.

"Oh ! Elle est de ta maison la servante qui vient de passer ? Tu sais qu'elle m'a fichu une gifle sur le marché ? Je ne sais plus ce que je lui disais... Quelque chose de très simple, très évident... Qu'elle ne devait pas croire les flatteurs qui lui disaient qu'elle était belle, parce que c'était un mensonge, quelque chose dans ce goût là."

Il tourna son visage vers Elio, les yeux grand ouverts, presque innocents.

"C'est ce que je te disais déjà à l'époque, les gens, bizarrement, prennent vite pour des injures ce qui ne sont que des constatations..."

Il s'arrêta brusquement et son visage redevint terriblement amusé.

"C'est terrible, ma conversation est toujours aussi débridée et chaotique. Un jour peut-être... ah !"

Illustration parfaite : une nouvelle idée venait de lui traverser l'esprit, il s'arrêtait pour la suivre. Plus qu'une idée, c'était un acte. Il se mit à fouiller la poche intérieure de sa cape. Il regardait en même temps Elio avec un regard malicieux, murmurant parfois un "Attend, attend" de dérision contre lui-même.

"Voilà !"

Il sortit soudain un petit paquet de velours noir. Le velours était usé et abîmé, signe qu'il traînait depuis longtemps dans cette cape. Il défit rapidement le cordon qui maintenait le paquet fermé et en tendit le contenu à Elio.

"Tiens, dès que je l'ai vu, j'ai pensé à toi. Il était temps que je te retrouve, cela fait un bout de temps que je le transporte avec moi... C'était un jour, dans un de mes voyages, j'ai trouvé ça..."

C'était le Canzoniere de Pétrarque. La première édition imprimée qui en avait été faite, par un des premiers éditeurs, et sans aucun doute un des plus grands, Alde Manuce. La reliure avait été faite pour une grande Princesse et avait transité de mains en mains : elle était noire, signe de grande richesse, un fils d'argent faisait office de décoration et avait servi à écrire le titre.
Tout était sobre et d'une élégance parfaite, comme Elio. Et puis c'était une de leur lecture de jeunesse, et une des plus belles œuvres littéraires de tous les temps.
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti
Elio Lacryma Adorasti

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Dim 19 Juin - 22:57

Elio reçut le présent et sans en avoir lu le titre sut de quoi il s'agissait.
Du bout des doigts, les yeux à demi fermés, il caressa le cuir de la reliure, suivant l'inscription d'argent
.

"Tu t'es souvenu de cela.."

Lentement, il s'assit sur le canapé, et sembla un instant perdu dans une réverie, la voix devenue un souffle.

"Nous en savions presque tous les sonnets par coeur.. Tu as pensé à cela.."

Il inclina la tête, et leva les yeux vers Iago.
Avec un sourire un peu hésitant, il détailla la haute silhouette de son ami
.

"Comme tu sembles vivant."Il y avait de l'étonnement dans ses mots."J'ai tant l'impression de ne plus l'être depuis si longtemps. Je me sens tellement.. Séparé du monde. Et tu es là, et à nouveau tout semble si simple et si naturel. Ce don que tu as pour la vie.. Si tu savais à quel point j'aimerais en saisir le secret."

Il baissa à nouveau les yeux sur le livre.
Il le manipulait avec délicatesse, retrouvant certains vers qu'ils avaient particulièrement aimés.
L'émotion se lisait au léger tremblement de sa main, et à la douceur de l'expression peinte sur son visage.
Il secoua la tête, comme pour sortir d'un rève et leva à nouveau les yeux vers Iago
.

"J'accepte tes condoléances pour mon mariage. Mon.. père.." Une moue imperceptible ponctua le mot qu'il prononça avec difficulté. ".. Mon père a conclu une sorte d'arrangement avec la famille Grazziano et l'on m'a donné leur fille en épousailles. Une vaste plaisanterie d'un extrême mauvais goût. Mais je ne m'attendais pas à moins de sa part. Sais-tu ce que j'ai entendu ? Une rumeur d'office prétend que ma chère femme me surnomme "son époux de glace". N'est-ce pas follement amusant ?"

Sa voix se brisa sur les derniers mots.
Il ferma un instant les yeux et détourna la tête, sa main se crispa inconsciemment sur le livre précieux
.

"C'est ce qu'il semble que je sois devenu, un homme de glace derrière une vitre."

Un geste de la main, chassant ses pensées comme un insecte agaçant et son regard revint sur l'homme debout, sa voix teintée d'un faux enjouement.

"Mais peu importe.. Et si Gabriella t'a giflé c'est que tu as du l'asticoter un peu trop.. honnêtement à son goût. Je constate que tu as toujours ce don pour la diplomatie. Trouves-tu vraiment qu'elle soit vilaine ? Elle me semble plutôt jolie. Tant qu'à avoir des femmes dans une maison, je les préfère agréables à l'oeil. C'est décoratif à défaut d'étre utile.. En parlant de décoration, je suis étonné que tu ne te sois pas encore gaussé de ces improbables arbres fruitiers que cette charmante Gabriella a disposés ici. Je donne une sorte de petit concert de musique de chambre, rien de très extraordinaire mais si tu voulais y assister, j'en serais vraiment heureux. Je.."

Il sourit, et ses yeux se plissèrent.

".. Je n'ai pas l'intention de te laisser partir à nouveau pour je ne sais où avant très très longtemps, mon cher Iago. Et peu m'importe que tu loges chez les Grazziano. A moins que tu ne doives quelques comptes à ton hôte ?"
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
Iago degli Albizzi

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Lun 20 Juin - 20:11

Iago franchit le pas qui le séparait du canapé et se laissa délicatement tomber à côté d'Elio.
Il avait tout écouté en silence, suivant des yeux chaque geste tracé par les mains de son ami.
Il n'y avait plus trace de jubilation ou d'amusement dans ses yeux, car il sentait trop clairement l'émotion fragile et triste qui avait pris possession d'Elio. Il n'avait ni pitié ni compassion ni abattement non plus. Simplement une attention constante et tendre, vive et calme à la fois.
Il tourna la tête vers Elio et sourit.


"Je viendrais, je n'ai pas l'intention de me laisser chasser je ne sais où loin de toi avant très très longtemps, ni même un jour. Quant à rendre des comptes... tu me connais. Je ne suis pas du genre à m'accommoder de quelqu'un qui me demanderait des comptes."

Là, son sourire devint ironique et il laissa son regard balayer la pièce. Et enfin, il remarqua la décoration.

"Oh mon dieu... Je n'avais pas vu en entrant, je ne voyais que toi. Ces arbres... Tu l'as laissé faire ? très courageux de ta part. C'est profondément... ridicule. Mais tout à fait original et légèrement décalé. Oh, tu as bien fait je crois, ça plaira beaucoup aux vénitiens, et cela fera parler longtemps de toi. Du moins, si on le remarque. Un vrai coup de maître..."

En disant cela, il s'était redressé, et regardait avec une admiration étonnée et amusée alternativement les arbres, la décoration, puis Elio.
Mais il s'arrêta brusquement sur ces derniers mots. Il avait remarqué le côté faussé de l'enjouement d'Elio, et, même s'il le prenait pour ce que c'était, c'est-à-dire un message pour dire "parlons d'autre chose, ce sujet me chagrine", il ne l'oubliait pas, pas plus qu'il n'oubliait les paroles qui avaient précédé.

Et là, les derniers mots qu'il avait dits à Elio, le visage d'Elio même sur lequel son regard s'était arrêté, le poussaient à revenir sur ce qui avait été dit.


"Un maître... c'est ce que tu es maintenant. Tu reçois des musiciens et du monde ce soir. Ton salon est décoré. Ce soir, plein de monde sera dans cette salle, en train de rire du bout des lèvres, de se cacher derrière un éventail, de sourire et de maudire en même temps. Pavane et croche-pied. Ton salon va se transformer en jardin zoologique ce soir. Et tu voudrais vivre sans obstacle entre ces gens et toi ?
Tu te briserais, tu te tuerais. Ils te détruiraient.

Tu as choisi, parce que tu n'avais pas vraiment d'autre choix, d'être le Prince Adorasti dans toute sa splendeur. Il te faut cette vitre qui te sépare du monde et qui fait que tu es vraiment Adorasti "tu adoras".
Ton épouse t'appelle "son époux de glace" ? Tant mieux, ils croiront que tu es froid et impérieux, ils ne t'aimeront pas, mais ils t'adoreront.

Mais ensuite… "Epoux de glace"… Que vas-tu t'imaginer ? Tu vas te perturber pour les paroles d'une femme ? Tu vas la croire ? Parce qu'elle dit que tu es de glace, tu vas la croire ? tu vas t'imaginer que tu es peut-être de glace ? Toi, Elio ? de glace ?

Iago regardait toujours Elio avec douceur, un sourire calme, pour une fois, sur les lèvres. Il s'était approché de lui, pour bien le voir de face. Et il tendit la main, délicatement. Ses doigts se posèrent sur la joue d'Elio, doucement, pendant que son pouce essuyait ce qui avait retenu son regard depuis le début de la conversation.

Il recula sa main et présenta son pouce à Elio : il était scintillant de l'eau de la larme recueillie.


"Elle est bien fine ta glace, Elio, pour qu'elle fonde si vite.
Tu pleures, "Lacryma", tu pleures.

Tu ris, tu pleures, tu vis. Oublie le regard des autres. Que t'importe ? Soit mort pour eux, ou ils sauront te tuer.

Mais ne confond pas, jamais, ce que tu sembles et ce que tu es. Je n'aime pas l'hypocrisie de ton rôle, tu le sais. Mais je la comprends. Tu n'as plus le choix.

Sois de glace, mais n'oublie jamais le feu qui brûle, là..."

Iago plaça doucement toujours sa main sur le cœur d'Elio, comme pour sentir la chaleur du feu dont il parlait.

"... et qui est un des plus beaux que je n'ai jamais vu."
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Lorenzo Dellaporta
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 22 Juin - 18:07

[le hall]

Trois coups nets retentirent, frappés à la porte avec assez de force pour etre entendus et prévenir d'une entrée prochaine, laissant le temps aux personnes présentes dans la pièce de taire une conversation qui aurait pu ne pas être destinée à toutes les oreilles.

Lorenzo entra dans la salle de bal après quelques secondes, laissant la porte ouverte, signe qu'il n'avait pas l'intention de rester. C'était la deuxième fois qu'il interrompait ainsi une conversation du prince et il s'attendait à une forte réprimande.

Le prince Elio était assis dans un canapé et son visiteur avait pris place à ses côtés. Cela conforta le majordome dans son idée. Cet homme n'était pas n'importe qui.

Il s'inclina légèrement, notant du coin de l'oeil les étranges arbustes qui ornaient, si l'on pouvait dire, la salle de réception.


"Que monseigneur excuse mon inconvenance mais l'heure passe et j'ai encore beaucoup à faire avant la réception de ce soir. Dois-je attendre monsieur ou puis-je partir pour la course qu'il m'a confiée?"
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 22 Juin - 22:26

Elio saisit la main qui s'était posée sur son coeur et la serrant pressa fortement son propre pouce contre le pouce humide.
Les yeux étirés, il se pencha vivement vers Iago et murmura, les lèvres soudain prêt de son oreille
.

"Pour avoir été témoin de ceci, un autre que toi aurait risqué beaucoup."

Son souffle frais dans le cou de son ami, il sentait la proximité du corps de l'homme qu'il était devenu.
Ce fut à ce moment précis qu'il prit conscience que Iago avait changé.
Le parfum qui emanait de ses cheveux, l'odeur masculine, musquée, de sa peau, n'étaient plus ceux de l'enfant qu'il avait connu.
Sa main gauche toujours étreignant sa main, il glissa la main droite en peigne dans les cheveux fous du jeune homme et les lissa du bout des doigts.
Il y avait autant de menace dans la main serrée que de douceur dans la caresse
.

Il releva lentement la tête, et son visage dangereusement proche de celui de Iago, il détailla attentivement celui qui lui faisait face.
Son regard étincelant semblait faire le compte des changements apportés par le temps.
Enfin, il trouva ce qu'il cherchait en plongeant dans les yeux changeants comme l'eau des canaux et se redressa.
Il reprit le livre qu'il avait abandonné un instant et le visage penché vers les sonnets, murmura à nouveau
.

"Tu as changé bien plus qu'il n'y parait Iago Degli Albizzi. On pourrait se laisser prendre au travail du temps, mais ce n'est point de cela dont il s'agit, n'est-ce pas. Est-ce lié à ta présence aux cotés des Grazziano ? Dois-je me méfier de cela aussi à présent ? Te tiendrais-tu sous le porche pour moi comme tu le faisais ?"

Un sourire sans joie étira ses lèvres.
Il allait ajouter quelque chose quand trois coups frappés à la porte, suivis de l'entrée de Lorenzo l'interrompirent.
Il écouta la requête du majordome et fit un geste de la main
.

"Non Lorenzo, ne m'attendez pas. J'irai au Rialto un autre jour, rien d'urgent ne m'y reclamait. Monsieur Degli Albizzi que voici sera des nôtres ce soir. Cette maison lui est ouverte, j'apprécierais que vous fassiez le nécessaire pour qu'il s'y sente chez lui."
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 16 Aoû - 15:53

[l'embarcadère]

La jeune princesse avait enlevé la fine capuche blanche qui lui masquait une partie du visage. Le froid avait rosi ses joues, ce qui contrastait avec sa peau qui semblait encore plus pâle que d’accoutumé. Elle frotta ses mains engourdies l'une contre l'autre afin de se réchauffer un peu.
Les serviteurs avaient sans doute fini la décoration de la salle de Bal. Désireuse de savoir comment ils s’y étaient pris, elle se dirigea vers la grande pièce d’un pas tranquille. Elle s’arrêta juste devant la porte fermée, étonnée.

Il lui avait semblé entendre des voix provenant de la salle mais du fait de la résonance du palais, elle n'avait pu ni les reconnaître, ni comprendre ce qu'elles disaient. Poussée par la curiosité elle entrebâilla la porte et regarda discrètement ce qui se trouvait à l'intérieur...

Quelle ne fut pas sa surprise de trouver son époux discutant joyeusement (aussi joyeux qu’il puisse être) avec... Le fameux Iago.
Ainsi donc, voila où il était parti si précipitamment.

La jeune femme ouvrit tout grand les yeux, elle se mordit la lèvre inférieure et referma tout doucement la porte en espérant qu'elle passerait inaperçu. Elle ne se sentait ni l'envie, ni de taille à affronter le Prince maintenant.

Le plus discrètement possible, elle entreprit de contourner la salle et de rejoindre le salon.


[le grand salon]
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Lorenzo Dellaporta
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 17 Aoû - 23:38

Lorenzo s'inclina légèrement pour indiquer qu'il avait compris les ordres du prince. Il jeta un regard de plus vers le nouveau visiteur et se dit que décidément la Ca'Adorasti recevait des gens de plus en plus excentriques. Entre le cousin du Prince et ce personnage haut en couleurs..

Degli Albizzi.. ce nom sonnait comme quelque chsoe de familier aux oreilles du majordome sans qu'il ne reussisse a trouver pourquoi. Il avait cette sensation pareil à celle que l'on ressent lorsqu'un souvenir de songe echappe à l'esprit qui voudrait se le rememorer.

Il ne devait plus perdre de temps, la reception etait annoncée à 21h.


"Très bien Monseigneur, Monsieur Degli Albizzi pourra compter sur tous vos gens pour son service. Permettez moi de me retirer à présent."

Lorenzo s'inclina à nouveau vers les deux hommes et se retourna. L'espace d'un instant, il crut voir la porte se refermer et les feuillages de l'oranger pres de l'entrée fremir, mais ce devait être une fausse impression. Le majordome sortit dignement et referma la porte derriere lui tout en continuant de se demander qui pouvait bien etre cet homme au nom si familier.

[L'embarcadere]
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 18 Aoû - 19:10

Du coin de l'oeil, alors qu'il finissait de donner ses instructions à son majordome, Elio vit la porte s'ouvrir dans un bruit freutré.
Une chevelure blonde aux boucles échappées, deux grands yeux bleu-vert et le battant se referma silencieusement.
Les doigts du Prince se crispèrent légérement sur la reliure du petit ouvrage et son regard durçit.
Lorenzo sorti, il décroisa ses longues jambes et se leva.
Il posa le livre à coté de Iago et lui sourit
.

"Veux-tu bien m'attendre quelques minutes ? Je dois parler à ma chère et tendre épouse. Ce ne sera pas long."

Du bout des doigts, il lissa une méche follement ébouriffée des cheveux de l'homme et se dirigea vers la porte.
Arrivé là, la main sur le bouton, à demi sorti déjà, il se retourna
.

"Tu ne t'en vas pas, n'est-ce pas.. Tu ne disparais pas encore.. Je ne.."

Il eut un frémissement et ravala les mots avant qu'ils ne franchissent ses lèvres.

".. Je fais au plus vite."

[Grand Salon]
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 7 Sep - 2:31

"Je t'attends."

Iago avait dit ses mots juste avant que la porte ne se ferme, comme un navire jette l'ancre. Afin de demeurer longtemps au port.

Resté seul, Iago plongea le visage dans ses mains. La réalité des événements commençaient à faire un chemin dans son esprit.
Dire qu'il n'y avait que deux endroits au monde où il se sentait chez lui : le palais Adorasti et le palais Grazziano. Qu'il n'y avait que deux personnes qu'il estimait, Elio et Ugo, et qu'en ce moment même, Elio était sans doute en train d'avoir une conversation désagréable avec la sœur bien-aimée d'Ugo. Sœur d'Ugo qui, il fallait le noter, espionnait Elio au retour de la maison de son frère.

Diable, il l'avait peut-être cherché, mais il risquait fortement de se trouver dans une situation désagréable.

Il se frotta énergiquement les joues, tendit les bras et décroisa les jambes dans un étirement de chat avant de se secouer.
Il fallait qu'il se reprenne. Il sombrait dans une mélancolie stupide, une nostalgie sirupeuse et surtout une amicalité dangereuse. Là, tout de suite, si la petite bonne de ce matin entrait de nouveau dans la pièce, il serait capable de lui dire que ses décorations n'étaient pas si mal.
Ce qui était stupide évidemment, parce qu'elles étaient ridicules.

Iago se leva et s'approcha un peu de ces décorations.
Leur seul avantage était d'exprimer clairement l'état de la société vénitienne : des hommes comme des fruits pourris, enrobés d'un sucre tentateur, s'accrochant désespérément à des arbres où ils usurpaient une place et tentaient de se faire passer pour naturel.
Répugnant.

En revanche le reste de la pièce témoignait plutôt d'un bon goût florentin. Il s'arrêta avec un regard appréciateur devant un tableau représentant visiblement un Saint Jérôme. Caravage sans doute. Oui, c'était très passé de mode…

Il y avait quelques exceptions tout de même au bon goût général de la pièce. Quelques exceptions criardes de-ci de-là, touche féminine peut-être (ah, quelle horreur que la touche féminine…) ou simple tocade d'une époque passée.

Iago s'approcha d'une petite statue en porcelaine et la fit tourner dans ses mains. Une espèce de bergère mièvre et roucoulante, les joues roses et les yeux en amande, une jupe de froufrou de dentelle parsemée de petites fleurs.
Ecœurant.

Pire encore, cela lui rappela les goûts parfois bien trop soumis à la mode passée du père d'Elio. Bien sûr, on avait prit cela pour de l'art un moment, mais maintenant, les connaisseurs intelligents savaient qu'il n'y avait pas plus ridicule que ce genre de mièvrerie passée.

Il jeta un coup d'œil circulaire et constata avec effroi que rien ici ne semblait pouvoir venir d'Elio. Tout était de bon goût, certes, mais un peu ancien, compassé, rigide…
Elio n'avait peut-être pas encore eu le temps où le courage de tout transformer ?

Iago décida de l'aider. Il reprit la statuette dans les mains, et la laissa tomber, soigneusement, par terre.
Il eut un sourire satisfait. La seule chose de belle que pouvaient produire ces objets là, c'est un son. Celui qu'ils produisaient en tombant. D'un revers de la main, il poussa le berger hors de la table et son sourire satisfait s'agrandit. Il ne restait plus que les moutons, il les plaça en équilibre sur le bord, avec un peu de chance, quelqu'un les ferait tomber ce soir.

Iago acheva son étude de la pièce en se penchant pour observer le sol. Il était toujours fasciné par cette façon qu'avaient les Vénitiens de faire des sols souples, qui plient avec le bois. Un congloméra de morceau de marbre… Celui-ci était particulièrement réussi.
Iago s'était accroupis sur le sol, et, au lieu de se redresser comme l'aurait fait n'importe quoi, il s'allongea, comme s'il désirait mesurer la température du sol avec son corps.

En fait, ce qui l'intéressait, c'était le plafond.
C'était parfait. Les idiots l'oubliaient toujours, mais c'est toujours allongé sur le sol que l'on observe mieux les plafonds…
Iago poussa un soupire de contentement… Un Titien, rien de moins… Les Adorasti méritaient leurs réputations de mécènes… Une allégorie de la danse. C'était parfaitement approprié.
Couleur, texture, mouvement… c'était du grand art.
Il continua son observation esthétique du plafond en attendant qu'Elio ait fini de remplir sa corvée conjugale, dont il entendait quelques échos lointains.
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti
Elio Lacryma Adorasti

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 7 Sep - 22:01

[Appartements du Prince - Bureau]

Sur le seuil de la porte, Elio observa son ami briser les bibelots et se demanda pourquoi il n'avait pas fait déménager ces horreurs plus tôt. Il songea au plaisir qu'il aurait à en encombrer l'élégant palais familial de Florence et au dépit qu'éprouverait son père à les recevoir.
Un sourire amusé étira les lèvres du Prince quand Iago s'étendit sur le sol pour admirer le plafond à son aise. Ainsi, il n'avait rien perdu de son anti-conformisme ni de son mépris des convenances
.

"J'ai cru un moment que tu finirais par jeter toute la maison dans le canal. Je suis heureux que tu te sois arrêté là, encore que.."

S'approchant de la cheminée, il saisit un petit mouton et le tourna entre ses doigts avec une petite moue.

".. cela eut été salutaire pour le patrimoine artistique de ma famille."

Il reposa la babiole et croisa les bras.

"Pardonne moi de t'avoir abandonné si longtemps, j'ai dû régler une affaire pénible. Tu ne connais pas ton bonheur d'avoir échappé au mariage. Cela n'apporte que contrariétés. Bianca.. mon épouse.. est fort jolie. Et vois-tu, il n'y rien d'autre à dire pour la définir. N'est-ce pas malheureux que de ne pouvoir être décrit que par son aspect comme une belle boite vide ? Ma foi, on me menacerait des pires maux que je ne saurais en dire plus la concernant. J'en suis presque à souhaiter qu'elle prenne un amant. Un de ses barbons aimant la jeunesse qui l'enseignerait m'épargnant ainsi le déplaisir de cotoyer une sotte. Tu feras sa connaissance tôt où tard, et connaissant la tendresse de ton esprit, je ne doute pas un instant que tu l'apprécies."

Un sourire moqueur éclaira les yeux d'ambre posés sur l'homme couché.

"Redresse-toi à présent, je jouis d'une telle réputation de cruauté auprès de mon entourage, que si un domestique entrait à l'instant il penserait tout naturellement que je t'ai assassiné."


Dernière édition par le Jeu 20 Oct - 23:10, édité 1 fois
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