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 La Salle de Bal

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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
Iago degli Albizzi

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 8 Sep - 2:12

Iago s'était vaguement redressé sur les coudes lorsqu'Elio était entré dans la pièce. Il écoutait avec une attention amusée, hochant la tête doctement lorsque Elio parlait du caractère bénéfique de jeter le contenu non-artistique de la maison par la fenêtre.

En revanche, c'est un air plutôt provocateur qu'il afficha lorsqu'Elio lui proposa de se relever.


"Oh, tu as cette réputation ? Et bien, qu'ils continuent tous à penser ainsi, qu'ils entrent et me croient assassiné, tant pis ! Je me relèverai en poussant un râle et on te prendra pour un grand "perpétrateur" de miracle... Pour l'instant, j'admire le plafond.
Est-ce que tu l'as déjà regardé attentivement ? Il en vaut la peine tu sais."

Retournant à la position parfaitement allongée, il tapota le sol à côté de lui pour inviter Elio à s'installer.

"Viens donc essayer la dureté de tes sols... La position allongée est la meilleur au monde, il n'y a aucune raison de se fatiguer à rester debout. D'autant qu'on est obligé de se tordre le cou pour regarder les plafonds. Peindre un plafond est une idiotie, (tu regarderas ce soir, personne, jamais, ne regarde les plafonds) mais enfin, il est trop tard maintenant."

Iago resta une fraction de seconde silencieux à regarder le plafond comme pour chercher ce qu'il allait en dire en attendant qu'Elio finisse de s'étendre.

"Bon, bien sûr, ce plafond ressemble un peu à ton épouse. Je veux dire que ce n'est que du Tintoret, n'est-ce pas. C'est fort joli, mais ça ne prête pas à conséquence.
Cette main, là, est très mal faite. Mais enfin, les yeux de la muse ne sont pas trop mal. Quoique, l'un est un peu plus grand que l'autre. Mais la couleur du drapé est jolie. Ce serait réussi s'il n'y avait pas ce bleu juste à côté. Bien sûr, ce bleu là, gâche tout, mais on ne peut pas attendre mieux d'un peintre teinturier."

Il jetait de temps en temps un coup d'oeil à Elio comme pour vérifier que ses élucubrations (qu'il jugeait fort juste pourtant) ne dépassait pas les bornes du supportable.

"Non, l'ensemble n'est pas mal. C'est enlevé, on voit le mouvement de la danse.
Mais justement. Quel manque d'originalité dans le sujet et dans la réalisation ! Franchement mettre des petits arlequins sur les côtés... d'un ridicule consommé. Si encore il n'y avait pas ce petit chien frétillant sur le devant, mais non, il ne nous épargne pas.

Non, en fait, ce tableau est franchement raté. Il est mauvais. Il est creux. Comme ton épouse."

Il s'arrêta et fronça les sourcils, comme pour essayer de mesurer la valeur de sa comparaison. Et repartit d'un trait, de son ton ironique et dégagé, abattant avec joyeuseté tout ce qu'il lui plaisait d'abattre.

"Comme ton épouse, mais avec l'avantage indéniable que tu n'es pas marié avec ce plafond.
Tu sais ce que je pense du mariage, n'est-ce pas ? tu te doute bien que si je ne suis pas marié (et espère bien échapper éternellement à ce supplice annonciateur des tortures de l'enfer) c'est parce que je n'en ai pas envie.
Devoir passer sa vie attaché à un être avec lequel, forcément, on ne s'entendra jamais ! Et cela est un fait certain : il est impossible de s'entendre avec son épouse. D'abord parce que c'est une femme et que les femmes sont incapables de la moindre sincérité, surtout en croyant bien faire elles mentent de façon éhontée, ensuite parce que de toutes les façons à partir du moment où l'on est lié à quelqu'un on perd toute chance de garder de l'estime l'un pour l'autre. C'est plutôt rassurant en fin de compte. En même temps, si on pouvait se débarrasser de son épouse, qui ne le ferait pas ? Des idiots, bien sûr. Il faut toujours se débarrasser de ce dont on peut se débarrasser. Sauf si cela en vaut vraiment la peine.
Bref, débarrasse-toi au plus vite de ce plafond.

Quand même, le petit personnage derrière est un joli morceau de peinture... Il faudrait peut-être découper ce tableau...
Quel dommage qu'on ne puisse pas découper son épouse. Enfin, c'est ainsi.
Et regarde ces affreuses dorures ! Incroyable le mauvais goût de cette époque. Et le mauvais goût de la notre n'est pas en reste non plus, mais c'est autre chose. C'est encore plus répugnant, et on ne peut plus lui accorder la grâce de la jeunesse.

Je crains qu'elle n'en prenne jamais. D'amant, ton épouse, je veux dire. Dommage. Tu ne pourras pas créer de beau scandale. Tant pis.
Il faudra que tu vives avec elle. Toute ta vie. Et que tu la détestes, toute ta vie, et fasses semblant, toute ta vie, de l'aimer pour toute ta vie. Un masque merveilleux. C'est la joie du mariage que d'être l'hypocrisie sociale la plus réussie."

Sa voix était soudainement devenue beaucoup plus amère sur la fin. Il s'arrêta un instant et tourna la tête vers Elio avant de reprendre, d'une voix beaucoup plus grave, avec quelque chose de désespéré dedans.

"Je n'aime pas ça, Elio. Je n'aime pas ça.
J'espère...
J'espère que vous n'aurez jamais d'enfant."
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti
Elio Lacryma Adorasti

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 14 Sep - 19:59

Ayant rejoint son ami sur le sol, Elio tourna la tête vers lui et l'observa un instant en silence. Puis il ferma les yeux et sourit.

"Cessons sur ce facheux sujet. D'autant plus que j'ai mieux à t'offrir."

Un regard sur le côté, ambre luisant de malice.

"Sais-tu que parmi la collection d'hôtes improbables que je loge ici se trouvent, outre mon cousin Lazarro dont tu connais peut-être la réputation de coquin, un de mes amis qui s'offre le luxe d'être philosophe et humaniste alors que sa fortune lui vient d'un commerce florissant de bois d'ébène ? C'est un homme dont tu prendras plaisir à retourner les idées pour en faire ressortir les incohérences, j'en suis tout à fait persuadé. Tu feras sans doute sa connaissance ce soir, Basileo Valcarenghi ce nom t'est peut-être connu.."

Une ride soucieuse barra son front.

"J'ai malheureusement le désavantage d'accueillir un autre personnage dont la présence m'est beaucoup moins agréable. Luciano di Lorio. L'âme damnée de mon père. Tu te souviens te lui, sans nul doute. Il cherche tout ce qu'il est possible de porter à mon discrédit et le rapporte le plus fidèlement du monde à Florence. Comme tu vois, rien ne change vraiment, les années ne font rien à l'affaire."
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 14 Sep - 22:00

[Grand Hall]

Gabriella avait enfin localisé le Prince. Pour le coup, elle s'était bien réchauffée à arpenter les couloirs du palais et se présenta enfin devant la salle de bal. Elle put y entendre la voix de monsieur Albizzi ce qui la fit soupirer légèrement.

Elle frappa tout de même à la porte et entra. Elle resta quelques secondes interdite alors qu'elle ne voyait personne dans la pièce. Elle avait pourtant bien entendu la voix des deux hommes. Un bruissement d'étoffe sur le sol lui fit baisser les yeux et sa stupéfaction se prolongea quelque peu. Les deux hommes étaient allongés par terre.


"Monseigneur ? Tout va bien...?"

La surprise lui fit oublier pendant un bref instant ce pour quoi elle était venue retrouver le Prince.
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 15 Sep - 0:09

Lorsque Gabriella entra dans la pièce, Iago allait répondre quelque chose de bien senti sur le compte de Luciano di Lorio (et il l'aurait peut-être dit, malgré cette interruption, s'il avait su que Luciano était juste derrière la porte entrain de les espionner...).
Il s'était, pour se faire, relevé sur un coude, la tête appuyé sur la main. Il surplombait ainsi légèrement Elio, ce qui lui permettait de bien voir son visage, et de bien montrer le sien. Iago aimait qu'on le regarde quand il parlait, et adorait regarder ceux à qui il parlait.

Il resta ainsi lorsque Gabriella entra, et ne fit que tourner légèrement la tête vers elle pour lui lancer un grand sourire légèrement ironique.


"Sans doute un peu moins bien depuis que vous êtes là..."

Il fronça légèrement les sourcils, inclinant sa tête sur le côté, à la manière d'un oiseau, autant du moins, que la position de la tête sur la main le permettait.

"Ce n'est pas la première fois que je dis cela aujourd'hui..."

Il termina en regardant de nouveau Gabriella.

"Les gens ont de nos jours cette agaçante manie de surgir sans prévenir au moment où on les souhaite le moins, où on désire le moins leur présence... "
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 15 Sep - 19:30

Elio se redressa à son tour sur les coudes et surprit le regard interloqué de la jeune servante.
Il sourit, amusé
.

"Eh bien, Gabriella, n'avez vous donc jamais vous même admiré ce merveilleux plafond ? Il est vrai que la position que nous avons choisie pour le faire n'est pas de celles qu'adoptent naturellement les jeunes filles bien éduquées. Mais par Dieu, cessez de nous regarder avec un tel air de remontrances, vous donnez le sentiment que nous allons être privés de dessert pour notre conduite inconvenante."

Il se releva cependant et tendit la main à son ami pour l'aider à se mettre sur ses pieds.

"Mon cher Iago, les femmes ne comprennent rien des plaisirs de la vie."

Puis il se tourna à nouveau vers Gabriella.

"Avez vous mené à bien la mission que je vous ai confiée ? Vous pouvez parler sans crainte devant mon ami, j'ai une totale confiance en lui."
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 15 Sep - 21:31

Gabriella tourna les yeux vers Iago lorsqu'il commença à parler. Elle aurait bien profité qu'il était par terre pour le piétiner, mais devant le Prince, ça n'aurait pas été très correct. Et puis de toute manière ce qu'il disait était faux, le Prince était toujours content lorsqu'elle venait le voir, c'était tellement évident ! Elle se contenta de froncer les sourcils et de répliquer.

"Vous feriez mieux de ne pas parler sans savoir !" dit-elle simplement, se retenant de ne pas exploser.

Son expression redevint normale lorsque le Prince lui parla. Elle le regarda un peu surprise de ses paroles avant de lever les yeux vers le plafond, se demandant ce qu'il avait de si extraordinaire.

Sa question la fit redescendre sur terre et elle répondit fièrement.
"Oui Monseigneur, j'ai tout fait selon vos désirs." Elle sortit la petite bourse de cuir pour la montrer à Elio. Gabriella jetta un coup d'oeil à Iago. Elle n'avait pas vraiment confiance en lui mais elle ne contesta pas les ordres du Prince et poursuivit ses explications.

*J'aurais préféré un tête à tête avec le Prince quand même...* pensa-t-elle en soupirant.

"Elle contient un petit cube qui se dissout facilement dans le thé." Elle fit la moue et ajouta. "J'ai fait de mon mieux pour être discrète mais le négociant m'a posé beaucoup de questions pour doser au mieux le produit, je suis restée assez évasive. Par contre, il n'a pas voulu que je le paye dans l'immédiat et j'ai dû signer un billet à ordre. Ce n'est pas tout... que dois-je faire s'il me reconnaît ? Il saura que je suis à votre service et alors il n'y aura plus de secret..." Gabriella avait vraiment l'air ennuyée.
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
Iago degli Albizzi

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 15 Sep - 23:54

Iago avait murmuré quelque chose d'inaudible concernant les jeunes filles bien éduquées et les tapis avant d'attraper la main d'Elio et de se lever dans un mouvement élégant.

Il commençait à s'épousseter, pensant s'éloigner plus loin, lorsque que quelque chose dans l'air de Gabriella le retint sur place. Quelque chose comme... de l'adoration ? Tout d'un coup lui revint en mémoire la scène du matin, et il se mit à la regarder avec un sourire curieux. Il s'amusait tellement, qu'il faillit poser un coude sur l'épaule d'Elio afin de s'appuyer contre lui.

Il se retint de justesse, et resta à côté en se frottant le menton. Il ne prêtait pas une grande attention aux paroles de Gabriella, mais plutôt à sa manière de parler.

Seulement, une accumulation de mot louche arriva à son oreille : "dissout, discrète, doser, produit, secret..." Distrait de son observation, il haussa un sourcil et se tourna vers Elio.


"Tu sais qu'un cadavre dans sa maison, même mort d'une crise cardiaque absolument évidente, cela ne fait jamais propre ? et lorsqu'on ne connaît pas absolument bien le médecin, cela peut devenir plutôt ennuyeux ?"

Il disait cela avec un air rieur, sachant parfaitement bien qu'Elio n'était pas le genre de personne à tomber dans ce genre de piège de débutant.
C'est presque sans y penser qu'il le disait, de même que c'était sans y penser, comme par réflexe, que ses mains réarrangeait le nœud de dentelles du jabot d'Elio.
L'habitude.
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Lun 19 Sep - 1:44

Elio écouta en silence les explications de la jeune servante puis fronça imperceptiblement les sourcils, cependant la joie qu'il éprouvait à être en présence de son ami empêcha qu'il ne prenne l'affaire trop au tragique.

"Un billet à ordre. Ceci est bien ennuyeux. Je vous avais remis une bourse afin de payer les services de cet homme sans laisser de traces. Vous avez été maladroite, jeune fille, et le secret de cette transaction me parait bien éventé. "

Il inclina la tête.

"Allons cela n'est rien, les facheux ne peuvent nous reprocher d'avoir à coeur les nerfs fragiles d'un parent, n'est-ce pas. Nous prendrons de bonne heure un souper léger et je monterai moi-même à sa Grâce un plateau que vous préparerez avec le soin qu'il faudra. Une assiette de ce velouté d'asperge dont vous avez le secret l'enchantera j'en suis sûr et je gage qu'elle se sentira de meilleure humeur ensuite."

Il posa ensuite les yeux sur le visage amusé de Iago qui avait terminé d'arranger son jabot.

"Suis-je assez bien mis à présent ? Veux-tu partager mon diner ou dois-tu te rendre là-bas avant la soirée ?"

Il ne prononça pas le nom de la Maison pour tenter de minimiser l'absurdité de la situation et rendre moins pénible l'idée que son ami de toujours soit à présent logé par la famille honnie.
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 20 Sep - 0:18

Gabriella sursauta quand Iago parla de cadavre. Toute à sa concentration pour expliquer au mieux l'affaire au Prince, elle en avait presque oublier la présence du gentilhomme. Elle le regarda arranger le noeud du jabot d'Elio et ses cheveux sur sa nuque se hérissèrent de colère. Parce que d'une part, c'était une chose qu'elle aurait aimé faire elle-même mais qu'elle n'aurait pas osé, et d'autre part, parce qu'arranger un détail vestimentaire du Prince signifiait qu'il ne savait pas le faire correctement lui-même, ce qui était, de façon détournée, une insulte.

La voix d'Elio la sortit de ses pensées noires. Ses sourcils froncés se décontractèrent alors mais sa bouche se plissa dans un rictus de gêne. Le Prince venait de lui dire qu'elle avait été maladroite dans cette mission. En fait, il ne faisait que confirmer ses doutes.


"Mais Monseigneur.. il a insisté pour que je ne paye pas..." tenta-t-elle la voix enrouée par le manque d'excuse. Il est vrai qu'elle aurait pu elle aussi de son côté insister d'avantage auprès du négociant.

Elle releva les yeux vers Elio lorsque celui-ci ajouta que ce n'était pas grave et lui expliqua la suite des évènements. Elle comprit le message et s'inclina gracieusement.
"J'y vais tout de suite Monseigneur."

Elle jetta un bref regard à Iago avant de sortir de la pièce et refermer la porte de la Salle de Bal sans bruit.

[Les communs]
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
Iago degli Albizzi

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 5 Oct - 23:39

Iago attendit que Gabriella soit sortie pour se retourner vers Elio, un grand sourire au lèvre.

"Tu es parfait, rien à redire."

Il recula d'un pas comme pour mieux examiner la tenue d'Elio. Bien sûr, la partie critique de son esprit lui disait que le terme parfait ne convenait pas, parce que personne n'est parfait, et que quelqu'un de parfait est quelqu'un d'absolument insupportable. Mais en même temps, c'était vraiment l'adjectif qui pour le moment rendait le mieux compte de son sentiment. Si Elio n'avait pas été tel qu'il était, Iago n'aurait supporter au monde plus qu'une seule personne.

Son observation n'avait duré qu'une fraction de seconde, déjà, il s'approchait de nouveau d'Elio et posait les mains sur les épaules de celui-ci.


"Je suis tellement content de te revoir ! Avant, l'idée de ne pas savoir où tu étais, ce que tu devenais... C'était terrible, désagréable, immonde. Tu sais, un sentiment affreux, quelque chose qui manque, un fil qui essaye de te tirer dans la direction opposée à celle que tu dois prendre. Maintenant..."

A ce moment, Iago se raidit légèrement et lâcha les épaules d'Elio pour pencher la tête sur le côté. Quelque part, pas très loin, une église annonçait d'une cloche grave que la sixième heure de l'après-midi commençait.
Iago fronça les sourcils, comptant chaque battement, et sourit avec dérision.


"Maintenant il va falloir que je m'en aille. J'ai un respect immense pour les horloges et les cloches (un jour je t'expliquerai) mais parfois elles sont ennuyeuses. Temps impitoyable.
Je vais donc retourner chez ce cher Ugo... C'est relativement absurde cette situation, n'est-ce pas ? Enfin, ce n'est pas vraiment comme si notre relation avait toujours reçu une bénédiction officielle…"

Il attrapa subitement la main d'Elio comme pour s'assurer de sa réalité physique.

"Tu ne disparaîtras pas, n'est-ce pas ? Et moi, je ne disparaîtrai pas non plus. Et donc, tout ira bien. Et peu importe tout ce qui se passera, tout ce qui voudra nous embêter. Au diable le reste du monde."

Iago souriait, l'air vraiment amusé. La situation était absurde certes, mais elle ne lui plaisait que plus. N'était-ce pas une preuve de plus qu'il avait raison de mépriser ce monde stupide ? Alors, la petite pointe d'angoisse, d'inquiétude et, à dire franchement, la peur, qu'il ressentait au fond de lui, il ne pouvait que l'ignorer, n'est-ce pas ?
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti
Luciano di Lorio

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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 6 Oct - 2:31

[Le Couloir menant à la Salle de Bal]

« Mais à quels touchants adieux pouvez-vous livrer lorsque l’envie vous en prend, Monsieur degli Albizzi, s'exclama Luciano en entrant dans la vaste salle. Qui aurait cru que ‘la terreur des salons’ puisse faire preuve d’autant d’amitié envers une autre créature de Dieu? Vous arrivez presque à émouvoir mon cœur de vieil homme qui, pourtant, a souvent pu voir votre brillante éloquence à l’œuvre. »

Il prit une pause pour prendre le temps de détailler les deux jeunes hommes. Il arrivait à les revoir enfants, dans cette même position, avec cette parfaite harmonie entre eux, intacte, immuable. Le temps n'avait rien pu y faire ; les épreuves, plutôt que de l'altérer, l'avaient renforcée. Même si on avait souvent tenté de les séparer, toujours s’étaient-ils retrouvés. C’était bien fâcheux. Tout était toujours à refaire avec ces deux jeunes gens si obstinés à ne point lâcher prise de l'un et de l'autre. Ils n’apprenaient jamais vraiment leur leçon, il fallait qu’à chaque fois elle se fasse plus dure… tout ça, jusqu’au jour ou ils se retrancheraient dans leur propre solitude, dégoûté par l'humanité au point qu'ils ne souhaiteraient la compagnie de quiconque. La tâche de l’aristocrate était justement d’œuvrer pour que ce fameux jour survienne le plus tôt possible.

« Rien ne change vraiment, n’est-ce pas? Les années ne font rien à l’affaire, » déclara-t-il, répétant sciemment les paroles d’Elio.

Luciano s’avança plus près, plissant des yeux en dévisageant Iago. Oui, rien ne changeait vraiment. Quelques années s’étaient écoulées depuis la dernière fois que le noble avait pu poser les yeux sur son cadet mais, si son visage avait gagné en maturité, il conservait ce magnétisme qui lui était caractéristique.


« Je constate que vos aventures carcérales n’ont point altérées votre physique, Monsieur degli Albizzi. C’est ce cher Duc de Naples qui m’a si chaleureusement vanté vos mérites. Un prisonnier exemplaire, à ce qu'il m'a raconté. On m’a dit que ses geôles étaient absolument charmantes… mais j’imagine que ceci, vous avez pu le découvrir par vous-même, n’est-ce pas? Une malencontreuse histoire de tisonnier, à ce que j’ai pu en comprendre? Il est étonnant de constater comme les gentilshommes de la meilleure éducation peuvent être avilis par des actes de bassesse, de nos jours… Nul n'est à l'abri de l'opprobre, semblerait-il. »

Un sourire étira lentement ses lèvres, découvrant une rangée de dents parfaites. Ses mains se joignirent dans un geste conciliateur alors qu'il énonçait lentement:

« Et maintenant vous voilà à Venise. Quelle agréable surprise que nous soyons tous réunis sous ce même toit aujourd’hui. La joie que je ressens à nous revoir tous réunis de nouveau ne peut être exprimée avec les mots justes. »

Si ses paroles étaient tout à fait courtoises, voire même accueillantes, on lisait dans toute sa physionomie qu’il pensait exactement le contraire de ce qu’il affirmait si galamment.


« Ne manquerait que votre honorable père, ne croyez-vous pas, mon Prince? s'enquit-il, s'adressant à Elio. Je suis certain que de telles retrouvailles lui aurait également fait le plus grand plaisir. »
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 11 Oct - 23:10

Un sourire tendre adoucit les traits fins du visage du Prince tandis que Iago prenait sa main.
Ainsi, rien n'était perdu de l'ancienne complicité.
Il se sentait si calme et à sa place en la présence de son ami de toujours qu'il se demandait comment il avait survécu à une si longue séparation.
Toutes ces années de doute, de vide et de non-sens semblaient se dissoudre dans un lointain irréel et brumeux
.

"Viendras-tu tout de même à cet amusement que je donne ce soir ? Ensuite si tu le veux, je te montrerai la Venise étrange et parfumée d'Orient, celle qui se joue de tout sous les masques brodés aux regards de velours et.."

Le panneau tendu de soie de la porte lentement ouverte l'interrompit alors et il se retourna vivement, la contrariété peinte sur le visage.
Ses yeux s'étrécirent quand il vit Luciano entrer dans la pièce et son regard d'ambre étincela d'un feu couvant.
Sans un mouvement, sans meme le moindre battement de cils, il écouta la tirade que l'homme adressait à Iago, puis à eux deux.
Puis, quand le silence se fit, qu'il laissa s'allanguir quelques longues secondes, il prit la parole de sa voix mesurée et calme, au timbre bas comme un ciel d'orage
.

"Monsieur di Lorio, il semblerait à vous entendre que cette maison soit vôtre et que vous ayez mot à dire sur les personnes qui y sont reçues. Or, ne vous déplaise, cela n'est pas le cas. Vous êtes ici chez moi, et non comme il vous plairait de le croire, chez mon père, lequel ne régente pas ma vie ni celle de ceux que je choisis pour mon entourage. Je vous reçois ici avec les honneurs dûs aux liens qui vous unissent à ma famille et non par une quelconque amitié que je vous porterais. Aussi, je vous serais infiniment gré de bien vouloir ne pas tenir de propos visant à mettre mes hôtes mal à l'aise, ainsi que l'exige la plus élémentaire des corrections. Sachez enfin, Monsieur di Lorio, que quoi qu'en pense mon illustre famille florentine, je vous demanderais de quitter les lieux aussi promptement que vous les avez investis si votre attitude me dérange.."

Un sourire glacé étira les lèvres pales du Prince.

".. Ce qui, je vous l'assure, n'est pas loin d'être le cas."
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 13 Oct - 23:03

Iago avait toujours une très forte admiration pour l'admirable façon qu'Elio avait de rappeler que c'était lui le Maître.
Il avait cette aisance froide, cette assurance inébranlable, cette majesté incontestable... Oui, Elio était un homme qui avait du pouvoir, beaucoup de pouvoir, et qui le savait.

Mais surtout, plus que tout cela, il avait cette honnêteté, cette droiture, qui donnait à chacune de ses paroles une portée considérable.
Certains tempêtent, menacent. On rit. Ils sont ridicules, minables, pathétiques.
Elio n'avait qu'un mot à dire. Toute réplique mourrait. Toute rébellion cessait. Un mot d'Elio était une vérité indubitable. La personne qui l'entendrait dire "tu es mort", toute vivante qu'elle soit à ce moment là, pouvait considérer être déjà dans la tombe.

C'était une maîtrise du pouvoir, de la puissance, digne des plus grands Princes. Qui d'autre aurait été capable d'une aussi grande clarté dans la parole (dire aussi limpidement qu'on ne porte pas d'amitié à une personne comme di Lorio), d'une telle charge de menace dans le ton (sa voix semblait aussi noire qu'un ciel avant la pluie), tout en restant dans la simple et froide constatation des faits ? Ni agression, ni énervement, mais l'exposition claire des risques encourus.
C'était beau et Iago admirait.

Bien sûr, il aurait pu répondre lui-même au "vieux di Lorio", il était parfaitement capable de se défendre seul. Mais rien n'aurait été pareil. Il aurait pu blesser, mais pas faire naître ce sentiment de crainte du châtiment divin. Elio avait cet air olympien d'un Dieu tout puissant.

Iago se retint même de siffler d'admiration à la fin des paroles d'Elio. Pour ne pas briser cela. Toutes les paroles cinglantes que son tempérament plus passionné avait fait naître dans son esprit, il les garda pour lui. Il ne servait à rien de gaspiller ses flèches.
Il se tourna donc simplement vers Elio, presque comme si Luciano n'était jamais entré.


"Je viendrai ce soir, ne t'inquiète pas, je ne manquerai ça pour rien au monde... Je te promets même de me tenir le mieux possible. Tu n'auras pas à me jeter à la porte. Oh et puis même, ne te gêne pas pour le faire si je deviens insupportable. Je visiterai ainsi les prisons de Venise, et comme ça, je pourrai vous faire une étude comparative..."

Il avait dit la fin en se tournant vers Luciano, un sourire ironique aux lèvres.
D'ailleurs, c'est vers son aîné, (celui qu'il appelait "le vieux Luciano" et qui pourtant ne semblait pas être plus âgé que lui, et que certains pourraient même prendre pour son cadet) qu'il se tourna complètement. Il avait entre temps récupéré son chapeau, et fit un grand mouvement avec, sorte de révérence ironique et dérisoire, destinée à Luciano.


"Et bien, Monseigneur di Lorio, au plaisir de vous desservire..."

Puis, son chapeau sur la tête, il regarda Elio, sourit.

"Au revoir, Ami."

Et après une parodie de salut militaire (contrairement à ce que pouvait suggérer Luciano, la sensiblerie n'était pas son fort, et dire au revoir était une des choses qu'il ne savait pas faire) il se dirigea vers la sortie.

Là, il s'arrêta et se retourna rapidement. Luciano lui tournait le dos. Brusquement, il mima une comédienne célèbre de Venise qui envoyait un baiser à ses "protecteurs" dans l'audience à la fin de chaque spectacle. Alors qu'il prenait une posture fière et assurée, ses doigts touchèrent ses lèvres avant de s'envoler dans la direction d'Elio, accompagnés d'un clin d'œil.
Cela avait duré une fraction de seconde, et déjà, il s'enfuyait en riant.


[Ca Grazziano]
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 20 Oct - 2:23

Durant tout le discours d’Elio, Luciano afficha le calme et la supériorité du parent écoutant les jérémiades d’un enfant par trop capricieux, attendant que se passe la crise pour ensuite reprendre le contrôle de la situation. Il n’avait pas manqué de remarquer le déplaisir qu’avait ressenti le jeune homme à sa vue et s’en était délecté. Il n’y avait rien de comparable à l’intense satisfaction que lui procurait l’expression de mécontentement couvert du Prince. Le noble s’était fixé l’objectif de faire fondre la glace dans laquelle s’était emmuré le garçon jusqu’à ce qu’il se retrouve à nu, départi de son armure, totalement sans défense. Alors, il laisserait à Andrea le privilège de briser sa progéniture, comme il aurait déjà dû le faire depuis bien longtemps. Bien entendu, la tâche ne serait pas aisée, mais la patience de l’aristocrate était à toute épreuve… surtout lorsqu’il s’agissait d’Elio.

De sa voix faussement déférente, il énonça lentement :


"Nulle n’était mon intention que d’offusquer vos hôtes ou Vous-même de par mes propos, mon Prince. Mes paroles n’étaient que celles de l’homme ému de retrouver sous le même toit – le vôtre, comme vous l’avez si bien souligné – des visages familiers, qui furent chéris par le passé et continuent de l’être, encore aujourd’hui."

Un nouveau sourire étira sa bouches aux plis cruels.

"Je vous prierais à mon tour de ne point parler en mal de votre infortuné père qui serait fort peiné d’apprendre que vous le portez si peu en votre cœur… et qui serait d’autant plus peiné que vous renvoyiez à lui celui qu’il a envoyé près de vous, en tant qu’émissaire et représentant de sa noble personne. Ceci, dans le but touchant et si paternel, que de ne pas perdre de vue son fils, si éloigné de lui. Vous ne voudriez tout de même pas priver votre père du bonheur de recevoir des nouvelles de la chair de sa chair. Il est si heureux que je lui rapporte la félicité que vous retirez de vos épousailles avec la Princesse di’Grazziano. C’est après tout lui qui a orchestré l’alliance entre vos deux familles, de façon à ce que vous connaissiez, vous aussi, les douceurs de l’amour. Dieu seul sait ô combien il fut lui-même comblé par les joies du foyer..."

Cette fois-ci, ses lèvres ne tentaient même pas de camoufler l'hypocrisie de ces paroles.

Luciano suivit Iago des yeux lorsque celui-ci prit son congé. Il était dommage que le jeune homme parte aussitôt, mais à présent qu'il se trouvait à Venise, il serait un jeu d'enfants que de provoquer une rencontre de toute apparence hasardeuse avec lui.


"Il me tarde également de vous revoir, Monsieur degli Albizzi."

Il reporta presque aussitôt son attention sur le jeune Prince Adorasti, ce qui l'empêcha de voir les simagrées du gentilhomme derrière lui.
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 20 Oct - 11:31

[Cuisines]

Quelques coups furent frappés à la grande porte de la salle de bal et Gabriella entra dans la pièce silencieusement. Elle avait laissé le plateau avec l'assiette de potage sur une petite table du couloir.

Elle fit quelques pas dans la pièce et regarda Luciano, se retenant de faire la grimace, avant de porter son attention sur le Prince Elio.


"Monseigneur... votre potage est prêt." Elle regarda fixement le Prince, pour tenter de lui faire comprendre qu'elle n'avait rien oublié de mettre dans le potage.

C'était un peu ennuyeux que cet homme détestable soit lui aussi dans la pièce, ce qui l'empêchait de donner de plus amples informations. De plus,elle avait peur qu'il se demande pourquoi le Prince allait lui-même porter la soupe à sa femme et ne pas confier cette tâche à un domestique.
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 20 Oct - 22:36

Elio eut un battement de paupières imperceptible que Iago et lui employaient depuis l'enfance en signe de complicité.
Puis, quand son ami fut sorti, il reporta son attention sur Luciano et le laissa parler, lisant entre les mots toute la haine qu'ils portaient.

Quand l'homme eut terminé, il fit quelques pas dans la pièce, et arrivé devant la cheminée repoussa du bout du pied les débris de la porcelaine brisée
.

"Il serait fort inconvenant que je vous laisse entendre combien vos émotions ou vos sentiments me sont indifférents, n'est-ce pas, Monsieur di Lorio. Quant à mon père, il n'est nul besoin de mimer un quelconque jeu. Lui comme moi, avons tout à fait conscience de nos sentiments réciproques."

La petite tête bouclée du biscuit cassé craqua sous le talon du Prince.

"En ce qui concerne les nouvelles que vous lui faites parvenir, je ne doute pas que votre prose soit fort intéressante mais voyez vous, je n'ai cure de ce que vous pouvez bien rapporter. Ne me croyez pas naïf, Monsieur di Lorio, je connais votre aversion à mon encontre et le but de votre séjour dans ma maison."

Se tournant tout à fait pour faire face à son interlocuteur, il sourit.

"La félicité de mon mariage vous remplirait d'horreur si vous y croyiez un seul instant, mais vous êtes au fait de tout ici aussi cessez ce jeu ridicule des fausses apparences."

Deux coups frappés à la porte, suivis de l'entrée discrête de Gabriella l'interrompirent. Il eut un hochement de tête poli et son sourire se fit ironique.

"J'ai l'obligation de vous laisser à vos reflexions à présent, car voyez-vous, je dois justement visiter la tendre épouse que mon cher père m'a si aimablement donnée. J'imagine que vous serez présent ce soir, oui naturellement, il serait tout à fait inimaginable que vous ne preniez pas part à un tel défilé d'inutiles venus dans l'espoir de glaner toutes les rumeurs nouvelles. Sa Grâce et moi-même dinerons en privé. Mais je ne doute pas que vous trouviez quelqu'un dans cette maison qui soit suffisamment affamé pour partager votre repas."

Après une inclinaison polie du buste, Elio fit signe à Gabriella de quitter la pièce et la suivit dans le couloir.

[couloir desservant la Salle de Bal]
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 26 Oct - 3:01

Encore une fois, Luciano avait écouté le discours d’Elio sans un mot, gravant chaque mot dans sa mémoire pour ensuite en retranscrire les passages les plus marquants dans ses lettres. Les liens de sang étaient une chose bien étrange, rassemblant et divisant tout aussi bien. C’était Andrea, un Andrea différent de l’originel, soit, mais bel et bien Andrea que voyait l’aristocrate à travers ces gestes et ces sourires, ces piques empoisonnées, mais surtout, ce panache caractéristique aux Adorasti. Quel gâchis que le garçon eut des intérêts si éloignés de ceux de la famille. Quel dommage que son esprit ne fut pas à l’image de celle de son père, malgré tous les efforts de celui-ci pour qu’il soit ainsi.

En entendant des coups frappés à la porte, Luciano fit volte-face pour voir entrer la petite impertinente du début de l’après-midi. Les paroles ourdies plus tôt lui revinrent en tête lorsqu’il remarqua ce qu’elle portait entre ses mains.

" Elle contient un petit cube qui se dissout facilement dans le thé. J'ai fait de mon mieux pour être discrète mais le négociant m'a posé beaucoup de questions pour doser au mieux le produit, je suis restée assez évasive. "

Le noble adressa un sourire entendu à la jeune fille avant de se retourner vers le Prince Adorasti qui s’apprêtait à mettre fin à leur entretien.


« J’assisterai avec plaisir au divertissement donné ce soir, mon Prince, » fit-il simplement en réponse à cette invitation manquant quelque peu aux convenances.

Il n’y avait rien d’autre à ajouter, car déjà Elio avait-il quitté la pièce. Il avait eu le dernier mot… pour cette fois.

Une fois seul avec la domestique, il se dirigea vers la cheminée, à l’endroit même où son interlocuteur s’était tenu, quelques instants plus tôt. Il se pencha sur le sol pour récupérer entre ses doigts un des derniers vestiges de la bergère de porcelaine. Il l’observa un moment, l’air impénétrable, avant de la laisser choir sur le parquet.


« Quelle charmante attention de la part du Prince que d’aller lui-même porter son repas à sa tendre épouse, ne trouvez-vous pas, jeune fille? » s’enquit-il un sourcil relevé, tournant enfin la tête vers elle.
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 26 Oct - 21:45

Gabriella resta silencieuse quand le Prince prit congé de Monsieur Di Lorio mais ruminait intérieurement.

*Tendre épouse... peuh..une dinde c'est tout ! Et lui là.. qui sera là ce soir... on s'en serait bien passé...*

Gabriella hocha la tête au Prince lorsque celui-ci lui fit signe de sortir mais elle se retourna vers Lucinao lorsqu'il se mit à lui parler.

"Oh... heu..oui." dit-elle en tendant le cou fièrement. "Monseigneur est une personne très attentionnée et.. plus respectacble que certaines autres personnes que j'ai croisées ici." A lui de comprendre ou non si cette parole était dirigée contre lui ou non.

Elle sortit de la pièce à petits pas précipités pour ne pas faire attendre le Prince.


[Couloir desservant la Salle de Bal]
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 27 Oct - 22:59

[Couloir desservant les appartements privés]

Gabriella frappa à la porte et entra. Di Lorio était encore là. Elle entra et referma la porte. Entre temps, elle avait demandé à une petite bonne d'aller aider la Princesse à se préparer pour la soirée.

Elle était encore un peu sur son petit nuage à cause des compliments du Prince à son égard lorsqu'elle s'adressa à Luciano.


"Monsieur ? Désirez-vous dîner dans votre suite ou préférez-vous partager un repas léger dans la salle à manger ?"
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Lazarro
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 29 Oct - 7:18

Lazarro avait toujours été pareil à un félin : il était capable de disparaître des jours durant -parfois des années-, pour ne revenir que lorsqu'il sentait qu'il pourrait profiter d'un lit au chaud ou d'un bon repas.
Et là, simple hasard ou intuition? il revint à la demeure des Adorasti et pénètra dans la salle de bal juste à temps pour percevoir une phrase qui, à priori était anodine, mais prenait tout son sens pour quelqu'un comme lui, un coquin, un profiteur.


"Monsieur ? Désirez-vous dîner dans votre suite ou préférez-vous partager un repas léger dans la salle à manger ?"

Le jeune homme ne prit même pas la peine de saluer qu'il se retrouvait devant la jeune femme, le sourire aux lèvres.

"Préparez le diner pour deux personnes", dit-il avec enthousiasme.

Il avait déjà eu le plaisir de croiser la mignonne dans l'appartement de son cousin, mais aurait été incapable de se souvenir de ce qu'il avait bien pu lui dire. C'était toujours comme ça, avec les servantes qu'il séduisait à gauche et à droite, il ne savait plus vraiment ce qu'il disait à qui.
Enfin, celà l'importait peu.
Son regard alla errer du côté de l'autre homme qui était là, comme s'il prenait conscience de sa présence seulement maintenant. Il le dévisagea quelques secondes. Qui était-ce donc? Sûrement un proche de la famille, sans quoi la servante ne se serait pas proposée de lui amener de quoi manger dans sa suite.

Le jeune homme eut l'un de ces sourires si puériles dont il avait le secret, puis se détourna complètement de Luciano. Pour le moment, la seule chose qui importait était son estomac.
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 2 Nov - 3:45

Luciano avait suivi la jeune servante des yeux alors qu’elle allait rejoindre son Prince dans le couloir jouxtant la salle de bal. Cette petite impertinente méritait une bonne leçon d’humilité, qu’on la ramène à sa juste place. Elle était amusante, soit, mais il était encore plus amusant que de contraindre quelqu’un à agir contre sa volonté, d’écraser tout espoir futile et vain orgueil qu’il put toujours avoir comme on le ferait avec un vulgaire insecte. Et c’était exactement ce que représentait pour lui la jeune femme blonde et toute sa caste, rien de plus que des insectes nuisibles dont on pouvait disposer à sa guise. Ceci, il comptait bien le lui faire comprendre d’une façon concrète. Restait qu’à déterminer comment…

L’aristocrate réfléchissait toujours au moyen qu’il pourrait employer pour briser le caractère fougueux de la domestique lorsque celle-ci refit son apparition dans la pièce. Il s’apprêtait à répondre à la question qu’elle lui avait posée, quand un autre le fit à sa place. Le noble se retourna pour faire face au nouveau venu. En posant son regard sur lui, les paroles d’Elio lui revinrent en tête.

" … Basileo Valcarenghi ce nom t'est peut-être connu.."

Impossible que ce jouvenceau fut ce Valcarenghi. Cet homme, selon les dires du Prince Adorasti, était un marchand prospère, un statut qui semblait fort éloigné du garçon se tenant devant lui.

" … outre mon cousin Lazarro dont tu connais peut-être la réputation de coquin … "

Voilà qui seyait mieux à cette voix claire, cette taille réduite, ce charme et cette énergie inhérents à la jeunesse… et surtout, ce manque total d’étiquette. Ainsi, c’était donc de lui que parlait Elio en termes si élogieux. Un sourire vint aux lèvres de Luciano. Les libertins étaient des personnages intéressants ; si on s’y prenait assez finement pour les garder en contrôle en leur donnant ce qu'ils désiraient, on pouvait les amener à faire de tels ravages dans une maisonnée… en particulier chez les domestiques. Son sourire mesquin s’élargit.


« Je prendrai mon dîner avec Monsieur ci-présent, » déclara l’homme en s’avançant vers la domestique.

S’arrêtant à sa hauteur, il lui souffla à l’oreille :


« Courrez rejoindre votre Prince, à présent, mon enfant. Je suis certain qu’il vous tarde de le rejoindre et je ne souhaiterais point vous retenir trop longtemps loin de sa si douce personne… Ne manquez seulement pas de saluer pour moi sa chère épouse qui, elle aussi, j’en suis sûr, se languit de sa princière présence. »

Se désintéressant tout à fait de la servante, il s'adressa au nouvel arrivant avec une courtoisie où pointait une note de reproche:

« Monsieur, je ne crois pas avoir eu le plaisir de faire votre connaissance... »
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 2 Nov - 15:44

Gabriella n'avait pas entendu Lazarro entrer dans la salle et fut donc surprise quand il se retrouva devant elle en demandant lui aussi un repas. Elle avait déjà vu cet homme au palais, oui elle l'avait déjà croisé ; il s'agissait de Lazarro Montero Adorasti, le cousin du prince.

*L'est beaucoup moins beau que le prince Elio...*

La voix de Luciano la tira de ses pensées et elle répondit. "Très bien, dans ce cas veuillez vous avancer vers la Salle à Manger, un repas vous sera servi dans quelques instants."

Gabriella regarda Di Lorio s'approcher d'elle. Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Elle écouta ce qu'il lui soufflait à l'oreille. Elle n'était pas sûre de comprendre ses allusions par raport au prince et elle qui avait hâte de le rejoindre. Bien sûr qu'il lui tardait de retourner auprès d'Elio, elle ne l'avait jamais caché. Après tout, Gabriella avait autant d'estime pour le prince que lui en avait pour elle ! C'était tellement évident qu'elle ne comprit pas pourquoi Luciano lui avait sortit pareille banalité.

En revanche, lorsqu'il parla de la princesse Bianca, Gabriella regarda Luciano et lui sourit. Peut-être n'était-il pas au courant des relations entre les deux époux, c'était comique à entendre.


"Monsieur Di Lorio, je crains que les affaires du Prince et de son épouse, ne regardent ni vous ni moi." Et toc. Gabriella tourna les talons et sortit de la Salle de Bal.

[Le Grand Salon]
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Lazarro
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Ven 4 Nov - 17:34

Lazarro était plongé dans une réflexion intense à propos de Gabriella. Devait-il tenter de la séduire ou laisser tomber et tenter sa chance avec quelqu'un d'autre?
Non pas qu'il se faisait plus difficile dans ses choix de conquètes, mais il avait quelques visée sur l'épouse d'Elio, et avait fait montre d'une telle galanterie avec elle qu'elle ne devait pour le moment avoir aucune mauvaise pensée à son sujet. Qui plus est elle avait l'avantage non négligeable d'être riche, ce que n'était pas la servante.
Quoique rien ne l'empêchait de courir plusieurs lapins à la fois. Et user de la force pour prendre une jouvencelle ne l'avait jamais gêné jusque-là.


Le jeune homme préparait déjà mentalement ce qu'il pourrait bien dire à la servante pour la séduire, mais ses pensées peu orthodoxes s'envolèrent littérallement quand il entendit les paroles de l'homme qu'il avait volontairement ignoré.

"Je prendrais mon diner avec Monsieur ci-présent"

Une moue boudeuse se dessina sur son visage. Non pas que le faît que l'on veuille dîner avec lui le gêne, mais il ne supportait pas l'idée que l'on puisse décider pour lui. Et cette initiative était pour lui des plus agaçantes.
Il écouta l'homme lui parler du faît qu'il ne se connaissent pas, et y vit un moyen de se montrer insolent, comme il aimait tant le faire.


"C'est peut-être parce que je n'ai jamais tenu à faire votre connaissance", répondit-il aussitôt avec un sourire moqueur. "J'ai tendance à faire attention à mes fréquentations, voyez-vous?"

Bien qu'il n'en montra rien, il était pensif. Qui pouvait être cet homme, pour ainsi vouloir partager un dîner avec lui? D'autant qu'il avait la réputation d'être quelqu'un de peu fréquentable. Enfin, si cet homme ne le connaissait pas, alors celà voulait dire qu'Elio n'avait pas eu le temps de lui parler des rumeurs (parfaitement fondées) qui courraient au sujet de son Cher Cousin Lazarro.
Peut-être pouvait-il profiter du faît que l'on ignore quel genre de personne il était. Celà pouvait, après tout, se révéler amusant. Et payant, qui sait?
Le jeune homme poussa un bruyant soupir, puis plissa légèrement les yeux.


"Enfin! Je suppose que toute chose possède un commencement. Je suis Lazarro Montero Adorasti, cousin du Prince Elio. Un proche de la famille, somme toute. Je suppose que mon Cher Cousin vous racontera bien des calomnies à mon sujet, si ce n'est pas déjà fait, mais sachez que ce ne sont là que les dires de jaloux, et Dieu sait qu'il sont nombreux dans cette demeure."

Un sourire se dessina sur ses lèvres rosées.

"Bien sûr, certaines de ces calomnies sont peut-être vraies, mais qui pourrait le vérifier?"
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 5 Nov - 8:36

À la nouvelle insolence du garçon, Luciano fut partagé entre l’agacement et l’amusement. Il n’avait pas pour habitude de se laisser ainsi moquer par pareil jouvenceau, les rares qui avaient eu l’outrecuidance de s’adresser à lui autrement qu’avec courtoisie s’était vu recevoir une leçon qu’ils n’avaient pas été prêts d’oublier. Pourtant, l’aristocrate ne pouvait que sourire face au toupet de ce coquin qu’Elio semblait tenir en si haute estime. C’est pourquoi il préféra se taire pour l’instant, attendant le moment propice pour répliquer à ce blanc-bec somme toute divertissant.

Le noble ne regretta pas sa décision de s’être abstenu de tout commentaire quand il put enfin connaître le nom de son interlocuteur. Grâce aux oreilles et aux yeux qu’il avait postés un peu partout à travers l’Italie, Luciano était au courant d’à peu près tous les évènements notables se produisant dans la noblesse, une chose fort utile lorsqu’il devait avoir recours à un peu de persuasion…


« Lazarro Montero Adorasti, répéta-t-il avec lenteur, un sourire de connaisseur retroussant ses lèvres. Le fils de Giorgio Adorasti, cet excellent homme… Quel plaisir que d’enfin pouvoir poser les yeux sur sa si célèbre progéniture. »

Il s’avança vers son cadet, le détaillant de haut en bas avec un intérêt qu’il ne chercha pas à dissimuler.

« Plus que de simples calomnies circulent à votre sujet, mon jeune ami. Les calomnies peuvent être éventées, des médisances plus viles encore inventées au sujet de ceux qui nourrissent un quelconque grief à notre encontre… mais vous avez depuis longtemps dépassé ce niveau, n’est-ce pas? Vous semblez posséder un singulier don pour mères éplorées vous maudissent ou amants éconduits vous pourchassent. Je suis même étonné que vous n’ayez pas encore été excommunié, considérant vos frasques ecclésiastiques… Trois nonnes détournées de leur vœu de chasteté en l’espace d’une journée lors d’une escapade dans un couvent de Toscane, c’est bien ça? Que dire de cette fameuse histoire à propos de la nièce du Duc de Florence et de sa vertu, un incident s’étant produit la veille de ses noces, tout de même ; ou encore ces ‘rumeurs’ touchant d’argenterie volatilisée et d’écus égarés… »

Arrivé devant le garçon, il prit son menton entre son pouce et son index afin de lui relever la tête pour mieux observer son visage juvénile.

« Que d’exploits pour un si jeune âge, murmura-t-il, d’un air songeur. Vous êtes certainement plein de potentiel… tâchez seulement de l’employer à bon escient. »

Il relâcha sa prise sur le jeune homme, mais demeura devant lui, le dominant de sa taille, un sourire flottant toujours sur ses lèvres.

« Vous avez sûrement remporté chacune de vos joutes jusqu’ici, mais prenez garde à ne pas outrepasser quelques règles élémentaires. Sachez reconnaître l’un des vôtres lorsque vous en croiserez un sur votre route… et payez lui les égards qui lui sont dus, surtout s’il est en mesure de vous faire une alléchante proposition, une offre qui saura plaire à votre appétit pour la bonne chair – vous savez comme moi de quelle chair je fais mention - et à votre bourse, qui doit sans doute être vide pour que vous soyez ici en cet instant. »
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Lazarro
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Dim 6 Nov - 21:15

Lazarro écouta, surpris d'entendre le nom de son père être prononcé. Il avait tellement pris l'habitude de changer d'identité à droite et à gauche qu'il en avait oublié son vieux paternel. En faît ça ne le préoccupait pas vraiment, il n'avait jamais pu s'entendre avec l'autorité, qu'elle soit ou non parentale. Il avait appris très jeune que s'il voulait vivre comme il l'entendait, il devrait se débarasser de ses éducateurs. A défaut de s'en débarasser définitivement, il avait choisi de s'éloigner le plus possible de Florence, sa ville natale.
Il avait d'ailleurs revu ses parents depuis son départ, lors de certaines réceptions, notamment. La manière dont il s'était adressé à eux les avait littérallement sidérés : Lazarro redevenait quelqu'un de tout à fait digne et bien élevé, rien à voir avec l'enfant terrible qu'il était. Il savait se tenir, c'était chose vraie. Uniquement si le jeu en valait la chandelle.

Le jeune homme releva un sourcil à l'évocation de ses 'hauts faits'. Voilà qui était interessant, cet homme en savait visiblement beaucoup sur lui. Peut-être trop. Celà serait à vérifier en temps voulu.
Rien ne parut affecter Lazarro. A vrai dire, celà le préoccupait peu. Ses méfaits étaient loin d'être ignorés par la famille Adorasti, aussi il put supposer que l'homme était de la famille de son Cher Cousin.

S'il resta relativement calme, il ne put empêcher un froncement de sourcil, presque imperceptible, quand Luciano osa porter la main à son visage. Il n'était pas un enfant, et encore moins l'un de ces imbéciles qui se laissaient faire.
Levant un regard plein de mépris sur l'homme, il décida enfin de répondre à toutes ces provocations
.

"Croyez-vous vraiment que vous pouvez me faire chanter uniquement parce que vous en savez plus que d'autres?, railla-t-il en levant un sourcil. Apprenez que vous n'êtes pas le seul à avoir voulu vous jouer de moi. Je ne suis plus un enfant depuis longtemps, voyez-vous?"

Son regard se durcit.

"Vos bassesses me laissent indifférent. Et je connais assez bien les gens de votre acabit pour savoir que vos mots ne sont que tentatives pour me faire croire que vous êtes de mon côté. Vous ne le pensez pas un seul instant, n'est-ce pas? Je ne suis qu'un outil qui vous servira un temps, puis vous m'abandonnerez dès que je vous deviendrais obsolète. Je ne suis pas idiot, mais si vous arrivez à penser que j'allais entrer tête baissée dans votre petit jeu, alors vous êtes le seul fou ici."

"Cependant..."

Il plissa légèrement les yeux.

"J'ai en effet besoin d'argent. Mais vous êtes loin d'être l'unique moyen pour moi d'en obtenir, aussi ne consentirais-je à faire affaire avec vous que si votre proposition possède à mes yeux quelque intérêt réel. Dites-moi ce que vous espérez de moi."
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