AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le Grand Hall - Les Escaliers

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti
avatar

Nombre de messages : 310
Statut : Modo
Date d'inscription : 30/04/2005

MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Jeu 4 Jan - 2:33

[L'embarcadère]

Une fois entrée dans le hall, la princesse se décrispa un peu, la chaleur de l'endroit aidant. Elle retira son manteau et le tendit à un valet avant de se retourner vers l'intendant qui les accueillait.

Bianca intercepta le regard de l'intendant qui observait ses accompagnateurs, cherchant très probablement son époux. La princesse soupira discrètement et désigna d'un geste élégant de la main les trois personnes venues avec elle.


"Ma dame de compagnie, le secrétaire de mon époux ainsi que mon médecin m'ont accompagnée." précisa-t-elle.

Du même coup, cela expliquait non seulement que le prince Elio n'était pas là mais également que le troisième homme présent était venu à part.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Monsieur l'Intendant
Intendant - Ca'Grazziano
avatar

Nombre de messages : 14
Date d'inscription : 25/11/2006

MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Jeu 4 Jan - 21:54

Monsieur l'Intendant s'inclina poliment, son visage éternellement absent, vierge du moindre soupçon de jugement ou même de jugement. Il était un domestique parfait, parce qu'il ressemblait à un objet marchant et parlant.

"Votre Seigneurie trouvera sans doute le salon plus agréable... Ernesto va vous y conduire. Je fais immédiatement chercher Monsieur le Prince votre frère."

Deux petits signes de la main, et l'un des valets partit avec diligence à la recherche du Prince, tandis que l'autre s'avançait avec un sourire béat mais visiblement trop de timidité pour oser adresser la parole à Bianca, pour guider la Princesse et sa suite vers le Grand Salon.

L'Intendant veilla d'un regard attentif à ce que, dans son émotion, Ernesto ne se trompe pas de direction, et attendit que tous aient franchi la porte pour se tourner vers l'inconnu. Encore un étranger avec une épée...


"Monsieur, que puis-je pour vous aider ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sole Cro
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Mer 17 Jan - 13:48

[ La Salle d'Armes ]

Suivie du seigneur Matteo et du seigneur di Bordighera, Sole entra dans le hall.

L'intendant était toujours là, mais il avait l'air occupé avec un homme blond, un inconnu, à l'entrée du Palais.

Elle se tourna vers les deux seigneurs.


" J'en demande pardon à ces messieurs, mais comme ils peuvent le voir, Monsieur l'Intendant semble en conversation. Non pas que j'estime... "

Elle s'interrompit pour souffler discrètement sur une mèche brune qui la gênait en tombant devant son oeil gauche, et l'écarta du bout du doigt.

" Non pas que j'estime préférable de vous faire attendre plutôt que d'aller interrompre monsieur l'Intendant, continua-t-elle, mais peut-être vos exercices dans la salle d'armes vous ont-ils donné soif, et qu'un quelconque rafraîchissement ne serait pas pour vous déplaire?"

"L'attente vous paraîtra plus courte ainsi, et plus agréable. Et si monsieur l'Intendant avait la mauvaise grâce de s'éterniser, j'irais, avec force courbettes bien sûr, lui signifier qu'il est malseyant de faire attendre ainsi de grands messieurs."

Elle ponctua sa menace d'un sourire espiègle, et d'un clin d'oeil à l'intention d'une petite servante qui passait alors devant la porte d'entrée du hall qu'ils avaient laissée ouverte en entrant.

La servante rougit en recevant ce salut cavalier et pressa le pas pour disparaître dans le couloir; ce n'est qu'alors que Sole se souvint d'une promesse qu'elle avait faite tantôt et qu'il fallait tenir.

La petite servante, jeune beauté rousse de dix-huit printemps, s'était mis en tête de tomber folle amoureuse du seigneur Matteo, et ce depuis des semaines.
Elle soupirait en l'apercevant au détour d'un couloir et se pâmait en lessivant ses draps.

Sole, à qui elle avait confié son amour secret et désespéré, lui avait conseillé de se tenir sur ses gardes, même si par bonheur le seigneur Matteo répondait favorablement à ses avances, il ne semblait pas homme à s'attacher à ses conquêtes.

Mais l'entêtée se gardait bien d'écouter tous ces avertissements, et, plus audacieuse qu'elle ne l'avait jamais été, elle avait décidé de proposer galamment à l'homme de main du prince Ugo de venir cueillir sa vertu impatiente, sous la forme de certain petit billet rose qu'elle avait supplié Sole de déposer discrètement dans sa chambre avant le début de l'après-midi.

Bien que réticente, Sole n'avait pas su résister au regard de chien battu qu'avait arboré la jolie servante en lui remettant le billet, et avait accepté sa galante mission.

Tout ceci lui était revenu en mémoire le temps d'un simple clignement d'yeux.

Elle sourit à nouveau aux deux hommes, et les salua en reculant d'un pas.


" Et si ces beaux messieurs voulaient bien me permettre de me retirer, que je ne leur impose pas plus longtemps mon humble présence, dit-elle avec une courte révérence, je m'en vais de ce pas vaquer à mes laborieuses occupations "

Et, accompagnée de son pas léger, elle sortit du hall en sifflotant une chanson à boire qu'elle avait entendue quelques temps auparavant dans une taverne mal famée.

[ Suite de Matteo Salvanti ]
Revenir en haut Aller en bas
Loris di
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Mar 6 Fév - 2:26

Le maître d’armes se laissa enchanter par le charme languide de son précédent adversaire. Cette fois-ci, il n’y avait pas lieu à confusion, pas d’insinuation qu’il aurait pu mal interpréter. Les propos du sieur Salvanti étaient clairs. Il était accueilli au sein de cette maisonnée en sa qualité de maître d’armes. Cela n’occuperait pas tout son temps lors de son séjour à Venise mais cela l’absorberait suffisamment pour les heures à suivre si ce n’était des jours.

Il remonta son regard de la bouche du jeune homme jusqu’à ses yeux cobalt aux cils tellement longs qu’ils conviendraient mieux à une femme de plaisirs qu’à un gentilhomme de sa condition. Regard qu’il détourna sagement à l’arrivée d’une tierce personne dans la salle d’armes.

Son regard alla du valet au jeune homme blond à ses côtés, ne lui avait-on pas commandé de s’en remettre au second et les propos du domestique allaient dans ce sens.

De fines ridules aux coins de ses yeux apparurent quand son visage se fendit en un large sourire à l’écoute des bons mots qu’échangeaient les deux hommes devant lui. Il suivit ceux-ci sans opposer d’objection, de toute façon il n’y avait rien à dire. Il était au service des habitants de ce palais, n’est-ce pas ?


« Je n’ai pas soif merci et si cela agrée monsieur Salvanti, je ne vois aucune objection à attendre que ce monsieur finisse sa conversation avant de venir s’occuper de nous. Qui serais-je pour bouder une compagnie telle que la votre ? »

Si la première partie de sa tirade s’adressait au jeune valet, la deuxième n’avait d’autre locuteur que le jeune homme à la grâce toute féline qui l’avait précédé dans les couloirs du palais en ondulant ces hanches à la manière d’un danseur expérimenté.
Revenir en haut Aller en bas
Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano
avatar

Nombre de messages : 390
Statut : Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello.
Date d'inscription : 02/05/2005

MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Mar 6 Fév - 5:56

[Salles d’Armes]

Comme à son habitude, Matteo n’avait pas manqué de démontrer son intérêt marqué pour la nouvelle acquisition de la Ca’Grazziano qui ne semblait d’ailleurs pas insensible à ses charmes. Il fallait tout de même souligner que la stratégie de ce dernier, destinée à le confondre, en avait longuement révélé sur les intentions ou, à tout le moins, le bon goût du maître d’armes. S’il démontrait autant d’inventivité en duel, qu’en serait-il dans d’autres activités exigeant autant d’imagination de la part de leur esprit que de vigueur, de leur corps?

Arrivés dans le hall, leur charmante troupe put constater que l’intendant se trouvait au prise avec un individu patibulaire, entièrement drapé de noir. Leur guide annonça son départ, non sans leur avoir offert quelque rafraîchissement, abandonnant le blond aux mains de son aîné à la langue décidément flatteuse.

« Nous n’en étions encore qu’à nous échauffer, n’est-ce pas, Monsieur di Bordighera? Sans doute qu’il en faut beaucoup plus à homme de votre expérience pour que vous ne ressentiez la moindre fatigue. »

Ses prunelles bleutées s’attardèrent sur les épaules larges de son interlocuteur, ce torse viril, ces bras à la musculature saillante, imaginant d’avance le reste de ce corps à la fière allure et aux si divines proportions. Jetant un coup d’œil à l’intendant, toujours affairé avec l’homme sombre, il décida de prendre les devants et de faire preuve de toute sa chaleureuse hospitalité. Se tournant vers l’épéiste, il le dévisagea d’un air à la fois enthousiaste et quémandant de l’angelot suppliant pour une faveur.

« Que diriez-vous que je vous fasse visiter le Palais et vous indique où se trouvent vos nouveaux quartiers? Allons, suivez-moi, je brûle d’impatience de vous faire voir toutes les splendeurs dont recèle cet endroit… »

Le prenant par la main avec une familiarité enfantine dans un geste si naturel qu'il n'aurait pu offenser, il l’entraîna à sa suite, des étincelles de malice pétillant dans son regard.

[La Chambre de Matteo]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Loris di
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Mer 7 Fév - 2:27

Si le miel pouvait parler, nul doute que ce serait par la voix de Matteo Salvanti. Si la convoitise était susceptible de se personnifier, nul doute que le gentilhomme en était l’incarnation. Di Bordighera avaient déjà rencontrés des personnes n’ayant pas leurs yeux dans leur poche, la plupart étant des femmes, mais son précédent adversaire semblait vouloir les battre toutes et tous à ce jeu-là. Partout où se posait son regard, le maître d’armes sentait sa peau brûler.

Usant de son charme lascif et de sa connaissance des lieux, le gentilhomme avait habilement renversé les rôles et ce fut au tour de di Bordighera de sentir l’avidité d’un chasseur le prendre pour cible. Ce n’était pas désagréable mais pas particulièrement plaisant non plus. Loris avait horreur de perdre le contrôle sur les évènements, il lui fallait donc trouver le moyen de renvoyer la balle. Et quoi de plus simple que de prendre son chasseur à son propre piège ?


« C’est… »

Pardieu ! Voilà qu’on lui prenait la main… Il n’était pas une pucelle effarouchée. Pas plus que Salvanti n’était le jeune homme téméraire qui allait lui prendre sa vertu à l’ombre d’un bosquet.

Il contracta les doigts sous l’étreinte du gentilhomme. Seul un débris de maîtrise de soi l’empêcha de retirer sa main. A peine avait-il décidé d’aller dans un sens qu’on se plaisait à le faire tourner en bourrique. Soit… Le protégé du prince était semblable à un feu follet. Il allait falloir s’en accommoder.

Tel un gentil chien collant aux basques de son maître, un enlacement de doigts en guise de laisse, le maître d’armes suivit celui qu’il supposait être son élève.


[La chambre de Matteo]
Revenir en haut Aller en bas
Muzio Barrozi
Médecin
avatar

Nombre de messages : 726
Date d'inscription : 14/05/2005

MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Mer 7 Mar - 0:39

[La Salle à Manger]

« Oh ça n'est pas nécess... » avait commencé à assurer Muzio, confus, au Prince qui se levait pour le raccompagner.

Evidemment, c'était même renverser les rôles sauf si... Et ce fut ce 'sauf si' qui l'arrêta. Sauf si le Prince voulait lui parler en privé avant qu'il ne parte. Le médecin s'était donc incliné devant la volonté d'Ugo, avec un signe de tête indiquant sa reconnaissance. Il avait récupéré sa trousse dans le salon, passant au milieu des personnes présentes avec un petit "Pardon... Au revoir" des moins mondains.

Puis il avait suivi l'intendant jusque dans le hall, où celui-ci le laissa seul en compagnie du Prince: 'Je vais chercher votre manteau, Maître.' L'homme semblait intelligent et allait certainement tarder plus que nécessaire avant de ramener le manteau. Le hall était vide, les serviteurs devaient être rassemblés dans les communs pour le repas du midi.

Muzio se tourna vers Ugo:


« Je suis fâché de vous fausser compagnie ainsi, croyez-le. »

Son regard posé légèrement dans celui du Prince, il attendait posément que celui-ci donne une raison à son empressement pour le raccompagner.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Jeu 8 Mar - 21:25

[La salle à manger]

Coriolano était presque gêné. Tout le monde semblait croire qu'il avait quelque chose de très important à dire au médecin, ce qui faisait que ce qu'il voulait dire de très simple lui paraissait maintenant très compliqué.

"Oh, je vous crois, je vous crois, cher Maître... Je ne pense pas que ce soit votre plaisir que de savoir que des gens souffrent à tout moment de la journée... D'ailleurs, je ne veux absolument pas vous retenir alors qu'on vous appelle d'urgence.

Non, je voulais juste..."

Coriolano avança légèrement vers la porte. Il avait toujours en tête l'idée que le médecin était pressé.

"Je voulais juste vous dire merci. Vous allez sans doute me dire encore que vous n'avez pas fait grand chose, que vous n'avez fait que votre devoir. Mais... Bien sûr Bianca a été secouée ce matin par l'absence de son mari, mais je pense...
Et bien, grâce à vos soins, la mélancolie qu'elle avait aujourd'hui ne venait pas de son malaise d'hier.

Alors je voulais simplement vous exprimer ma reconnaissance. N'hésitez pas à revenir ici... Si vous avez besoin de quelque chose, demandez-moi.
Et puis, la fin de votre repas vous attendra..."

Coriolano sourit en ouvrant le petit battant de la porte, alors que Monsieur l'Intendant revenait avec les affaires du médecin. Dehors, une silhouette féminine attendait.

"Voilà, vous savez tout cela déjà, je vous remercie du temps que vous nous avez accordé, je sais combien il vous est précieux..."

Coriolano eut subitement envie de dire "prenez soin de ma soeur, maintenant, demain, toujours, protégez-là quand je ne le peux pas". Mais c'était idiot. Parce que Barrozi n'était pas Dieu capable de garder tout le monde du mal simplement parce qu'il existe. Et parce que Bianca n'était pas si fragile que cela.
Il se contenta donc de sourire, de son éternel sourire sympahtique.


"Au plaisir de vous revoir, Docteur. Que cela soit le plus tôt possible."


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Muzio Barrozi
Médecin
avatar

Nombre de messages : 726
Date d'inscription : 14/05/2005

MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Ven 9 Mar - 14:13

Bien sûr, cela pouvait être de la manipulation, servie par un excellent talent d'acteur. Pourtant, Muzio ressentit une profonde sincérité, et il retrouvait le frère un peu démuni de la veille, dans le jardin du Castello. Et le médecin se fit la même réflexion qu'alors. Pourquoi ces enfants portaient-ils un tel poids sur leurs épaules ? Pensée fugace, car déjà Ugo redevenait l'hôte extrêmement aimable. Muzio le regarda un instant, songeur, avant de lui adresser un sourire sincère.

« Je vous remercie de votre hospitalité et... de votre confiance, aussi. Soyez assuré de mon dévouement. Votre... »

Il eut un moment d'hésitation, mais l'intendant revenait déjà. Il baissa insensiblement la voix et poursuivit un peu plus vite:

« Votre soeur est en très bonne santé. Dans son cas, ce n'est pas du côté du corps qu'il faut chercher inquiétude... »

Il posa sa trousse et enfila son manteau que lui présentait l'intendant. Un éclair amusé traversa son regard, et il finit sur une note plus légère.

« Vous savez que cela porte malheur, de souhaiter revoir son médecin bien vite ? »

Il reprit son sac et s'approcha de la porte.

« Au revoir, malgré tout... »

Et il rejoignit la jeune femme qui l'attendait sur l'embarcadère.

[Ca Adorasti - L'Etage Privé - Le Couloir desservant les Appartements Privés]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Sam 10 Mar - 1:58

Coriolano suivit du regard le médecin. Il rejoignait une jeune femme... Coriolano se raidit brusquement. Cette femme... il l'avait déjà vue...

Différentes images de Livia servant au palais Adorasti lors de la soirée défilèrent dans son esprit. C'était elle. Une servante des Adorasti.

Que faisait-elle devant sa porte ? Pourquoi demandait-elle le médecin ? Pourquoi était-elle habillée ainsi ? Ce n'était ni sa livrée, ni des habits normaux pour une jeune servante... Elle ne venait pas pour elle-même, pour une urgence, elle ne se serait pas bien habillée, elle aurait couru, échevelée... Pas de livrée, elle ne venait pas pour la maison des Adorasti.

Connaissait-elle Barrozi plus "intimement" ? Non... ils n'avaient pas l'air, il y avait une froideur entre eux qui ne peut exister qu'entre les vrais inconnus.

Alors... c'est qu'elle ne venait pas "officiellement" pour les Adorasti.
Que manigançaient-ils ? Pourquoi... Il n'y avait qu'une seule solution logique. Ils avaient à leur solde le médecin. Ils le rappelaient comme un chien lorsqu'il allait trop longtemps chez lui. Ou alors tout était prévu à l'avance, et Barrozi devait seulement entrer en contact avec lui, essayer de s'introduire dans la maison des Grazziano, gagner la confiance... Mais pas trop longtemps, pour ne pas éveiller les soupçons et tout de suite faire un rapport au Prince Elio Lacryma Adorasti, qui de manière fort pratique n'était pas apparut aujourd'hui d'ailleurs.

Oui, cela devait être pensé depuis le début... D'une pierre deux coups, Elio disparaissait : on inquiétait sa sœur, on la blessait moralement (et le "Maître" qui en profitait pour insinuer que Bianca était folle peut-être...) et l'Adorasti laissait le champ libre à son chien...

Ainsi, l'honnête médecin, le si droit, si probe, si généreux, si bon, n'était qu'un traître...

Coriolano était resté dans l'ombre de la porte alors que ces réflexions se formaient à toute vitesse dans son esprit. Le médecin aidait la servante à monter dans une gondole...
Il était tout de même possible qu'il n'aille pas chez les Adorasti...

Coriolano tourna vivement la tête à la recherche de son Intendant. Celui-ci s'était immédiatement éclipsé, mais Coriolano aperçut encore mieux, là, en train de passer dans un couloir.


"Sole ! Approche ! Approche vite..."


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Sole Cro
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Sam 10 Mar - 10:01

[ La Salle à Manger ]

En entendant son nom, Sole, qui s'était échappée de la salle à manger aussi furtivement qu'elle y était entrée quelques minutes plus tôt, poussa intérieurement une longue plainte déchirante.
Ou plutôt, c'est son ventre qui se chargea de la pousser pour elle, car voir et sentir tous les délices proposés aux convives dans la salle d'où elle sortait avait achevé d'aviver son appétit qui se réveillait déjà à demi, sans parler de sa gourmandise naturelle pour la bonne chère.

Elle courait donc à l'office, s'imaginant déjà grignoter trois ou quatre cuisses de poulet dorées et juteuses à souhait, accompagnées d'une énorme miche de pain chaude et moelleuse qu'elle aurait trempée morceau par morceau dans une grande jatte de crème blanche et onctueuse, le tout arrosé de quelques verres d'eau-de-vie, quand, hélas, son maître, qu'elle n'avait pas remarqué, l'aperçut et l'appela.


" Morbleu! ", siffla-t-elle entre ses dents en s'avançant vers lui.

Pendant un terrible mais très court instant, elle pensa qu'il l'appelait pour la sermonner sur son entrée dans la salle à manger, quelques minutes auparavant, et son visage se rembrunit.


* Ca ne pouvait donc pas attendre que j'ai le ventre plein? Et puis, qu'est-ce qu'il fallait que je fasse pour le prévenir? Envoyer un crieur public dans la salle à manger? *

Mais elle remarqua, sur le beau visage de son maître, une expression plus soucieuse que celle qu'il avait quand elle l'avait accosté à table, et jeta un oeil dehors par la porte encore ouverte.

Une gondole quittait l'embarcadère, avec, à son bord, une femme, jeune apparemment, et l'invité qui venait de quitter la table.

Sole leva des yeux curieux vers le Prince.


" Monseigneur m'a demandé? "
Revenir en haut Aller en bas
Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Sam 10 Mar - 13:49

"Oui, regarde..."

Coriolano avait attrapé Sole par les épaules et le plaça juste devant lui, afin qu'il soit face à l'embarcadère, toujours dans l'ombre de la porte.

"L'homme qui monte dans la gondole s'appelle Muzio Barrozi. Il est le médecin de Venise. Si je ne me trompe pas, la femme qui est venu le demander est une servante des Adorasti.

Tu vas les suivre. S'ils s'arrêtent devant une maison quelconque, tu peux revenir. S'ils s'arrêtent Ca Adorasti, il faut que tu essayes d'en savoir plus. Sur ce que Barrozi fait là-bas... Va..."

Il avait lâché le jeune serviteur mais le rattrapa immédiatement.

"Deux consignes encore : ne cherche pas à cacher que tu viens de chez moi. C'est idiot, cela se saura de toutes les façons un jour. Tu es Sole Cropoli, actuellement serviteur de la Ca Grazziano. En revanche, il est hors de question que l'on sache que c'est moi qui t'envoie.
Invente n'importe quoi... que... que tu as toujours voulu étudier la médecine, mais que les moyens ne t'ont pas été donnés... que donc quand tu as appris que l'homme était médecin, tu l'as suivi pour essayer d'en savoir plus sur la médecine...

Peu importe. L'essentiel est que l'on pense que tu agis de ton propre chef. Que c’est toi qui a décidé de rattraper Barrozi."

Coriolano regarda Sole en souriant.

"Je suis sûr que tu en es capable... Tu m'as l'air de savoir jouer un rôle sans difficulté. Et toute personne te connaissant un peu sait que tu as le caractère suffisamment affirmé pour prendre des initiatives quelque peu... impulsives... Mets-toi simplement dans la tête l'histoire que tu veux être vraie, et oublie tout le reste. Oublie complètement que je te parle en ce moment."

Un léger gargouillis provenant assez clairement du ventre du jeune garçon déclencha un petit rire chez Coriolano.

"Je suis désolé de te priver de déjeuner. Tiens, prends..."

Coriolano glissa dans la main de Sole une série de petites pièces. De quoi se payer un repas sur le chemin du retour, mais pas assez pour que cela semble une somme suspicieuse pour un valet.

"Ils sont assez loin maintenant, file ! Tu me feras le rapport ce soir, au coucher. Va !"


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Sole Cro
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Sam 10 Mar - 14:47

Quand Ugo la prit par les épaules, Sole se laissa faire sans rien dire, sentant déjà venir le coup fourré.

"L'homme qui monte dans la gondole s'appelle Muzio Barrozi. Il est le médecin de Venise. Si je ne me trompe pas, la femme qui est venue le demander est une servante des Adorasti."

Bon, très bien.
Les Adorasti, encore et toujours eux. Sole aurait été très étonnée qu'ils ne soient pas dans l'histoire. Monta en elle un mélange de fièvre et d'inquiétude. Fièvre parce qu'elle adorait les missions du genre de celle qu'elle devinait s'annoncer, souvent périlleuses et toujours amusantes, et inquiétude parce qu'elle mourait de faim, et n'était donc pas totalement disposée à courir à l'aventure.
Tant qu'il s'agissait de s'introduire secrétement chez les Adorasti pour leur voler du jambon, elle était partante.

" Tu vas les suivre. S'ils s'arrêtent devant une maison quelconque, tu peux revenir. S'ils s'arrêtent Ca'Adorasti, il faut que tu essayes d'en savoir plus. Sur ce que Barrozi fait là-bas."

Sole se sentit alors déçue par l'apparent manque de perspicacité du Prince. En général, quand un médecin allait chez les gens, ce n'était pas pour leur dire la bonne aventure.

Un détail lui revint alors à l'esprit. La femme qui accompagnait le médecin était une servante. Or, si Sole n'avait pas bien distingué son visage, elle avait bien vu qu'elle était vêtue au-dessus de sa condition. Pourquoi une servante singeait-elle la bourgeoise pour simplement venir mander un médecin?

Sole fit la moue et fronça légèrement les sourcils. Le Prince avait raison d'avoir des soupçons.
Mais il n'empêchait qu'elle avait toujours faim.

Essayant d'ignorer son ventre dont les gargouillis incessants avaient pris le rythme d'une marche militaire, elle hocha silencieusement la tête à toutes les instructions.

Puis, ô joie, le Prince lui donna de l'argent. Elle se retint de lui sauter au cou, tout en se demandant si tout compte fait, ces quelques pièces ne seraient pas mieux dépensées dans une taverne.


" Monseigneur est trop bon, dit-elle dans une petite révérence, je ferai de mon mieux pour ne pas le décevoir. "

Et elle sortit en trottinant, sifflant un batelier qui passait près de l'embarcadère à point nommé.

[ Ca'Adorasti - L'Embarcadère ]
Revenir en haut Aller en bas
Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Lun 19 Mar - 19:32

Bien, voilà, Sole était parti. Il n'y avait plus qu'à prier pour que le gamin revienne vivant, entier, et si possible avec de bonnes nouvelles.
Coriolano referma le lourd battant de la porte.

Après ce comportement du médecin, il ne pouvait plus faire comme si de rien n'était. Peut-être qu'une fois de plus il avait fait confiance trop facilement.
A l'intérieur même de sa maison... Pourquoi arrivaient-ils tous en même temps ? Raffaele arrivait vraiment au mauvais moment… à quoi pensait Père ? Et Inès... En plus pourquoi arrivait-elle avec une demoiselle de compagnie parfaitement inconnue ? Et tous les autres...

Bien, il fallait qu'il se reprenne et qu'il retourne au dîner, comme si rien ne s'était passé. Coriolano regarda son reflet dans le miroir. Il sourit. Son sourire était toujours le même. C'était bien.


[La salle à manger]


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Vittoria B. di Grazziano
Fiancée du Prince - Ca'Grazziano
avatar

Nombre de messages : 19
Statut : Personnage Supprimé
Date d'inscription : 19/03/2007

MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Mer 4 Avr - 0:43

[Le canal]

Vittoria était entrée dans le grand hall éclairé par les hautes fenêtres et promenait son regard indiscret sur chaque recoin de la pièce. Parfois ses deux agates venaient se poser sur un serviteur pressé de monter ses malles. Elle le fixait alors avec une intensité grave qui poussait l’individu à accélérer la cadence. Deux servantes étaient affairées autour d’elles, l’une corrigeait sa coiffure, l’autre rangeait sa mante et son tricorne. Vittoria ne leur accorda pas un regard, elle se promenait à mesure qu’elle tournait la tête pour jeter un œil aux tableaux et aux tapisseries. Elle songea qu’une sculpture serait la bienvenue au pied de la cage d’escalier. Et puis là il faudrait changer ce portrait de place…

Au devant d’elle les servantes s’agitaient, un œil étranger n’aurait vu là que deux adolescentes s’extasiant du décor environnant, mais pour la Princesse di Grazziano c’était là une manifestation extérieure d’émotion qui n’avait pas sa place. Dans un soupir exaspéré, la Princesse dit d'une voix lasse:


« Pour l’amour du Ciel ! Angelica ! Marissa ! Cessez de jouer les gourgandines et rendez-vous utiles pour une fois : montez plutôt mes effets à l’étage !»

La Dame n’insista pas, un simple froncement de sourcils avait fait déguerpir les deux péronnelles. Vittoria perdait patience, pourquoi le Prince n’était-il pas là pour l’accueillir ? Fallait-il qu’elle l’attende éternellement ? Cette rengaine commençait à lui peser, elle en vint à serrer les dents avec défis lorsque se présenta un valet à la mine diminuée.
La princesse di Grazziano entendit les mots
« Prince » « vous prie de l’excuser » « affairé » et « ailleurs ». Ce qui suivit n’avait aucune importance, elle n’écoutait déjà plus. Il s’en fallut de peu pour que ne gronde la voix de la jeune femme qui prit une longue inspiration avant de murmurer d’une voix placide et maîtrisée :

« Très bien, si le Prince a mieux à faire que venir en personne s’enquérir de son épouse, j’imagine qu’il ne se sera pas soucié de faire apprêter quoique se soit pour mon arrivée… »

Un homme de main murmura quelque chose à sa gauche, elle répondit à son persifflage par un sourire ironique, et ponctua dans un murmure quasi inaudible :

« Encore faudrait-il qu’il se souvienne avoir pris épouse…»

Vittoria jeta un regard dédaigneux en direction de la cage d’escalier, affichant sans retenue son mépris porté jusqu’à la demeure-même. La décoration ne lui plaisait pas, le palais lui paraissait trop petit, les odeurs de la lagune lui révulsaient le cœur.

Elle s’avança jusqu’à la rampe d’escalier, prenant ainsi de court le malheureux valet qui ne put rien ajouter. Une main posée sur le fer doré elle tourna subitement la tête :


« Et bien qu’est-ce que vous attendez ? Faut-il que je doive également m’accommoder moi-même ? »

D’un geste exaspéré elle invita le quidam à la devancer dans les escaliers, la présence de ses trois molosses surexcités-Hypnos, Thanatos et Némée- ne facilita pas la montée du véritable cortège improvisé.

[appartements de la Princesse]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   Mer 20 Juin - 14:09

[L'embarcadère]

Finalement, cela faisait très peu de temps qu'il était arrivé à Venise et il devait déjà en repartir. Il espérait pouvoir revenir bientôt tout de même.

Le pli toujours dans la main, Coriolano lança un branle-bas de combat dans sa maison. Un des serviteurs fut envoyé en avance sur terre pour ordonner que des chevaux soient près à partir, un autre était chargé de préparer ses affaires de voyages, un troisième de lui apporter de quoi écrire.

Coriolano rédigea debout un mot pour Bianca et envoya une petite servante faire son tricot à côté de sa sœur afin de la veiller et d'être là à son réveil.

Là, il se souvint enfin que sa "femme" venait d'arriver et qu'il ne l'avait pas encore vue. Un sourire amusé joua sur ses lèvres et il envoya un gamin la trouver et lui demander de bien vouloir le rejoindre dans le hall.

Monsieur l'Intendant était arrivé sur ces entre faits et Coriolano, en attendant, lui donna des consignes générales sur la tenue de la maison pendant son absence.
Notamment sur les chiens. Il avait cru entendre des chiens arriver avec son épouse. Or il était hors de question que ce genre de bêtes restent dans le palais. D'une part parce qu'il n'aimait pas ça, d'autre part parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans une ville comme Venise. L'intendant avait ordre des les ramener immédiatement dans leur villégiature. Et tant pis si la Princesse protestait. C'était un ordre formel.

Ses recommandations achevées, et Vittoria n'était toujours pas là, Coriolano haussa les épaules, griffonna un nouveau mot, et partit. Il n'avait pas de temps à perdre.


[ailleurs]
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Grand Hall - Les Escaliers
Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Le Palais des Rois d’Arnor. -Grand hall de réception.
» Julian & Nolwen ? Grand Hall
» Méréwyïn Alaryïn [Grand prêtre d'Arcamenel] {réservé Ambre}
» Tralïn- guerrier nomade grand tueur d'orque
» Un sous-commissariat à Grand'Ravine

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VENISE :: ENTRE NOUS :: CA' GRAZZIANO :: L'Etage Inférieur-
Sauter vers: