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 Le Grand Salon

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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 23 Avr - 1:45

La saleté... L'horrible larve... En vérité, le point le plus énervant chez di Lorio, c'est qu'il était impossible de le facher véritablement, détail ô combien insupportable. Alors qu'on lui parlait, Tiberio ruminait. Il réflechissait déjà à sa future vengeance.
Oui, il pourrait attendre di Lorio à un angle de couloir, et le rouer de coups. Ce serait là une belle victoire. Il faudrait qu'il se penche plus longuement sur cette idée. Il pourrait également le suivre lors de l'une de ses sorties, et lui ouvrir le ventre en deux à coup de poignard. Mais ce serait là quelque chose de trop facile. Il y avait entre eux un combat qui devait se terminer par l'humiliation suprême de l'un des deux guerriers. La mort était là une victoire trop simple, trop peu digne de l'adversaire. Pour dire vrai, une telle victoire aurait le gout de l'amertume et du remords, et c'est pourquoi Tiberio renonça à cette possibilité. Il lui fallait trouver un moyen de se placer au dessus de cet idiot, une bonne fois pour toute, de le faire souffrir et de souiller son honneur, afin que tous sachent. Un petit assassinat discret mettrait certes un terme à ce duel, mais ne serait suffisant pour désigner un vainqueur.

L'attaque surprise et les coups de poing coups de pied auraient au moins l'avantage de détendre le cousin du prince, même s'il savait très bien ce que di Lorio lui rétorquerait alors. "Monsieur, vous êtes un sauvage, méthodes indignes de votre famille, pitoyable et honteux, etc etc...". Mais ça vaudrait le coup. Un duel en bonne et due forme pourrait aussi être envisagé, pourquoi pas.
Mais tout cela n'était pas satisfaisant. Tiberio voulait trouver un moyen de frapper plus fort, de frapper plus bas. Là ou ça fait mal, un coup fatal qui empecherait di Lorio de se relever. Qui le clouerait au sol, à jamais. Il lui faudra réflechir longuement, avant de réussir à imaginer une telle attaque, mais il était persuadé qu'il trouverait un moyen. Il y arriverait. Et là... Oh Seigneur Dieu, il en frétillait d'avance.
Non. Il en aurait frétillé d'avance, si seulement di Lorio ne s'était pas trouvé sous son nez, à continuer de l'injurier.

La servante fut jetée dans les bras du bon Tibère, qui la repoussa sans cérémonie et sans un regard, plongeant son regard vicieux dans celui de son interlocuteur, réflechissant maintenant aussi vite qu'il le pouvait, regardant son adversaire de bas en haut, cherchant un quelconque indice physique qui pourrait le mettre sur une piste intéressante.


"C'est cela, c'est cela, bien entendu. Arrêtez donc de vous écouter parler, et allez les remplir, vos devoirs paternels, à grand coups de hanches je suppose, n'est ce pas?"
Ha ha ha ha! Ha il en était fier de celle là. Ha ha ha h... Attendez... Devoirs paternels? De... Comment ça? A Venise? Hu-hum... Voilà qui était intéressant. C'était là qu'il était l'indice, caché au fond des bourses ridées du vieil aristocrate. Forcément, il n'aurait pas pu être ailleurs, c'était si logique, maintenant qu'il y repensait.
Non. C'était trop beau en vérité. Etait ce possible? Rah, il lui faudrait chercher. Chercher et prier pour que la progéniture di Lorio soit plus facile à atteindre que le modèle-père. Mais de qui pouvait bien parler ce vieillard libidineux? D'un enfant officiel, ou de l'un de ses batards? Parce que sans détail plus précis, les recherches s'annonçaient longues, et s'il devait se charger ne serait ce que de dresser la liste des enfants di Lorio, Tiberio en aurait bien pour une année. Quant à tenter de retrouver un seul d'entre eux, sans savoir exactement duquel il pouvait s'agir... C'était là le travail de toute une vie.

"Bien sur mon cher, bien sur, vous êtes d'ailleurs trop bon. Distiller ainsi votre sagesse infinie, même à ceux qui s'en passent volontiers et qui ne vous ont rien demandé... Je me demande où a bien pu passer votre auréole."
Et il se permit d'ajouter, alors que son vieil ami quittait les lieux.
"Ravi en tout cas d'avoir pu vous insupporter, au déplaisir de vous revoir!"

Il fallait avouer que la dernière phrase de di Lorio, ou il annonçait ne pas pardonner Tiberio, l'avait mise d'une bonne humeur particulière. Finalement, il aurait au moins réussi quelque chose. Splendide! Même plus que ça. Sublime!
Il fallait fêter ça. Fêter ça, et réfléchir à quelques petites choses. Et, quoi de mieux qu'un verre pour agrémenter la reflexion? Réponse : rien, à part peut être deux verres. Il allait donc aller s'en prendre un, ou deux.

De toute manière, vu l'état du hall désormais, s'eclipser quelques heures ne serait pas de trop. Et puis, Elio ne semblait pas être là, aucune raison de rester, donc.


[Quartier de la Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ancienne Tuilerie]
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 9 Jan - 1:55

Tiberio ferma aussi délicatement que possible la porte du Salon en y entrant, et pourtant, eut l'impression qu'elle fit un boucan du diable. Il gémit, tourna la tête, apercevant toute une série de chaises, parfaitement rangées, et gémit de nouveau.
Maudits soient les serviteurs, et leur lubie de tout mettre en ordre! Maudits soient tous ceux qui remettent leurs chaises comme il faut en quittant la table! Ne pensent ils pas au bon Tibère, et à la caisse de résonance qui lui sert de tête au matin? ("au matin"? au réveil en tout cas) Ne savent ils pas à quel point ça peut être bruyant, des pieds de chaises qui grincent sur le sol? Ne savent ils pas à quel point ça peut être douloureux?

Avec douceur.. lentement.. le cousin du Prince souleva l'un des sièges, et, fermant les yeux, plein d'appréhension, entreprit de le tirer vers lui, et.. de le.. reposer.. par.. terre.. douuuucement..
Quand soudain une servante ouvrit la porte. Sans aucune délicatesse. Grincement. Des plus désagréables. Tiberio crut mourir. Il fit tomber la chaise. Il crut encore plus mourir. Il dut d'ailleurs étouffer un cri.
C'est à ce moment là qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas encore vraiment déssoulé de la veille.

La servante écarquilla les yeux et s'excusa, tandis que son vis-à-vis se baissait en couinant, massant son pauvre pied meurtri. Il avait fallu que ça lui écrase les orteils, évidemment.
A peine 5 minutes plus tot, Tiberio avait demandé à la jeune femme d'apporter quelque chose à manger dans le salon. Elle avait fait vite, il ne pourrait pas lui reprocher sa lenteur. Mais quelle indélicate manière d'entrer! Et... aaaarh! Quelle indélicate manière de poser un plateau en argent..

"Bon Dieu, vous ne pouvez pas poser ça avec un peu de.. de.. Vous ne pouvez pas faire moins de bruit, non?!"
Elle bafouilla des excuses, et il fut tenté de lui envoyer une claque monstrueuse.
"Dehors. Dehors. Hors de ma vue, avant que je ne vous.. Dehors!! Et en silence par tous les saints!"

Seul à nouveau. Instant magique.
Tiberio soupira, remit sa chaise en place, et s'assit. Il jeta un bref coup d'oeil à sa blessure, et grogna de rage. La journée s'annonçait pire que mauvaise.
Heureusement, la nourriture avait l'air bonne. De la volaille froide, accompagnée par quelques sauces, une miche de pain, et, forcément, un pichet de vin, le meilleur remède jamais inventé contre la gueule de bois.
Il n'avait pas vraiment faim, mais il fallait bien qu'il se force à manger. Sinon, il aurait des aigreurs d'estomac, une haleine à reveiller les morts, et, surtout, son ventre n'arréterait pas de gargouiller.

Le cousin du Prince se servit un verre. Puis, il se coupa un morceau de poulet, un morceau de pain, et se les enfonça dans la bouche, avant de se mettre à macher sans grande conviction.
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Lucrezia di Lorio
Baronne - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Jeu 10 Jan - 2:15

[La chambre de Bianca]

Les valets s’agitaient. La fille du Prince Elio était née. La Ca’Adorasti était baignée d’une atmosphère mouvementée. Des portes s’ouvraient, des domestiques allaient et venaient, des murmures parcouraient la demeure princière, la rumeur enflait et il ne faisait nul doute qu’on parlait déjà du bébé au-delà des portes du palais. Lucrezia évoluait dans cette agitation fébrile, la nuque raide mais l’air paisible, comme à son habitude. Le temps taquin lui avait volé sa dernière heure, si bien qu’elle ne parvenait à se souvenir de l’endroit où elle se trouvait avant de se précipiter au chevet de Bianca. Déjà son pied frôlait le tapis du grand escalier lorsqu’aidée d’une soudaine intuition qui chassa son trouble, elle se remémora ses recherches avortées. Rapide, Lucrezia prit la direction de la bibliothèque.

Avançant de son pas décidé à l’étage inférieur, la jeune femme perçut les accords d’un violon qu’elle ne connaissait que trop bien. Elle ralentit l’allure, un sourire radieux venant ourler les lèvres carmines. Demetrio au palais ? Curieuse, elle promena son regard en la direction du salon de musique. Désireuse, elle s’apprêtait à s’y rendre lorsqu’elle aperçut Monsieur della Lonza qui approchait au loin. Elle ne fit que peu de cas de son mystérieux revirement d’attitude, et remis à plus tard son envie d’aller saluer le violoniste. Lucrezia n’aimait pas les effusions en publique, maintenant qu’elle se savait définitivement de retour à Venise elle aurait tout le loisir de rendre visite à ce cher musicien.

Elle approchait du salon lorsqu’en sortit une soubrette fort contrariée qui la bouscula sans la voir. Son regard étonné tomba sur la pauvre fille qui lui servit un flot d’excuses inintelligibles avant de se sauver. Interloquée, l’aristocrate poussa grand la porte qui craqua sur ses gonds et de prime abord ne vit rien d’autre que le feu ronflant dans la cheminée. Une fois pénétrée dans le salon, son regard accrocha dans le coin une silhouette ramassée dans l’un des fauteuils de la pièce. Un léger froncement de sourcil et aussitôt elle comprit l’effarement de celle qui l’avait précédée. Un nouveau sourire maquilla le visage de la jeune femme. Un murmure accompagna son léger hochement de tête.


« Evidemment… »

Visiblement de fort méchante humeur, l’air aussi avenant qu’une porte de prison et l’œil morne, Tiberio Adorasti se restaurait avec le peu de manières dont il savait faire montre. Cependant Lucrezia savait les efforts qu’il déployait auprès de sa personne pour agacer son auguste paternel, aussi s’amusait-elle toujours de leurs rencontres. Le cousin d’Elio ne brodait pas dans la dentelle, sa subtilité étant à peu près égale à celle d’un dogue, et cela n’avait de cesse de piquer la curiosité de la fille du baron.

Elle franchit la distance qui les séparait avec aisance et vint se placer à la hauteur du gentilhomme à qui elle adressa un hochement de la tête distingué afin de lui laisser le temps de mettre son repas entre parenthèse :


« Monsieur Adorasti, permettez-moi d’interrompre vos agapes … Seulement, je voulais m’assurer que la bonne nouvelle vous parvienne. Savez-vous que vous venez d’être grand oncle ? »
Elle l’observait désormais avec un intérêt clinique et continua de sa voix douce :« Vous serez également ravi d’apprendre que la Princesse se porte bien, et qu’elle a donné naissance à une petite fille, la Princesse Athénaïs Adorasti ! »

Maintenant que les convenances étaient respectées, Lucrezia ne comptant pas sur l’invitation de l’homme à venir prendre place à ses côtés, elle pouvait l'abandonner-là aux plaisirs de la ripaille. La jeune aristocrate se saisit des pans de sa robe, étant sur le point de tourner les talons, lorsque soudainement elle tiqua sur un détail :

« Voyons, Monsieur, ne souffrez-vous jamais de la solitude à force d’horaires si peu communes ? »
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 21 Jan - 3:32

"- Crooiiiiiink!
- Gnnn...."

Tiberio Adorasti posa une main sur sa tempe droite, et commença à faire de tout petits ronds, dents sérrées et naseaux retroussés. Quelqu'un venait de se condamner, de signer son arrêt de mort, aucun doute. Lentement, le cousin du Prince fit pivoter sa tête, jetant un regard plein de haine à la nouvelle arrivante.
Mais.. Mince... elle?
Bon sang, il ne se sentait pas l'energie suffisante pour tenir une conversation avec qui que se soit. Encore moins s'il fallait être aimable. Il hésita un peu, puis, avec une lenteur impressionante, ses lèvres se crispèrent en un sourire. On put même voir, qu'au fond de lui, Tiberio tentait (sans trop de conviction) de prendre un air sympathique. Il échoua, et pas à moitié.


"Tiens donc.. Baronne.. Quelle.. Quelle bonne surprise."
Il se saisit d'une serviette, et s'essuya le coin de la bouche en se raclant la gorge. Ca lui avait fait mal de dire ça, il avait faillit s'étouffer, le pauvre.
"Certes, interrompez. Interrompez donc."
Ce n'était pas comme ci elle lui laissait vraiment le choix de toute manière. La prochaine fois, il faudrait qu'il pense à faire monter le repas dans ses appartements.

Grand oncle? La nouvelle lui fit arquer un sourcil. Il avait peut être bien fait de descendre en vérité. S'il était resté dans sa suite, on ne l'aurait sans doute pas mis au courant avant le soir.

"En effet, en effet je suis.. parfaitement ravi."
Il secoua la tête, faisant mine d'être un peu surpris, et posa ses couverts sur un coin de la table. C'était donc finalement arrivé? Tiberio se demanda combien de temps l'accouchement avait pu durer. La princesse avait passé des mois sans se rendre compte de la présence du marmot en son sein, quelqu'un d'aussi peu doué ne pouvait délivrer efficacement. Ca avait du être long, potentiellement douloureux.
Cette pensée réchauffa un peu le coeur du noble mal reveillé.

"C'est très bien, très bien. A-Athéna..ïs? Ha.. oui, oui oui, bien."
Une fille? Et.. lequel des parents avait bien pu proposer ce nom? Et lequel des deux avait été assez fou pour approuver?
Pff.. Peu importait.
Tiberio était maintenant grand oncle. A sa grande surprise, il sentit un petit pincement au coeur. Etait ce en raison de la naissance, ou parce qu'une fête serait sans doute organisée sous peu pour célébrer l'événement?
Il préféra se mentir, et se dire qu'il ne savait pas trop.


"Ma foi.. Voilà sans doute une nouvelle dont nous entendrons parler pour les mois à venir. Je me demande bien qui va arriver de Florence pour féliciter mon cousin, hinhinhin...
Préparez vous Baronne, préparez vous. Nous risquons de voir arriver par intervalles des hordes et des hordes de noblillons intéressés. Tout cela va encore être d'un ennui monstre."
Soupir, hochement de tête.. Mais au fond de lui, Tiberio savait bien qu'il trouverait comment surpasser cet ennui. Pourrir le séjour de ces enquiquineurs prétentieux serait un vrai plaisir.
La question que la jeune femme posa ensuite fit ricaner et pouffer notre bon ami, qui commençait à se sentir d'humeur plus joviale. Il récupéra sa fourchette et reprit son déjeuner où il l'avait laissé.


"Moi? Souffrir de la solitude? Voyons... Je n'ai qu'à m'installer quelque part seul cinq minutes pour que quelqu'un arrive et me tienne compagnie. Comment pourrait on être seul dans cette ville? Les gens ont la conversation si facile ici que même les muets sont obligés de discuter de temps à autres.
Enfin.. Je vous remercie de vous inquiéter pour moi... pffrtt.. snrrtt.. Hahahaha!"
De nouveau, il secoua sa tête de gauche à droite. Elle était bonne celle là. Comme si, lui, agoraphobe, pouvait de toute façon craindre la solitude.
"Vous savez, s'il y a quelque chose dont je souffre en réalité, c'est de la fatigue. C'est le problème des palais, les journées y sont trop longues, et les nuits trop courtes. Et c'est parce que je souffre de la fatigue que, parfois, je viens m'installer ici, où je peux me détendre, tout en savourant un encas, et.."
D'un geste lent, il saisit son verre, et le leva en direction de la demoiselle, un sourire (cette fois honnête) sur les lèvres.
".. déguster un bon verre de vin. Haha!
Vous venez de m'annoncer la naissance d'un proche, ne partagerez vous pas ma table pour l'occasion? Hum?
Je vous l'ai dit, les prochains jours risquent d'être un véritable défilé d'invités plus fatigants les uns que les autres. Certains commenceront à nous tourner autour avant la fin de l'après midi, vous verrez.
Il faudra de l'énergie pour tenir, croyez moi. J'étais là quand mon cousin est né. C'a été... Enfin.. Hinhin hinhinhin... Quoiqu'il en soit, je pense que ne pas trinquer en l'honneur de la jeune Athéna.. Athénaïs (pardonnez moi) serait presque.. presque criminel, hu-hum, oui..."
Il laissa sa phrase en suspens pendant deux secondes, et pouffa de nouveau. Seigneur, il fallait qu'il aille annoncer ça à Demetrio, et qu'ils commencent à reflechir tout de suite à leurs prochains méfaits.
..
Allé! Tiberio prendrait les devants! Il commnecerait tout seul, il avait de toute façon toujours aimé avoir quelque chose pour s'occuper l'esprit en mangeant.
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Lucrezia di Lorio
Baronne - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 23 Jan - 1:33

Elle le regardait, incrédule et circonspecte.Après la scène touchante dont avait était témoin Lucrezia dans la chambre de la Princesse, Tiberio offrait un spectacle dans une toute autre tonalité à la jeune femme. Elle lui répondit avec jovialité :

« C’est une nouvelle qui, connaissant la ville, parcoure déjà les canaux. Si je puis me permettre, c’est là une très bonne nouvelle pour le Prince et son épouse dont ne nous saurions suffisamment nous réjouir. Cela fera taire les mauvaises langues sur la prétendue naïveté de cette chère Bianca, du moins je l’espère ! »

Un léger froncement de sourcil entendu vint ponctuer ses mots. Lucrezia se n’avait pas oublié leur première conversation durant laquelle son vis-à-vis s’était longuement épanché sur le cas de la Princesse dont la découverte tardive de la grossesse en avait laissé plus d’un perplexe, lui le premier.
Son regard vint se poser alors sur l’assiette de Tiberio et s’égara, son attention cependant restait dirigée sur les propos de l’aristocrate à qui elle répondit d’une voix peu enjouée, dans un soupir presque lasse :


« Il est vrai que cela ne sera pas de tout repos… Ceci étant dit, je ne vois vraiment pas de quoi vous vous plaignez ! Cela vous fera une excellente compagnie pour vos nuits de débauche ! »

Elle releva les yeux, adressant cette fois-ci un regard sévère à son interlocuteur, une moue réprobatrice au coin des lèvres. Elle avait ouï dire par plus d’une servante que ce dernier avait pour habitude d’emmener dans ses pérégrinations nocturnes son cher Demetrio, et c’était une perspective bien peu réjouissante que d’imaginer le violoniste entraîné dans les folles virées de son aîné dont la réputation n’était plus à faire. Lucrezia n’y aurait attaché que peu d’importance si la rumeur ne persistait pas à lui dépeindre l’influence désastreuse du dit libertin sur le musicien. Aussi envisageait-elle la venue de nouveaux hôtes au palais avec un certain soulagement. Elle se radoucit, laissant ses considérations intérieures de côté et reprit d’une voix amusée :

« Et puis de quoi me plaindrais-je, Monsieur? Je ne suis en aucun cas concernée par ce remue-ménage… »

Elle le regarda se remettre à table après s’être esclaffé sans la moindre retenue. Elle arqua un sourcil, nullement offusquée, et l’écouta parler avec ravissement, les raisonnements de Tiberio la réconciliaient toujours avec les manières grossières du personnage. Elle s'autorisa même à accompagner ses anticipations d'un pouffement et, toujours secouée d'un rire, lui dit de sa voix mielleuse :

« Voyons, ne vous plaignez pas tant, le Prince vous accueille sous son toit et le confort qu’il vous offre est d’une rare excellence ! Je crois surtout, Monsieur, que vous resterez toujours un grand insatisfait à force de vous perdre ainsi en réclamations ! Si c’est le calme qui vous convient, je ne saurais que trop vous recommander de quitter Venise sur le champ et de battre en retraite au couvent !»

Entendant son invitation, elle hésita à prendre place à ses côtés, puis se résigna.
« Et bien, puisque vous me le proposez, je n’ai aucune raison valable à vous opposer ! » Après tout, il faudrait bien trinquer à un moment ou un autre de la journée ! Elle s’assit confortablement face à lui et tendit une main dans laquelle un valet déposa aussitôt un verre à vin qu’il remplit précautionneusement. Lucrezia inclina légèrement la tête pour qu’il s’écarte et reprendre ainsi la conversation avec Tiberio qui s’animait désormais sur les invités.

« Quelle propension étonnante vous avez à vous croire si souvent le centre de l’attraction, Monsieur Adorasti… Voyons, ne vous torturez pas ainsi, ces gens ne viendront pas pour admirer le fruit de vos œuvres… » Avec ironie, elle désigna sa mine épouvantable d’un geste gracieux de sa main qui contrastait déjà avec l’attitude de son vis-à-vis. « Et ne croyez-vous pas que cette animation sera l’occasion de donner de belles fêtes ? » Elle écarquilla ses yeux sombres, sa voix se faisant plus caressante : « Étonnamment, j'ai plus à plaindre ces gens que vous-même Monsieur ! Mais il ne fait aucun doute que vous saurez trouver quelque motivation pour vous ménager… »

Elle leva son verre et dit d’une voix plus forte : « Alors empressons-nous de le faire si cela suffit à taire vos superstitions ! Levons nos verres en l’honneur de la Princesse Adorasti, Athénaïs ! » Radieuse, elle porta le verre à ses lèvres et apprécia un instant la saveur du bouquet avant de le reposer sur la table basse." Hm délicieux..." Un murmure à peine audible...
Maintenant que cela était fait, elle se remémora les paroles de Tiberio à propos de la naissance d’Elio et ce détail la fit grandement sourire. Imaginer qu’il ait un jour connu le Prince petit enfant la plongeait dans une curiosité jubilatoire, elle chassa néanmoins cette pensée par une autre et demanda :


« Et vous Monsieur, n’avez-vous vous même jamais songé à fonder une famille ? »
Poser la question autrement était inenvisageable, il suffisait de poser ses yeux sur le personnage pour connaître la réponse.
Elle reprit ses mots cependant, et reformula ses propos :

«De manière officielle, je veux dire… »
Décidément, elle ne se lasserait jamais d’étudier le phénomène Tiberio Adorasti.
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Tiberio Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 23 Jan - 6:57

Tiberio rit plusieurs fois. Son interlocutrice savait faire preuve d'un certain humour, et lui, il ne fallait de toute façon pas grand chose pour le dérider. Il allait pouvoir tenir une conversation sans avoir à se faire rire lui même!
Enfin.. Il allait pouvoir tenir une conversation en riant deux fois plus que d'habitude! Dans cette ville où la rigolade était aussi étrangère à certains que le gout des pois secs, l'événement était assez rare pour être souligné.


"Ho.. Ho ho ho ho! "Nuits de débauche"? Jeune fille.. chercheriez vous à m'offenser?"
Bien entendu, l'offense n'était pas là, et le soi-disant offensé ne cessa pas de sourire.
"Vous avez cependant mal choisi vos mots.
Ces rapaces ne seront en aucun cas une "excellente compagnie". Les rapaces sont des rapaces. On s'amuse avec quelqu'un de bonne compagnie. On s'amuse aux dépens des rapaces. Ce n'est pas la même chose, pas du tout."

Il écouta la suite attentivement, pouffant de ci de là, ne tiquant qu'une fois, lorsque la jeune femme lui parla de son "étonnante propension à se prendre pour le centre de l'attraction". A vrai dire, ces mots là étaient de ceux qui pouvaient le faire sortir de ses gonds.
Evidemment, il n'en laissa rien paraitre. Il essaya en tout cas, mais une de ses paupières se crispa un instant. Les nerfs. Il se ressaisit bien vite, et se força à conserver la bonhomie (relative) qu'il venait à peine d'acquérir. Il ne fallait pas que son caractère change - surtout pour si peu - sans quoi il recommencerait à marmonner dans sa barbe des mots désagréables, comme lors de tant d'autres lendemain de cuite.

"Quand je disais qu'ils nous tourneront autour, j'entendais.. comment dire? .."Nous". "Nous autres". Nous qui logeons ici. Au palais. Hahaha. Je suis sur que les premières semaines, certains seront assez idiots pour venir me demander, même à moi, si j'ai des nouvelles de l'enfant. Je regretterais ceux là pendant les mois suivants, lorsqu'ils auront commencé à mettre en garde les nouveaux venus contre mes.. disons.. espiègleries. Hahaha!
Mais.. oui.. vous avez raison. De belles fêtes. Sans aucun doute."

Le cousin du prince leva son verre à la suite de la jeune femme.
"A Athénaïs, oui! Puisse-t-elle avoir la beauté de ses parents, et surtout l'esprit de son père!"
Puis, en gloussant, il avala deux gorgées, qui réchauffèrent sa gorge déjà sèche. Deux gorgées qui faillirent être promptement recrachées. Il fallait dire que la question était assez inattendue. Bon sang, il y avait même eu quelques gouttes pour remonter dans le nez!
Tiberio s'excusa en ricanant, s'essuya la bouche avec sa serviette, et la tint contre son visage quelques secondes, dévisageant la rousse beauté qui lui faisait face, l'air stupéfait, ne sachant encore trop que choisir entre l'hilarité et.. et.. herm..
En l'absence d'un deuxième choix, il lui fallut bien choisir l'hilarité. De toute façon, la correction qu'elle apporta à la question ne lui permettait aucune autre réaction. Il gloussa, gloussa, retira sa serviette, et éclata enfin de rire.

"Qu'entendez vous par là, hum?"
Ses yeux pétillaient de malice, il appréciait ces quelques piques. Pendant une seconde, il fut tenté de parler d'un certain Luciano, qui, lui aussi, avait de l'expérience dans le domaine de la paternité. Bien vite cependant, il chassa cette idée. C'était tout de même aller un peu loin, il ne voulait pas voir la "seule" fille du monsieur s'offusquer. Une femme en colère? A cette heure ci? Si elle élevait le ton, qu'elle montait un peu trop dans les aigus.. le pauvre Tibère risquait l'implosion cranienne.

"Y-ai-je songé..?
Oui. Sans doute. Vous savez.. Ces nuits, où l'on est un peu fièvreux, où l'on arrive pas à fermer l'oeil, malgré des efforts incessants. Hum? Vous voyez de quoi je veux parler? Dans ces nuits là, tout vous passe par la tête, dix fois d'affilée d'ailleurs, même les idées les plus folles.
Et bien, je suppose, que lors de nuits de ce genre, j'ai du y penser. Oui."
Il pouffa.
"Non. Non, attendez! Je sais! J'y ai pensé.. lorsque.. moui.. lorsque j'ai vu ma mère à Florence, et qu'elle m'a jeté ce doux regard, noir comme l'Enfer, en grognant : "Gneu.. Maries toi!" Haha oui! Là j'avoue que.. j'ai senti quelque chose. Au.. Au fond de mon coeur, comme.. une vibration."
Il posa une main sur sa poitrine.
"J'ai senti qu'il me fallait.. trouver une compagne et.. oui.. me retirer, dans un lieu paisible.. entouré par une bande de gentils petits marmots et... Hahaha!"
Rires, soupir.
"Ecoutez.. La manière officielle ne me conviendrait pas vraiment je crois. Je vous demanderais volontiers si vous pouvez m'imaginer en train d'élever des enfants, mais j'ai peur que votre réponse ne me blesse."
Haussement d'épaules.
"Ce n'est pas de ma faute. Il semblerait que la Nature m'ait privée d'instinct paternel. Il ne sert à rien de lutter contre la Nature, hum? Hahaha!
Mes cousins se sont déjà chargés de perpétuer la dynastie, et, de toute manière, seuls les enfants de ce cher Elio compteront, alors, pourquoi s'ennuyer?"

Tiberio laissa échapper un nouveau soupir. Il ne s'en était pas vraiment bien tiré, mais comment aurait il pu répondre autrement? Avait elle essayé de le mettre en difficulté? En tout cas, elle avait (presque) réussi. Il le lui revaudrait, hinhin. Il trouverait comment faire.
Pour l'instant, il se contenterait de lui renvoyer la balle.

"Maintenant, si vous le permettez, je vais vous retourner la question, hum?
Hahavez vous songé à fonder une famille?"
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Lucrezia di Lorio
Baronne - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 23 Jan - 19:37

"-Oh vous maîtrisez l’art de l’euphémisme mieux que personne” Glissa-t-elle à l’encontre de Tiberio lorsqu’il évoqua ses prétendues “espiègleries”. Encore une fois, il ne fallait y voir aucune offense, Lucrezia n’était jamais dupe lorsqu’elle s’adressait à lui et n’aurait jamais osé prétendre le contraire en sa compagnie. Et elle n’avait aucun scrupule à le lui faire savoir, sachant très bien où commençait entre eux l’irrévérencieuse insolence et où se terminait l'ironie complice.

"Qu'entendez vous par là, hum?" Dans un battement de paupières appuyé, Lucrezia ne détourna pas son regard des iris malicieuses braquées sur elle. Elle le soutint et soupira avant de répondre de sa voix calme et posée : “Et bien nous savons tous deux que ce genre d’affaire est commune ! Les hommes s’encombrent si peu souvent des formalités du mariage pour semer ici et là quelque engeance naturelle... Libre à vous ensuite de relever ou non mes sous-entendus, je ne cherche en rien à vous piéger si cela peut vous rassurer.”Lucrezia s'autorisait la complicité, en la présence de Tiberio elle ne ressentait nul besoin de taire sa franchise naturelle. Si l'homme tentait parfois de nuancer ses inclinaisons en sa présence et de modérer son attitude, Lucrezia n'en faisait rien. Il abordait désormais le délicat chapitre de la paternité, et la jeune femme prit soin de ne pas l'interrompre, se contentant de recevoir chacune de ses paroles d'une subtile inclinaison de la tête. Elle prêtait une oreille attentive aux paroles de son vis-à-vis, étonnée même des informations qu'il glissait avec sincérité. Une fois qu'il eut terminé la fille du Baron entreprit de lui faire entendre son propre raisonnement :

“Vous remarquerez j’espère que j’ai pris soin de ne pas mentionner l’épouse avant les enfants, Monsieur... Ne demandez pas mais laissez-moi vous répondre. Je ne suis pas de ceux qui croient à l’instinct paternel, ou alors vous vouliez dire “instinct de survie” et dans ce cas je vous l’accorde, nous faisons des enfants avant tout dans cette perspective-là !” Elle se redressa contre le dossier et déploya son éventail, elle l’agitait au gré de ses paroles. S’animant en douceur, la jeune femme offrait son argumentaire avec plaisir : “Non, je crois surtout qu’aimer son enfant-une fois qu’il est né- est chose tout à fait naturelle, bien plus que ce fameux "instinct paternel", concept un peu trop fumeux à mon goût.

Pour ce qui est de savoir à quel moment précis fonder une famille ... Est-on jamais prêt ? Les scrupules qui accompagnent la démarche très officielle, j’entends par-là les mariages et autres cérémonies, ne sont qu’exacerbés par la sentiment que les unions, au-delà des arrangements passés entre les familles, se font souvent dans ce but précis. Voyez-vous où je veux en venir ?” Elle reposa distraitement l’éventail sur la table basse et lissa le ruban qui lui ceignait la taille. “Qui sait, peut-être un jour prendrez-vous épouse et l’enfant qu’elle vous donnera touchera quelque chose en vous d’insoupçonné. D’ailleurs je peux vous rassurer sur un point, vous n’auriez nul besoin de mettre un terme à votre faste quotidien... Croyez-vous donc que c’est se renier soi-même que d’avoir des enfants ?”

Elle secoua doucement la tête et continua avec la même animation:“Vous craignez de vous “ennuyer” à faire cela, mais à mon sens votre raisonnement comporte une faille... Au contraire, et sur ce point vous en conviendrez, c’est une chance pour vous qu’il revienne au Prince Elio de perpétuer le nom : cela vous laisse le champ libre, et vous pouvez choisir à votre guise ce qu’il adviendra de votre propre sang... Certes, de votre point de vue cela vous épargne, mais du mien cela me laisse présager qu’un jour peut-être vous envisagerez la paternité sous un tout autre jour. Et croyez-moi, il ne sera plus question d’instinct, ni de nécessité, seulement d’envie. Beaucoup sauraient vous jalouser pour cela...”

C’est un sourire plein d’entrain qu’elle offrit alors à son vis-à-vis. Elle profita de cet instant pour tremper de nouveau ses lèvres dans son verre. Arquant un sourcil en l'entendant lui retourner sa question, Lucrezia reprit une gorgée avant de répondre franchement à l’indiscrète interrogation de Tiberio :

“En effet, j’y songe. Mais ce sont là des considérations qui me paraissent floues et lointaines, comme je vous l’ai dit je ne crois pas à la prédisposition qui fait des femmes des mères avant l'enfantement... Lorsqu’il a été question que l’on me marie à un vieil aristocrate dont j’ai égaré le nom, j’étais trop jeune pour y penser. Quand j'y pense... Aujourd’hui vous me verriez entourée d’une ribambelle d’enfants et peu importerait que je les ai voulu ou non... Maintenant que j’ai atteint un âge raisonnable pour prendre le nom d’un autre, fonder une famille ne me fait pas peur...”

Elle détourna le regard et leva les yeux au ciel avant de souffler sur le ton de la confidence, un sourire circonspect au coin des lèvres :
“ De toute façon, rien ne sert de se mentir...” Les frêles épaules se secouèrent d'un rire amer: “je n’aurais pas le choix...”

Lucrezia du fait de son éducation privilégiée n'avait jamais eu à subir les humiliations liées à son statut de femme. Et les différentes étapes de sa vie lui avaient permis de se faire une idée concrète des possibilités de s’en défendre. Seulement lorsqu’il était question de mariage, et même de famille, toutes sortes de questionnements auxquels elle se prêtait si peu volontiers, Lucrezia avait conscience d’atteindre ses limites. Elle n’était pas mal à l’aise pour autant, mais au fond d’elle la jeune aristocrate ressentit cette inconcevable injustice lui étreindre le cœur comme un étau. Elle n'en laissa rien paraître et dit d’une voix enjouée :

“Qui sait, peut-être que parmi ces rapaces dont vous parlez nous trouverons de quoi alimenter le feu de cette conversation... Je serais très curieuse de voir quel genre de femme peut susciter chez vous autre chose que...” de la goujaterie, muflerie, grossièreté ? Lucrezia lui accorda un sursit, la bonhomie du personnage lui plaisait et elle ne tirerait aucune satisfaction à le piquer outremesure : “...votre espièglerie !” Elle ponctua ses mots d’une nouvelle gorgée de vin, souriante.
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Tiberio Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 20 Fév - 22:12

Et bien.. Si Tiberio avait pu deviner.. Jamais il n'aurait laissé ça se produire. Jamais il n'aurait donné à la jeune femme une occasion de disserter ainsi. Pourquoi les femmes étaient elles toujours si prompte à parler procréation? Pourquoi Tiberio se faisait il toujours avoir?
Le pauvre homme fut saisi d'un énorme coup de cafard. Les "éduquées" étaient les pires pour ça. Les convaincre d'oublier le sujet était une épreuve difficile, et rarement couronnée de succès. Plus intéressant pour notre cas, elles étaient particulièrement bavardes.
La jeune Lucrezia venait de gagner haut la main une place dans le classement des dix plus terribles.

Le cousin du Prince se pinça l'arrête du nez, ferma les yeux, et hurla un soupir intérieur. Il tenta de faire semblant de s'intéresser, mais son regard trahissait sa pensée au moins aussi fort que Judas avait trahi Jésus.
Dans un faible effort pour ne pas montrer qu'il préférerait être tranquille, Tiberio marmonna des "hmm hmm" approbateurs de temps à autres, renforcés par quelques gestes de la tête. Il continua ainsi jusqu'à ce qu'une phrase le réveille en sursaut. Elle n'aurait pas le choix disait elle?
C'était l'occasion! Il lui fallait foncer, maintenant! Il pouvait! Il pouvait changer de sujet sans paraitre trop rustre! Enfin..


"Bien. Vous en êtes consciente. Je pense que vous raisonnez beaucoup trop sur ce sujet. Si telle est la volonté du Seigneur, vous aurez des enfants."
Il ricana.
"Pourquoi ne pas se limiter à cela, hum? Cela vous épargnerait bien des heures de reflexion, que vous pourriez passer à des activités plus.. constructives ou.. amusantes.. ou peu importe!
Hum? Il ne faut pas se tracasser à ce point pour de telles choses. Il y a tellement plus important dans la vie. Et tellement plus intéressant! Les fêtes! Le vin!"
Les femmes! Certes. La seule fille des di Lorio n'était surement pas concernée par cette option là. Mais rien qu'avec les deux autres, elle avait de quoi s'occuper.

Lorsque la demoiselle prononça sa dernière phrase, Tiberio gloussa.

"Non, je ne crois pas. Je ne crois pas qu'on puisse croiser ce genre de femmes dans l'une des fêtes à venir, et je ne crois pas non plus que ce genre de femmes existe. Personne n'est à l'abri de mon espièglerie, héhé.

Mais, vous savez.. Peut être.. Peut être un jour rencontrerez vous un pichet particulièrement.. séduisant (?) Qui (comment dites vous?) "touchera quelque chose en vous d’insoupçonné", c'est cela?"
Le bon Tibère se saisit du pichet présent sur la table, le leva, le tourna un peu, l'étudia, les yeux plissés, et finit par le reposer, avec un hochement de tête satisfait.
"Celui là est joli par exemple, et surtout, il est rempli d'un breuvage.."
Il trempa ses lèvres, fier de lui. Fier de sa petite pitrerie.
"..purement délicieux.
Bref. Un jour peut être croiserez vous un pichet de ce genre, et qui sait? Peut être laisserez vous tout tomber! Peut être partirez vous à l'aventure! Haha! Qui sait? Peut être abandonnerez vous vos projets de mère, pour.. vivre au jour le jour, en appréciant ce que nous offrent.. euh.. la Nature, Dieu.. et puis le reste. Hein. La vie.
Hinhin.
Je ne peux que vous le souhaiter."
Il ponctua ses mots d’une nouvelle gorgée de vin, souriant.
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Lucrezia di Lorio
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Jeu 21 Fév - 15:45

Lucrezia s’était emportée, son éloquence une fois de plus l’avait menée bien au-delà des arguments qu’elle comptait avancer. Elle ne se laissa pas déconcerter pour autant par le désintérêt ostentatoire de son auditeur et, lorsqu’il eut fini de lui répondre qu’elle aurait mieux fait de se taire, elle haussa les épaules et répondit dans un soupir lassé :

"Vous êtes déconcertant Monsieur ! Moi qui pensais que la paternité de votre cousin donnerait matière à discuter, je constate que j'ai eu tort de vouloir en disserter avec vous... Faut-il que je ne vous parle que de vin et de beuverie pour éveiller chez vous un tant soit peu d'intérêt ? Dommage, j'ai cru à tort que vous seriez capable de pareille prouesse dans un autre domaine..."

Ce qu'il affirma ensuite confirma ses scrupules. Une moue perplexe accompagna sa réponse : "A vous entendre... " Elle leva la main et désigna sa mise tandis que ses yeux accompagnaient son geste rapide :" et cela se voit d'ailleurs- rien n'est plus intéressant que faire la fête... Je me demande seulement ce que vous en tirez... en dehors de la migraine..."

Sa voix s'éteint un moment dans un silence introspectif. Elle-même réfléchissait à cela, elle l'interrogeait plus qu'elle ne l'attaquait. Elle s'expliqua : "L'intérêt d'une fête réside en son caractère exceptionnel, éphémère. Or il me semble que vos habitudes vous amène tous les jours à fêter une nouvelle occasion … Que célébriez-vous hier par exemple ?"

Faussement naïve, Lucrezia accompagna son interrogation d'un soupir méditatif. Elle inclina la tête sur le côté, son regard rivé sur les yeux du facétieux personnage.

La pirouette sur le pichet de vin provoqua un hochement de tête navré:
"En d'autres termes, vous me souhaitez beaucoup de migraines et une mort sociale à coup sûr !" Ironisa-t-elle.
Si l'on remettait la conversation dans son contexte, il y avait de quoi rire en effet.

Les derniers mots la piquèrent dans son orgueil. Le menton haut, d'une voix sans chaleur, elle répondit :
" J'ai d'autres ambitions que la dépravation..."
Ses lèvres se retroussèrent dans un sourire satisfait :
Dieu merci, je connais d'autres plaisirs ! Mais vous...?" Elle plongea ses yeux couleur dans les siens : "En dehors des plaisirs de la chair, qu'est-ce qui vous touche, Monsieur Adorasti?"


Dernière édition par Lucrezia di Lorio le Ven 28 Mar - 17:01, édité 1 fois
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Tiberio Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Jeu 27 Mar - 19:14

Pauvre, pauvre Tibère. Depuis plusieurs minutes déjà, il luttait pour rester eveillé, il se forçait à.. à écouter et.. tentait même de participer, voire de glisser une ou deux blagues à droite ou à gauche. Et.. Et.. Ingratitude!
Qu'est ce qu'on lui donnait en échange de toutes ces peines? Rien. Pire que rien même. On le traitait d'ivrogne. Elle le traitait d'ivrogne. Du haut de ses 20 ans. Elle osait. La fille de di Lorio.

Avec son humeur du jour, il n'en faudrait pas beaucoup plus pour le faire sortir de ses gonds. En silence, il écouta la jeune femme donner son avis (qu'il n'avait pas demandé) sur son comportement (qui était irréprochable). Tête enfoncée dans les épaules. Regard noir. Grincements de dents.


"Ecoutez.. Mon cousin a une fille. Je m'en réjouis. Ce n'est pas pour autant que je vais me lancer dans un débat sur l'enfantement, ses pours, ses contres, et que sais-je encore!
Et.. Et.. mademoiselle, je vous demanderais de ne pas aller trop loin. Je ne tolèrerais pas vos injures bien longtemps."
Si Tiberio avait eu le pouvoir de réellement "fusiller quelqu'un du regard", nul doute qu'on aurait trouvé Lucrezia di Lorio dans ce salon, tellement criblée de balles que même son père aurait eu du mal à la reconnaitre. (Mal)Heureusement, personne ne possède ce genre d'habilités.
Le cousin du prince Adorasti se contenta donc de la fusiller au sens figuré, comme tout le monde.

"Personne. Vous entendez.."
Il se redressa et posa son verre sur la table.
"Personne ne.. hum.. comment..? hmm.. grmbl.. personne ne.. et.. Herm.."
Non mais oh. Pour qui elle se prenait? Hein? Elle lui en faisait perdre ses mots. Enfin, c'était surtout son mal de crane qui lui faisait perdre ses mots, mais elle en était la cause. Enfin.. Pas vraiment. Mais pour qui elle se prenait?
En grommelant, le cousin du Prince se renfonça dans son siège et croisa les jambes. Puis les bras. Arborant un sublime sourire rempli de colère et de dents, le fier membre de la famille princière se mit ensuite à agiter les mains, tandis qu'il répondait à sa charmante interlocutrice, devenue un charmant défouloir.


"Et.. Et puis quoi? Quoi? Hum? Le.. Le pichet de vin!"
Il s'en saisit.
"Ne savez vous pas.. l'humour.. "plaisanterie".. Oui?"
Boum! Il reposa le pichet sur la table. Plutôt violemment, vous l'aurez deviné.
"Ne savez vous pas ce que c'est?! Hum?! Et.. oooh.. Madame a d'aauutres ambitions que la dépravatiooon. Fantastique. Bravo. Amusez vous bien. Ce sera sans moi.
V-Vous voulez savoir ce qui m'émeut, en dehors des fêtes? Pourrons nous enfin parler de quelque chose digne d'intérêt si je vous répond : la chaleur d'un foyer, l'infinie miséricorde du Seigneur et la contemplation d'un ciel étoilé en été?
Enfin. Voyons!"

Le prince soupira, et se renfonça, cette fois ci définitivement. Il ne se relèverait plus, décidé. Cet accès de colère, bref mais intense, l'avait vidé. Et maintenant qu'il était vidé, que son esprit fonctionnait à nouveau à peu près, il commençait à penser aux conséquences de ladite colère. Les réprimandes, les messes basses et les regards en bief. Encore. Pffiou..
C'est pourquoi il soupira de nouveau, et c'est pourquoi il parut soudain si las.
Mais il n'allait tout de même pas s'excuser! Il avait des principes! C'était un Adorasti. D'un autre coté.. Les réprimandes.. les messes basses..

"Non mais.. je m'emporte mais.. tout de même.. moi.. un ivrogne.."
Il ne put pas faire mieux.
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Lucrezia di Lorio
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 28 Mar - 17:31

Lucrezia regarda Tiberio s'énerver d'un air circonspect, à ses accusations elle lui répondit d’une voix morne :

« Voyons Monsieur Adorasti, ne vous emportez pas de la sorte ! J’ai joué votre jeu, vous voyez comme cela peut être désagréable ! Vous vous moquez sans cesse, pourquoi d’autres ne pourraient-ils le faire en toute impunité ? »

Elle ne termina pas son verre et le reposa soigneusement sur la table, elle dévisageait Tiberio qui se livrait à un étonnant numéro de grommellements inintelligibles.
Lentement la Baronne se redressa, elle lui dit d’un ton sans appel :


« Je ne vous ai pas insulté, mais s’il vous plaît à croire que c’est-là votre lot quotidien… »

Elle se leva et s’inclina dans une rapide révérence, ses yeux toujours plantés dans les siens.
Il n'y avait aucune animosité dans son regard, seulement une lueur fière :


« Alors je n’ai plus qu’à vous laisser méditer. Vous qui vous targuez tant de votre prétendue largesse d’esprit, apprenez à prendre en compte celle des autres ! Et laissez-moi seulement vous objecter que si le respect est ce que vous vous croyez dû, n’attendez pas que ceux dont vous vous moquez vous le rendent gratuitement. J’ai cru bon de vous donner un aperçu, très juste d’ailleurs, de ce que votre conversation m’inspire. Je vous abandonne à votre bouderie ! »

La jeune femme tourna les talons et quitta la pièce d’un pas rapide.

(ailleurs, j'éditerai !)
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Contessina de' Bardi
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 7 Juin - 20:50

[Le Grand Hall]

Contessina mena la jeune Maëlwenn à travers les couloirs du palais sans mot lui dire. De nature même, la comtesse n'était pas des plus loquaces. Prêtant toujours une oreille attentive aux discussions, elle ne parlait pas dans l'unique but de meubler la conversation. Aussi méprisait-elle au plus au point les femmes, ces bourgeoises de mégères, qui avaient pour habitude de se rencontrer afin de se raconter les dernières nouvelles, plus croustillantes les unes que les autres. Contessina préférait de loin à tout cela les moments de pleine quiétude, confortablement assise dans un fauteuil, à lire quelque Boccace et autre Dante. Ses six années passées au couvent ne l'y avait pourtant pas aidée: Contessina avait alors pris une malin plaisir à défier sans cesse l'autorité des religieuses, que ce fût en racontant des histoires salaces aux autres pensionnaires, ou en les entraînant dans des escapades nocturnes à la rencontre des garçons de ville. De la fillette dévergondée qu'elle était, Contessina Adorasti, devenue comtesse de' Bardi après avoir épousé le comte Vernio de' Bardi, avait bien changé. Quelque trente années la séparaient de cette enfance bénie, maintenant si lointaine.

Contessina poussa la porte qui donnait sur le grand salon et pénétra dans la luxueuse pièce, toujours suivie de Maëlwenn. Rien n'avait changé depuis sa dernière visite qui remontait à plus de six mois. Sa tante ne rendait visite au prince qu'une à deux fois par année, tout au plus. Non pas que la distance séparant Venise de Florence fût d'une éprouvante longueur, mais la comtesse était très attachée à sa ville natale. Elle compensait néanmoins ce manque de visites par le prolongement de ces séjours. Ici, à Venise, elle s'était fait nombre d'amis considérables, mais était surtout connue pour son arrogance sans limites et son caractère des plus hautains. Ici, les gens de la populace la surnommait volontiers "la Truie florentine"; elle le savait, et son aversion profonde pour eux n'en était que plus renforcée. Cependant, il n'en avait pas toujours été ainsi. Petite, Contessina passait beaucoup de temps à joueur avec les autres enfants de son âge, des fils et filles de fermiers pour la plupart, au grand désespoir de ses parents. Et lorsqu'elle leur avait annoncé d'un ton ferme que c'était avec le garçon d'écuries qu'elle comptait se marier, ceux-ci lui avaient aussitôt rétorqué que jamais cela ne se ferait et qu'elle devait épouser quelqu'un de sa condition sociale. Tout ce qu'elle méritait, c'était le couvent à vie. Contessina avait alors dix ans.


"Prenez place dans ce fauteuil", fit-elle à Maëlwenn en lui désignant de la main le dit fauteuil.

Pour l'instant, Contessina se montrait dotée d'une affable urbanité avec la jeune invitée. Elle ne tenait pas à se froisser avec la comtesse de Hedmark, à peine arrivée. Mais, étrangement, elle n'avait nul besoin de se contenir derrière un masque de politesse exacerbée qu'elle se donnait parfois, lors de soirées mondaines par exemple. Son charme et sa gentillesse vis-à-vis de Maëlwenn n'étaient pas travaillés, et elle en déduisit que c'était un point positif quant à leur bonne relation.
Contessina prit aussi place dans un fauteuil, proche de son interlocutrice.


" Pour tous vous dire, je suis moi-même apparentée à la famille Adorasti, expliqua-t-elle, omettant toujours de préciser qu'elle était la tante du prince. Je voyage régulièrement de Florence, où je réside, jusqu'à Venise. La cité en cette saison y est particulièrement belle. Mais vous aurez tout le temps qu'il faut pour visiter ses merveilles dans les jours qui vont suivre."

Contessina continua sur le ton de la franche sympathie, sans pour autant lui poser la moindre question. Elle espérait qu'ainsi, Maëlwenn serait plus autrement disposée à lui en dire davantage sur ce qui l'amenait ici, à Venise.
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Maëlwenn Sjórk
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 10 Juin - 11:38

[Le Grand Hall]

Docilement, telle une petite fille qui suit une quelconque matrone lui montrant sa nouvelle demeure, Maëlween ne déviait pas du chemin que lui indiquait la comtesse. Le Palais était magnifique. Elle aurait pu rester des heures à étudier ne serait-ce que l’architecture si particulière. Et il y a avait, en plus, les divers objets d’art. Cependant, en bonne jeune femme cultivée, elle ne devait leur accorder qu’un regard admiratif tout au plus. Elle n’était qu’une femme après tout.

Le silence qui accompagnait leurs pas lui allait très bien. Elle savait tenir une conversation bien entendu, qui ne savait pas ? Cependant, elle trouvait cela inutile avec sa nouvelle compagne. Cette dernière était bien trop habituée à ces mondanités pour y céder maintenant. Elle affirmait encore une fois cet orgueil que la Norvégienne avait senti lors de la remarque sur les serviteurs. Mais elle ne pouvait lui en vouloir chacun avait un petit défaut. Peut-être était-elle aussi hautaine ?

La comtesse était quelqu’un qui se contrôlait énormément. Elle se contrôlait toujours en public. Elle ne pouvait pas laisser son naturel prendre le dessus ; tout simplement parce qu’elle était trop gentille. Son éducation lui avait appris à être conciliante, souriante et avenante. Cependant, le monde dans lequel elle avait dû pénétrer suite à son mariage demandait ces trois qualités. Mais il fallait aussi garder sa place, être plus forte que les autres et être mesquine. Il fallait mentir pour exister. Alors pour ne pas être mis au ban, elle devait offrir un autre visage d’elle-même.

Voilà comment notre jeune femme voyait le monde qui l’entourait : une succession de faux-semblants. Elle s’y était adaptée et l’acceptait totalement. Néanmoins, elle gardait l’espoir que possèdent les personnes naïves et un peu trop romantiques ; un espoir un peu déraisonné mais qui permet de vivre un peu mieux.

Enfin, elles arrivèrent dans un petit salon. Elle obéit toujours aussi sagement. Du bout du fauteuil, elle écoutait le discours de Contessina. Elle était donc de la famille Adorasti, ce qui expliquait le fait qu’elle prenne autant d’initiative dans cette maison qui n’était pas vraiment la sienne. Maëlween s’autoriserait la même chose chez celle qu’elle appelait affectueusement Tante Catherine. C’était uniquement une question d’intimité.

Dans tous les cas, son mari avait déjà dû faire la connaissance de la Tante du Prince puisque chaque année, il passait quelques temps à Florence pour les affaires. C’était d’ailleurs grâce à ce dernier qu’elle avait noué des relations purement postales avec cette famille. Et de cette relation était née l’invitation de ce séjour à Venise. Pour se changer les idées.


« Comme vous l’avez sûrement deviné, c’est mon premier voyage en Italie. Je suis originaire de Norvège. »

Elle espérait que son interlocutrice se faisait une idée de cette région annexée par le Danemark. Il était difficile de décrire son pays natal à des étrangers qui ne connaissaient que le soleil de la Méditerranée. Néanmoins, elle faisait de son mieux espérant que ses récits suscitent l’envie de partir pour ces terres glacées.

« Ainsi, j’espère que vous pourrez m’indiquer les lieux à voir et ceux à éviter. »

Elle demandait un peu plus par cette simple phrase. Elle ne connaissait rien de Venise : elle ne savait pas comment s’y comporter. Les coutumes étaient peut-être différentes. De plus, elle ne savait pas quelles personnes étaient fréquentables et celles qui l’étaient moins. Bref, elle se retrouvait perdue dans un nouvel univers dans les codes n’étaient pas les mêmes. Elle avait tout à ré-apprendre.
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Lucrezia di Lorio
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 11 Juin - 16:33

C'étaient les sourcils froncés et la mine boudeuse que Lucrezia avait quitté quelques heures plus tôt le salon du Palais Adorasti, abandonnant d'humeur sombre le cousin d'Elio. Elle y revenait détendue par sa marche au travers des ruelles de Venise en quête d'un peu de repos, la marche rythmée avait quelque chose d'apaisant. Elle avait profité de la clémence du ciel azuré pour flâner le long des allées du Rialto avant de revenir à la Ca'Adorasti.

Alors qu'elle s'apprêtait à regagner ses appartements une vive rumeur qui agitait les domestiques lui parvint aux oreilles, cela faisait mention d’une certaine femme dont l'arrivée n'était pas pour donner du repos à la valetaille. Un sourire enchanté accueillit la nouvelle et la fille du Baron di Lorio s'enquit aussitôt d'aller saluer la nouvelle arrivée au palais. Après avoir interrogé une soubrette elle prit la direction du Grand salon. Cette fois-ci c'était un sourire plein de chaleur qui maquillait ses traits.

Elle ne prit pas la peine de se faire annoncer, elle savait que la Comtesse ne ferait pas cas de son interruption. Lucrezia avait entendu qu'elle était accompagnée, et l'agitation des valets aux étages la poussait à croire que la tante d'Elio n'était pas la seule nouvelle venue en ce jour. Au loin déjà elle surprenait les échos d'une conversation déjà engagée. A en entendre son accent c'était à n'en point douter que l’inconnue était étrangère.

Entrant dans la pièce, les yeux sombres de Lucrezia vinrent embrasser le profile aristocratique de Contessina de' Bardi. Les lèvres se retroussèrent dans un sourire charmé. La compagnie de la comtesse inspirait un grand respect à Lucrezia. L'autre femme à qui elle s'adressait ne lui avait jamais été présentée, elle avait vu juste.
Arrivée à leur hauteur, Lucrezia s'inclina poliment et salua les deux femmes avec déférence, adressant un regard appuyé à chacune. Ce fut à la tante du prince qu'elle s'adressa en premier :


"Comtesse, quel plaisir de vous compter parmi nous ! J'ignorai tout de votre venue ! Sans doute avez-vous appris la nouvelle, n'est-ce pas une belle journée pour venir habiter au palais ? Ainsi vous avez quitté la sage Florence pour venir vous enivrer des vapeurs enfiévrées de la lagune ? "

Sur cette remarque pleine de malice elle se tourna vers l'inconnue. Les yeux de la baronne se plissèrent un instant puis un nouveau sourire éclaira son visage:

" Votre visage ne m'est aucunement familier, je ne crois pas avoir déjà eu l'occasion de vous rencontrer en ces lieues ! Je suis forte aise de constater que le Prince Elio ne néglige pas ses invitées, vous ne pouviez pas trouver meilleur partenaire pour vous introduire au palais que la Comtesse ! Je suis la Baronne di Lorio, dame d'honneur de la Princesse Bianca Adorasti."

Elle continua du même ton jovial, la tête légèrement inclinée sur le côté, l'air vivement intéressé :


" Votre accent également m'est inconnu, puis-je vous demander de quelle province vous êtes originaire ? Pardonnez mon indiscrétion ! J'imagine que Madame..." elle tourna son visage vers celui de la Comtesse : "...est déjà au fait de ces présentations !
Je vous souhaite à toutes deux la bienvenue à Venise ! Puis-je me joindre à vous ? » Son regard croisa celui de l’étrangère : « Cela vous évitera Madame d'avoir à répéter, au moins une fois, toutes ces précieuses informations bien que, je vous en avertis, cela soit l'apanage des nouveaux arrivants dans la Cité..."
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Maëlwenn Sjórk
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 13 Oct - 10:29

A peine avait-elle fini sa phrase qu’une jeune femme inconnue, bien entendu puisque tout lui était inconnu dans ce pays, entra sans aucune cérémonie. Et sans aucune gêne, elle adressa la parole à la comtesse. Elle les avait saluées certes, salutation à laquelle Maëlwenn avait répondu avec un grand sourire et une légère inclination du buste, mais elle n’avait pas été présentée. Cependant, elle semblait bien connaître la comtesse ce qui l’excusait que moyennement.

La joie débordante qui transperçait de ses paroles et de sa façon de se tenir était trop intense, peut-être trop calculée, pour la jeune norvégienne. Son veuvage était encore trop récent pour qu’elle reprenne un peu de son innocence. Elle aussi lorsqu’elle n’était qu’une jeune fille elle avait cette candeur. Néanmoins, elle ne se rendait pas forcément compte de ce fait si bien que la première impression qu’elle eut de Lucrezia ne fut pas des meilleures.


« Non, en effet. Je suis ravie de vous rencontrer. »

Son accent se fit plus fort sur le mot « ravie » qui eut pour effet de souligner ce fait. Elle ne s’était toujours pas départie de son large sourire. Ses deux yeux confirmaient ce fait même si elle ne le pensait pas totalement. Etrangère en ce pays, elle ne pouvait pas se permettre de se faire des ennemis alors elle trichait un peu.

« Comme je le disais à la comtesse, c’est mon premier voyage en Italie. Je suis la comtesse de Hedmark en Norvège. »

Une légère grimace s’imprima sur son visage. Son grand sourire se mua en un léger et pâle sourire qui ne présageait rien de bon. Elle se leva et s’adressa en premier à la comtesse de’ Bardi.

« Je suis navrée, mais je vais devoir reporter à plus tard cette conversation. Le voyage m’a grandement fatiguée et je crains que la légère migraine qui m’assaille en ce moment n’empire. Je vais donc me retirer et vous laisser au bon soin de mademoiselle di Lorio. »

Elle s’inclina légèrement avant de sortir de la pièce. Portant la main à son crâne, elle laissa la douleur envahir son visage. En tant que dame, elle ne pouvait pas montrer ses sentiments en public. Finalement, elle se mit en quête d’un serviteur quelconque qui pourrait lui indiquer ses appartements.

[Jardin du Castello - La fontaine]
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