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 Le Grand Salon

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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 30 Jan - 14:04

[Appartement du Prince]

Après une petite danse discrète dans le couloir sans que personne n'ait pu la voir, Gabriella entra de nouveau dans le Grand Salon et s'approcha de Francesco, un air serein et calme sur son visage souriant et frais.

"Le Prince va vous recevoir bientôt" commença-t-elle.

"Je vous prie donc de bien vouloir patienter encore un peu." Elle s'inclina brièvement, récapitulant mentalement les tâches qui lui restaient à faire.

"Désirez-vous quelque chose de particulier en attendant ?"
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Francesc
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 30 Jan - 18:02

Francesco était perdu dans ses rêveries. Confortablement assis dans un fauteuil, il laissait son regard errer autour de lui, admirant tour à tour la beauté de la pièce, son mobilier, ses tentures... Elio était sans aucun doute un homme qui avait du goût... et des moyens...

Cette dernière pensée raviva dans l'esprit du Vicomte d'anciens souvenirs, qu'il croyait pourtant enfouis au plus profond de sa mémoire depuis de longues années...
Il revoyait d'un coup la splendeur de Florence aux derniers jours de sa gloire, la cour des Princes de Médicis où se pressaient nobles et artistes venus de toute la Toscane, et parfois même de l'Italie entière, il revoyait la majesté des palais, des salons, et la prestance incomparable du Prince... et puis.. l'arrivée des envahisseurs autrichiens...

Pourquoi Francesco n'était-il pas resté auprès de son prince, lorsque tout s'était effondré ? Pourquoi l'avait-il quitté à peine deux ans auparavant ? Le remords le rongeait à nouveau... Avait-il toujours agit selon l'honneur ? Il avait essayé... et pourtant... Il avait rêvé enfant de la gloire et des honneurs militaires devant le bel uniforme de son père... Adulte, il avait pris conscience que le monde était terriblement cruel et sans pitié, et qu'en un instant, une vie pouvait basculer...

Il fut tiré de ses pensées par la douce voix de la servante qui l'avait accueilli. Il leva doucement ses yeux bleu sombre vers elle. Elle devait être revenue dans le salon sans qu'il s'en aperçoive, pendant qu'il rêvait, encore et toujours plongé dans son lourd passé.


"Bien sûr, je patienterai... J'imagine assez bien que le Prince est occupé et qu'il a en ce moment bien d'autres soucis que ma pauvre personne... surtout s'il reçoit ce soir..."

Tout en parlant, Francesco dévisageait son interlocutrice. Elle lui parût terriblement jeune. L'innocence qui brillait dans son regard le toucha profondément. Il sourit à la jeune fille.

*Elle, au moins, pensa-t-il, n'a pas encore été pervertie par la cruauté de ce monde... Pourquoi faut-il toujours que nous perdions notre innocence en vieillissant ?*

"Non, je n'ai besoin de rien, je vous remercie" ajouta-t-il simplement.

Francesco se recula dans son fauteuil. Rien ne pressait. Qu'Elio prenne son temps... A vrai dire, le Maître d'armes était même plutôt heureux que leur rencontre soit légèrement différée. Sans oser se l'avouer, il était assez tendu...

Il allait revoir un homme qu'il avait connu enfant, et qui était maintenant devenu mûr et adulte, et prince de surcroît. Ils s'étaient déjà vus une ou deux fois tout au plus, et il y a maintenant bien des années. Elio le reconnaîtrait-il seulement ? C'est peu probable. Il espérait toutefois que son nom lui rappellerait au moins quelques souvenirs...

Et lui ? Le Prince avait sans aucun doute changé, lui aussi. C'était un homme à présent. Francesco tenta de s'imaginer le Prince Elio adulte, son visage, le son de sa voix, l'éclat de son regard, son allure, sa démarche...
Il n'y parvint pas. Il eu seulement en un éclair la vision d'un petit garçon calme et rêveur, au premier rang d'une superbe église, le jour de son mariage avec Silvia. A la vision de sa femme, son coeur se serra. Sans doute ce jour-là était-il passé très près du bonheur parfait, trop près...

Francesco retint une larme. Il leva à nouveau les yeux, espérant que personne n'avait saisi l'expression de son visage à cet instant...
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 1 Fév - 21:33

Gabriella eut l'impression d'avoir tiré le Vicomte d'une profonde réflexion dont elle ignorait le thème même si elle pensait que ce ne devait pas être très réjouissant vu l'expression de son visage sur l'instant. Gabriella hocha la tête lorsqu'il annonça qu'il patienterait.

Alors qu'il la regardait, un sourire vint enfin éclairer ce visage troublé. Elle le lui rendit, hochant à nouveau la tête alors qu'il ne désirait rien de spécial en attendant le Prince.

Francesco s'enfonça alors dans le fauteuil et son visage reprit un air pensif. Gabriella avait peur que l'homme vienne annoncer une mauvaise nouvelle au Prince et se retint de lui poser la question. Ca aurait été très indiscret.

Mais alors qu'elle allait faire demi-tour pour sortir de la pièce, le maître d'arme releva la tête et Gabriella retint son souffle lorsqu'elle aperçut ses yeux humides.


"Tout va bien monsieur ?" ne put-elle s'empêcher de demander.
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Francesc
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Jeu 2 Fév - 15:40

Francesco se leva et détourna les yeux pour ne pas croiser le regard de la jeune servante. Il n'arriva pas à sourire. Elle avait vu son trouble, c'était évident. Il contracta sa mâchoire.

"Tout va bien, je vous remercie, ajouta-t-il, d'une voix qu'il voulait la plus calme possible, c'est simplement... la fatigue du voyage..."

Il se mit à faire les cent pas, évitant à nouveau de lever les yeux vers la jeune femme. Il avait pensé qu'en quittant Florence, il laisserait son passé derrière lui. En réalité, certains souvenirs hantaient encore et toujours son esprit comme autant de fantômes impitoyables...

Il leva les yeux. Un miroir face à lui lui renvoya l'image d'un homme fatigué, usé par le passage des ans et le poids du chagrin. Il fut surpris. Comment avait-il pu vieillir si vite ?
Il resta interdit un instant, puis il se redressa. Non, il ne se laisserait pas abattre. En soldat valeureux, il affronterait le poids des années et du remord qui le rongeait.
Il passa sa main dans ses cheveux d'ébène. Il lui fallait chasser ses idées noires. Ici, à Venise, il avait une chance de recommencer sa vie, d'oublier son passé. Il devait la saisir. Résolu, il se tourna vers la porte d'un air martial. Son regard bleu était à nouveau sans faille. Il lui tardait à présent de rencontrer le Prince.
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 8 Fév - 1:57

Aussitôt sa question posée, l'homme s'était levé et lui avait tourné le dos comme pour cacher l'expression de son visage qu'elle savait toujours troublé. Elle s'en voulut alors de l'avoir mis mal à l'aise mais le vicomte la rassura en mettant son trouble sur le compte de la fatigue.

"Bien Monsieur.. si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas."

Alors qu'il commençait à faire les cent pas, Gabriella tourna les talons pour sortir de la pièce. Elle avait encore beaucoup de choses à faire et la première chose était d'apporter un repas chaud à Lorenzo.

*Et ensuite aller voir Valcarenghi... quelle plaie..*

Elle soupira et sortit de la pièce.

[Chambre de Lorenzo]
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 8 Mar - 15:45

[Couloir Menant au Grand Salon-Bibliothèque]

Luciano fit irruption dans le grand salon, son habituel rictus méprisant aux lèvres. Francesco di Salvi lui avait toujours apparu comme un personnage pittoresque, comme tous les hommes ayant l’épée pour passion et gagne-pain. C’était sans aucun doute des individus très utiles qu’il était bon d’avoir sous la main, en cas d’urgence. La plupart d’entre eux étaient également d’une loyauté à toute épreuve, une qualité non négligeable. Ils avaient seulement un fort penchant pour le noble et le romanesque qui les rendaient divertissants, soit, mais aussi périssables. L'humanité gagnerait sûrement beaucoup à comprendre que la noblesse ne se trouve que dans le sang et que l'honneur n'appartient pas aux gueux.

« Monsieur di Salvi. Vous ici! Moi qui avais cru que vous demeureriez à Florence, envers et contre tout… Quelle surprise de vous trouver en ces lieux. »

« Êtes-vous venu offrir vos services au Prince Elio ? » s’enquit-il innocemment, un sourire ironique aux lèvres.

Il toisa son interlocuteur de toute sa hauteur, notant que le temps avait fini par le rattraper. Que d’échecs et de déceptions accumulés pour cet homme qui avait dévoué sa vie à son art… La perte de son épouse n’était venue que couronner ce long parcours parsemé de souvenirs amers et de gloire étiolée. C’était le sort de ceux qui n’avaient su prévoir l’avenir ou qui s’en étaient trop remis à Dieu. Il fallait bien souvent forcer la main du Divin Créateur si on souhaitait s’assurer de notre fortune. C'était apparemment chose qu'avait omis de faire le maître d'armes, qui avait connu maints coups du Destin au cours de son existence.
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Francesc
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 8 Mar - 16:53

Lorsque Francesco se retourna, son regard en croisa un autre, qu'il avait connu il y a longtemps. Un homme était entré dans le salon, mais ce n'était pas le Prince. Les yeux étaient gris, froids, et méprisants. Il les reconnut sans peine.

Respectant la bienséance, Francesco inclina la tête et, à contrecoeur, salua son interlocuteur :


"Monsieur di Lorio, c'est également pour moi une surprise que de vous croiser ici..."

Cette surprise était tout sauf bonne... Francesco avait toujours méprisé ce genre d'hommes qui font peu de cas de l'Honneur et dont la seule satisfaction réside dans la gloire de leur naissance.

Le Vicomte releva la tête. La richesse des vêtements de l'aristocrate le frappa. Elle contrastait avec la simplicité de la tenue de voyage du Maître d'Armes. Comme pour confirmer ses pensées, son épée vint taper contre sa cuisse, lui rapellant l'infériorité de sa condition.


Francesco ne se laissa pas impressioner. Il connaissait Luciano. Ni le ton méprisant de sa voix, ni son rictus ironique ne lui avait échappé. L'homme n'avait pas changé.


"J'ai décidé de venir m'installer à Venise, car plus rien ne me retient à présent en Toscane. Je compte y enseigner mon art, et je pense que mon cousin n'a nullement besoin de mes services... Je suis simplement venu le saluer."

Il marqua une courte pause puis ajouta, fixant son interlocuteur dans les yeux :

"Et vous, Monsieur, quelle sombre affaire a donc pu vous attirer à Venise?"
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 17 Mar - 0:02

Luciano eut une moue amusée et son regard froid jaugea les vêtements de Francesco.
Ainsi tous les parents pauvres de la famille comptaient sur le rejeton d'Andrea pour redresser leur barque
.

"Mon cher di Salvi, je vous souhaite bien du plaisir en la compagnie de celui que vous nommez assez légérement "votre cousin". Vous n'êtes pas le seul désargenté à venir le solliciter. Mais la pauvreté repousse les limites de l'honneur, n'est-il pas ?"

Un valet essoufflé apparut dans l'encadrement de la porte et tendit le cou vers di Lorio pour qu'il le remarque.

D'un geste ennuyé Luciano lui fit signe d'approcher et écouta ce que l'homme avait à lui souffler trop bas pour que quiconque l'entende.
Il le renvoya du même geste et se tourna à nouveau vers Francesco
.

"Bien, je dois prendre congé, on me demande pour une affaire d'importance. Mais je ne doute pas que nous nous reverrons puisque votre Cousin reccueille ici tous les nécessiteux."

D'un pas rapide, il quitta la pièce.

[dernier post de Luciano]
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Francesc
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 24 Mar - 21:31

Francesco eut un sursaut de colère. Comment un homme de cet espèce pouvait-il oser parler d'honneur? Il se retint cependant de répliquer à la remarque de Luciano. Il n'avait vraiment pas changé, toujours aussi froid et méprisant. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir le gifler.

Non, le Vicomte n'était pas venu ici pour mendier, mais bien pour saluer celui qui était son cousin par alliance. C'était tout de même la moindre des choses.

Il ne salua pas l'aristocrate lorsque celui-ci quitta la pièce. Il espérait ne plus le revoir. Son arrogance était décidément insupportable.

Francesco se laissa à nouveau tomber dans un fauteuil. Il se dit qu'il aurait peut-être mieux fait d'attendre avant de venir saluer le Prince. Cela lui aurait évité de le déranger en pleine réception, et surtout de s'entendre dire de pareilles injures par un gentilhomme aussi arrogant que méprisant.

Les mondanités n'étaient vraiment plus de son âge. Il espérait que le prince ne tarderait pas trop, qu'il puisse enfin rentrer à son auberge.

Un valet de la maison entra et adressa quelques mots au Vicomte. Le prince allait le recevoir, il l'attendait dans la salle de bal.
Francesco hésita. Il allait se présenter au maître de maison dans une tenue peu convenable, en pleine réception...
Tant pis, il n'avait plus le choix. Il se leva et suivit le serviteur hors de la pièce...



[Salle de Bal, Divertissemment musical, Près de la porte]
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 25 Nov - 23:58

[L'embarcadère]

Giacinto avait suivit la jeune servante jusqu'au Grand Salon. Mais une fois au milieu de cette immense salle, il se sentit profondément hors de propos.

C'est pourquoi avant même de s'asseoir, avant même plutôt de se voir offrir un siège, il se tourna un peu embêté vers la jeune fille.


"Excusez-moi, ma sœur, je ne voudrais pas embarrasser cette maison trop longtemps... J'aurais simplement désiré m'entretenir avec le Prince Elio Adorasti quelques instants. Maintenant s'il le veut bien, ou plus tard dans la journée, s'il le souhaite..."
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Dim 26 Nov - 1:45

[L'embarcadère]

Suivie du Père, Gabriella entra dans le Grand Salon et entama un mouvement de la main pour lui désigner un canapé dans lequel il pourrait prendre place. Mais l'homme lui parla aussitôt, apparemment pressé de s'en aller pour ne pas déranger.

Gabriella lui sourit et hocha la tête.


"Bien mon Père, je vais aller le chercher de ce pas."

En fait, ça l'arrangeait bien car c'était exactement ce qu'elle voulait faire depuis le début de la matinée. Elle lui désigna donc un canapé pour qu'il prenne place puis sortit de la pièce.

[Les communs]
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P.Giacinto I. Chiaramonti
Père Jésuite
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 27 Nov - 0:26

Giacinto resta debout.

Qu'allait-il dire au Prince Elio ? C'était une affaire bien plus délicate que ce qu'il avait imaginé en fait... Il aurait dû prendre plus de temps pour réfléchir. Il aurait dû attendre plus longtemps au lieu de se précipiter chez le Prince.

Pour s'empêcher de tourner en rond, le jeune prêtre se dirigea vers la fenêtre. Il fallait qu'il attende le Prince, c'était tout.

Que c'était beau et calme... Un paradis artificiel interdit à la majorité de la population.
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Jeu 30 Nov - 1:26

[La Chambre d'Elio]

Gabriella revint une petite dizaine de minutes après être partie. Elle entra en trombe dans le Grand Salon. S'il y avait bien une personne à qui elle pouvait parler franchement, c'était le prêtre.

Elle se planta devant l'homme, le visage blanc et inquiet. Elle avait couru, ce qui fait qu'elle était essoufflée et qu'elle attrapa le hoquet quand elle essaya de parler.


"Le prince... pas dormi.. habits.. tout là.. épée, parti ! Pas revenu !"

Les yeux embués elle se retint de ne pas secouer l'homme pour qu'il comprenne plus vite. Elle inspira profondément, inspiration perturbée par le hoquet, puis recommença plus clairement mais toujours aussi vite.

"Le prince n'a pas dormi au palais cette nuit et il n'est toujours pas revenu c'est terrible si ça se trouve il a été enlevé et peut-être qu'on le torture il faut le retrouver vite tout de suite il ne faut pas perdre de temps !"
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 2 Déc - 3:03

Non, il n'y avait vraiment pas de paradis sur terre en fait. Même les endroits les plus paisibles et les plus beaux étaient frappés de catastrophe.

La petite bonne était revenue en courant, essoufflée, et visiblement très perturbée...
Il avait immédiatement posé une main sur son épaule pour tenter de l'apaiser et l'assurer du fait qu'il l'écoutait. Elle avait confirmé ce qu'il avait craint en trouvant la dague ce matin, sans avoir voulu y croire.

Il réfléchit rapidement. Ce qu'il fallait éviter dans tous les cas, c'était le scandale. Qu'Elio soit mort ou non, en train d'être torturé ou non, le scandale est la chose qui vient tout compliquer. Donc il fallait rechercher le Prince sans remuer ciel et terre. Ne pas créer de panique.

Giacinto, un air grave mais calme sur le visage saisit les deux épaules de la jeune servante.


"Ma soeur, il ne faut pas se mettre dans un tel état. Si le Prince n'est que..."

Comment dire à la jeune fille qui avait l'air très dévouée que son patron avait peut-être simplement envie de prendre l'air loin de tout... Il pensa soudain à son aventure de la nuit et de la matinée.

"Et bien, il pourrait avoir été appelé d'urgence au chevet d'un ami par exemple, et ne pas souhaiter qu'on s'inquiète en vain..."

Doutant de convaincre réellement la petite bonne, Giacinto enchaîna directement.

"Vous ne voudriez pas que le Prince Elio soit embarrassé par vos actions, n'est-ce pas ? Donc... est-ce qu'il n'y a vraiment personne ici qui pourrait savoir quelque chose ? Madame son épouse... ?"

Giacinto tentait innocemment ce qui lui semblait le plus logique par rapport à son expérience familiale personnelle...
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 6 Déc - 22:30

La main que posait le Père sur son épaule ne l'apaisait pas du tout. En fait, ça faisait le contraire car ce geste signifiait pour elle "du calme, il n'y a pas de quoi s'affoler" alors qu'il y avait tout de quoi s'affoler à ses yeux. Le prince n'avait pas dormi au palais, avec ce froid (c'était impensable qu'il aille dormir chez quelqu'un d'autre, hors de son palais confortable) et il n'était toujours pas revenu.

Et maintenant, il posait ses deux mains sur ses épaules. C'était deux fois pire. Mais Gabriella se contentait de regarder l'homme, le teint pâle et les yeux écarquillés, écoutant ce qu'il allait lui répondre. Ses paroles se marièrent très bien à ses gestes et comme il fallait s'y attendre, Gabriella n'en fut pas du tout plus rassurée.


"Mais c'est impossible !" s'exclama-t-elle immédiatement. "Le Prince ne serait pas sorti sans prévenir au moins quelqu'un et aucun membre du personnel n'a été mis au courant, pas même moi !" dit-elle comme si elle devait être la première avertie des moindres faits et gestes du prince Elio.

*Et puis il n'a pas d'ami vivant en dehors du palais... je crois. Je le saurai aussi...*

Les secondes paroles de l'homme d'église eurent plus d'impact que les premières. Embarrasser le prince par ses actions était la dernière chose qu'elle voulait.

"Oui vous avez raison, j'ignore si la princesse sait quelque chose... Allons la voir, elle n'est pas encore partie." dit-elle, les sourcils froncés d'inquiétude.

[La bibliothèque]
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Awrigha
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 14:45

[Embarcadère]

Awrigha, si elle avait été de nature vindicative, aurait pu enrager que la jeune femme, de toute évidence une servante, l'ait laissée toute seule.
Mais ce ressentiment aurait impliqué une quelconque constance ne serait-ce que dans l'esprit d'Awrigha. Et c'était malheureusement chose impossible.

Alors elle se contenta d'aller et venir dans le vaste salon des Adorasti. Trop vaste, d'ailleurs, Awrigha avait l'impression de redécouvrir la pièce à chaque fois qu'elle faisait un nouveau cercle.

Puis, lassée et commençant à avoir la tête qui tourne car ses cercles devenaient de plus en plus petits, elle se mit à regarder les oeuvres, qui, selon la mode du temps, tapissaient entièrement les murs de la pièce. Si Awrigha avait eu la moindre notion du temps, elle aurait pu le trouver long.
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Livia Pa
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 20:53

[Premier Post de la journée]

Livia, après avoir exécuté les quelques tâches matinales qui lui avaient été confiées, avait fini par se rendre au grand salon, qu'elle aurait souhaité épousseter... Tout en cherchant discrètement Gabriella : elle avait entendu certains ragots des gens de maison à propos de l'absence du maître ce matin. Certains disaient savoir où il se trouvait, d'autres non. Enfin, elle ne pouvait elle-même être sûre de rien, mais elle accordait une certaine confiance à ce que lui dirait sa blonde camarade.

Cependant, alors qu'elle entrait, prête à se mettre au travail, elle fut interrompue dans sa marche par la présence d'une dame inconnue dans la pièce. Sur le pas de la porte, la domestique s'arrêta et s'inclina respectueusement, comme elle en avait l'habitude devant toute personne supérieure à elle en rang et, d'après les vêtements que portait l'autre, il était évident qu'elle faisait partie de ce groupe.

D'autres auraient été tenus de baisser les yeux. Livia étant de nature assez grande, elle ne s'y autorisait pas : le geste aurait trop ressemblé à une posture plus ou moins méprisante, ce qu'elle ne voulait paraître qu'en certaines occasions choisies, et celle-ci n'en faisait pas partie. Au lieu de ça, elle regarda son interlocutrice en plein visage, de ses yeux noirs. On ne pourrait rien lui reprocher : de son tablier immaculé à son chignon impeccablement mais modestement tiré, elle incarnait la bonne tenue. Et pouvait-on en vouloir à quelqu'un pour un regard, peut-être un peu trop prononcé, certes, mais après tout, seulement deux billes colorées vous fixant ?


"Bonjour, Madame.", commença-t-elle. Puis, il lui faudrait tourner sa question de manière à ce que son interlocutrice n'y voit pas une accusation, mais bien une inquiétude pour son confort personnel. "Quelqu'un est-il déjà allé vous annoncer, Madame ?", demanda-t-elle enfin, ses yeux interrogateurs fixés sur le visage brun de celle qui se trouvait dans la pièce.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 21:27

"Oui, cela a été fait, merci Livia." fit la voix de la princesse en entrant dans le grand salon. Elle offrit un sourire à la servante, appréciant sa tenue impeccable et son sens du devoir.

"Veillez à ce que les malles de Madame soient montées dans sa suite et que sa chambre soit préparée." ajouta-t-elle à l'intention de la servante.

Toujours avenante malgré ce qu'elle venait d'apprendre, Bianca s'approcha de son invitée et lui sourit.


"Bienvenue Ca'Adorasti Madame. Mon époux m'avais prévenue de votre arrivée."

Plus exactement, le prince lui avait fait lire une lettre d'Andrea dans laquelle il annonçait sa venue à Venise. Bianca avait reconnu le nom de famille, beaucoup plus simple à retenir que le prénom.
Le regard bleu-vert de la princesse glissa un instant sur la robe jaune criarde de la jeune femme. Elle se rappela qu'Elio l'avait avertie du caractère 'particulier' de la jeune femme mais elle découvrait qu'apparemment ses goûts vestimentaires suivaient son caractère.
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Awrigha
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 22:02

S'arrachant à grand peine à la contemplation d'une mince bande de tapisserie qu'on pouvait apperçevoir entre deux tableaux, Awrigha se retourna, et fit un grand sourire à la jeune femme qui venait de montrer tant de sollicitude à son égard.
De tout évidence, il s'agissait d'une servante. Awrigha tirait cette brillante déduction non pas de l'air de la jeune femme, ou de ses habits, mais du fait qu'elle avait précisément montré de la sollicitude.

Soudain, une autre personne entra. En réalité, cette apparition n'avait strictement rien de soudain. Mais il fallut pourtant qu'Awrigha fasse un effort pour tenter de se resituer dans la pièce, avec une personne en plus. Il ne manquerait plus qu'elle s'éparpille encore une fois !


Jetant encore un coup d'oeil à la si grande servante, Awrigha lui fit un grand sourire avant de se tourner devant celle qui venait de se présenter comme la femme du propriétaire des lieux.
Etrangement, les premiers mots d'Awrigha furent :


-"Il y a donc tant d'araignées que ça à vos plafonds ?"

Contrairement aux apparences, cette phrase était d'une logique extrême. Elle ne faisait que prolonger la réflexion qu'Awrigha se faisait sur la taille de la servante.

-"Awrigha d'Alep. Mais je suppose que vous finirez, comme tous, par m'appeller La Folle d'Alep, alors autant commencer par là !"

Toujours pleine d'entrain, Awrigha n'en finissait pas de laisser son regard papilloner d'une chose à l'autre, caressant un vase, admirant un tissus.

-"ce palais est réellement magnifique, vous savez !"
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Livia Pa
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 22:25

Livia se laissa surprendre par la voix de sa maîtresse derrière elle. Elle eut une forte inspiration, mais aucun sursaut n'agita son corps, et son visage ne rosit pas. Elle n'avait pas été prise en faute, elle n'avait aucune raison de s'inquiéter. Elle reçut le sourire de la princesse avec une révérence, et ses lèvres s'étirèrent elles aussi, reconnaissantes.

"Bien, Votre Grâce", répondit-elle en entendant ses ordres, s'inclinant légèrement. C'était sans doute le geste qu'elle faisait le plus souvent : s'incliner. Pour saluer, pour recevoir des ordres, pour remercier d'un sourire...

Elle devina que les malles de la jeune personne, qui était en quelques instants devenue une invitée, devaient sans doute encore se trouver à l'embaracadère là où elle avait dû, selon toute probabilité, arriver.

Il faudrait qu'elle trouve un porteur pour les emmener dans les suites, étant une femme, on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'elle se charge elle-même de ce travail. Avant qu'elle ne se retourne pour quitter les lieux, la nouvelle arrivée lui adressa un sourire rayonnant. Elle y répondit de la même façon qu'à sa maîtresse, excepté qu'elle ne baissa pas les yeux. Au contraire, elle les remplit d'une sorte de joie mêlée de gratitude. Une façon comme un autre de souhaiter la bienvenue aux gens qui ne lui étaient pas désagréables.

Puis, elle tourna sur ses talons et quitta la pièce, entendant du pas de la porte la remarque sur les araignées. Les yeux de Livia s'agrandirent un peu. Etait-ce un reproche ? N'avait-elle pas fait son travail correctement ? Elle leva les yeux au plafond : d'autant qu'elle pouvait le voir, il n'y avait pas trace d'une quelconque toile... Décidément, cette femme semblait avoir le tempérament aussi singulier que la tenue vive qu'elle portait. Elle se douta qu'elle finirait par s'en amuser, à la longue.

Arrivée à l'embarcadère, elle donna comme elle l'avait prévu, quelques ordres pour qu'on emmène les malles de Madame dans sa suite, pendant qu'elle s'occuperait elle-même de préparer la chambre. Elle n'aurait sans doute pas l'occasion de croiser Gabriella avant un certain temps. Tant pis. Elle se tiendrait au courant des curiosités de la maison plus tard. Et puis, sa jeune maîtresse n'avait pas l'air particulièrement bouleversée, lorsqu'elle était arrivée au salon... Une fois de plus, les rumeurs devaient mentir...


[Suite d'Awrigha d'Alep]
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 13 Déc - 2:32

D'emblée, la phrase d'introduction d'Awrigha la surprit. Alors qu'elle s'attendait, comme le voulaient les convenances, à un remerciement face à l'hospitalité de la maison qui l'accueillait et à la révérence qu'exigeait son rang, la jeune femme parlait d'araignées au plafond. Tandis que les gens cherchaient en général à faire bonne impression lors du premier contact, avec cette dame là, ça partait très mal.

"Les usages en orient semblent être fort différents des nôtres, mais je pense qu'avec l'habitude vous les apprendrez..." dit-elle d'un ton déjà plus distant que précédemment.

Cette femme, qui n'était qu'une invitée semblait prendre ses aises un peu rapidement au goût de la princesse. Quand elle se présenta en tant que "La Folle d'Alep", Bianca ajouta sur le même ton.


"N'ayez crainte, la frivolité est de mise à Venise et je ne doute pas que vous y rencontrerez des originaux à votre mesure."

Alors qu'elle observait le regard de la jeune femme s'égayer sur la décoration, une autre phrase de son époux lui vint en tête. Il lui avait également dit que s'il convenait de faire preuve d'hospitalité, il ne l'obligeait pas pour autant à supporter en permanence la présence des visiteurs envoyés de Florence. Elle comprenait désormais le sens de cette phrase à sa juste valeur.

"Votre voyage ne fut point trop éprouvant ? Avez-vous décidé de la durée de votre séjour à Venise ?" demanda-t-elle poliment.
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Awrigha
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 13 Déc - 12:23

Indubitablement, Awrigha trouvait la princesse froide. Beaucoup trop froide pour elle, qui avait tant besoin de soleil. Et de jaune. Mais apparemment, même sur les couleurs, les deux femmes ne s'accordaient pas. La princesse portait une robe pastel, teinte qu'Awrigha jugeait passée, fade, sans chaleur.
Et en plus de cela, voilà qu'on lui faisait un reproche à peine voilé sur ses manières !


-"Justement, j'ai connu quelqu'un, en Orient, qui disait toujours qu'il y a trois tyrans : la loi, l'usage et la nécessité. Il n'avait pas tord, je crois. C'était un porcher. Je ne sais pas si vous saisissez l'ironie."

Awrigha hésita quelques instants, semblant réfléchir.

-"A bien y repenser, ce n'était pas dans cette anecdote que devait intervenir le porcher. Non, je crois que cette maxime n'est que tout bêtement l'oeuvre d'un poète grec. Ménandre, sûrement."

Elle haussa les épaules et secoua la tête. Cette histoire n'était plus du tout intéressante.

-"Quand à savoir si je vais vous importuner longtemps, je n'en ai aucune idée. Je suis vraiment désolée, je sais que vous auriez envie de me cloîtrer d'office dans mes appartements..."

Comme toujours, Awrigha faisait une belle unanimité, ce qui ne lassait pas de la ravir. Si sa présence était insupportable, elle ne faisait rien pour tenter d'arranger cet état de fait. C'était ainsi, et, au moins, on se souvenait d'elle dans tous les endroits qu'elle avait traversés. Qu'importe si son souvenir n'attirait que quolibets et lazzis. Awrigha n'allait pas s'arrêter à ce détail insignifiant.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 13 Déc - 23:17

La princesse n'était pas froide, cela n'était pas dans ses habitudes. Par contre, elle était distante, ça oui. Ce n'était pas dans ses habitudes non plus, sauf bien sûr, lorsque son esprit était occupé ailleurs ou que son interlocuteur n'était pas vraiment digne d'intérêt. Dans ce cas présent, c'était les deux à la fois. Bianca continuait donc de parler avec beaucoup de grâce et de politesse mais le coeur y était moins que d'habitude. Elle écouta donc d'une oreille distraite la jeune femme parler d'une connaissance d'Orient.

"Mon dieu comme tout ceci est exotique." dit-elle d'un ton amusé en souriant doucement.

Lorsqu'elle répondit sur la durée de son séjour, Bianca hocha la tête légèrement pour dire qu'elle comprenait. Elle se devait tout de même de réagir quant à la deuxième partie de sa phrase.


"Oh, vous savez... cloîtrer nos hôtes n'est pas dans les habitudes de cette maison. Cependant, il va sans dire que les décisions de mon époux, sous la protection duquel vous vous placez de vous même en demeurant au palais et qui est maître chez lui, sont parfois assez sévères. Cela bien sûr, pour le bien de tous. Aussi vous comprendrez que je ne peux m'engager quant à ses réactions vous concernant." dit-elle sans perdre son sourire aimable et franc.

C'est à ce moment là qu'une petite bonne frappa discrètement à la porte du Grand Salon avant d'entrer timidement. Elle lui remit un pli en s'inclinant avant de repartir.


"Excusez-moi je vous prie." dit-elle poliment à l'intention de son invitée avant de s'éloigner un peu.

Regardant la lettre qu'elle tenait entre ses doigts, Bianca reconnut aussitôt le sceau de son époux et son sang ne fit qu'un tour. La princesse rouvrit alors rapidement la porte donnant sur le couloir et rappela la petite bonne pour lui demander d'où venait la personne qui lui avait remis ce pli. La jeune fille secoua alors la tête d'un air désolé en lui répondant qu'elle était incapable de dire d'où vient le valet qui lui avait remis le mot. La princesse la laissa repartir et cassant le sceau de cire déplia la lettre, pour la lire en silence.


La lettre a écrit:
Madame,

Une affaire imprévue me retient hors du palais. Je suis empêché de vous accompagner chez Monsieur votre frère par quelque souci que je ne tiens pas à exposer ici.
Cependant, il serait intolérable que je vous empêche de vous amuser. Veillez simplement à vous faire accompagner par Monsieur Reverti qui a toute ma confiance et qui répondra de votre protection.
Je vous prie de faire part à Monsieur votre frère de mes regrets à ne pouvoir honorer son invitation et de l'assurer de ma considération.

Elio Lacryma Adorasti

Bianca replia le papier, le regard préoccupé. Elle revint tout de même près d'Awrigha et décida de conclure leur entrevue.

"Madame, nous nous reverrons très certainement lorsque je rentrerai d'une visite que je dois rendre. Une servante vous conduira jusqu'à votre chambre. Une collation peut également vous être servie si vous le désirez." lui dit-elle avec le sourire.

Elle hocha la tête en guise d'au revoir et sortit de la pièce, serrant le pli dans sa main.


[Bibliothèque]
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 30 Déc - 0:28

[Suite de Gaetano Reverti - L'Etude]

Un jour peut-être quoi ? Monsieur Reverti avait vraiment le chic pour ne pas finir les phrases qu'il commençait et c'était très agaçant car sa curiosité sans limite n'était pas rassasiée.

Une fois Gaetano parti à la bibliothèque rejoindre la princesse, Gabriella était sortie de l'Etude du secrétaire et avant soigneusement fermé la porte après s'être assurée que tout était en ordre.

Elle décida de retourner dans le grand salon pour voir si la nouvelle hôte du prince était toujours là ou avait déjà été conduite à ses appartements. En entrant dans la pièce, elle eut la réponse.


"Madame, votre chambre est prête, si vous voulez bien me suivre." dit-elle en la guidant aussitôt dans les couloirs.

Entendant quelqu'un se présenter à la porte, Gabriella laissa la jeune femme là et lui dit.


"Excusez-moi... quelqu'un va s'occuper de vous."

[L'embarcadère]
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 9 Fév - 14:00

[Le Grand Hall - Les Escaliers]

Vlan!
Tiberio laissa tomber ses valises au sol, dans un vacarme qui lui vrilla les tympans pendant une fraction de seconde. Il en regretta d'ailleurs presque ce geste théatral.
Son regard était fixé sur la servante, glacial, accompagné par une grimace de colère. Les poings sérrés, il fixait son interlocutrice avec rage, les dents si serrées qu'il lui semblait qu'elles allaient se briser. En vérité, il était à deux doigts de lui envoyer son poing à travers le visage. Depuis combien de temps n'avait il pas frappé un serviteur? Si longtemps. Cela faisait si longtemps qu'il n'en avait pas eu les moyens, qu'il n'avait pas eu de servants, en vérité. Longtemps aussi qu'il n'avait pas entendu le doux bruit d'un nez qui se brise, ou d'une arcade sourcilière qui éclate. Ces yeux, si clairs, recouverts d'hémoglobine. Ce nez, trop fin, écrasé et tordu. Ce spectacle pourrait être si agréable. Si agréable.

Mais il n'était pas encore chez lui, pensa-t-il, il lui faudrait encore attendre un peu pour pouvoir prendre ses marques. Un jour il pourrait. Il recommencerait à mener la belle vie. Comme avant son départ. Comme avant qu'il ne quitte Florence, il y a de ça 12 années.
Il s'en souvenait.
La plupart des serviteurs et servantes faisaient tout leur possible pour éviter sa chambre, pour éviter de s'approcher de lui. Mais il y en avait d'autres qui venaient volontairement. Sachant ce qui les attendait. Jamais personne n'entrait par hasard chez le cousin du prince, à l'époque. On disait de lui qu'il était fou, violent, hérétique, pédéraste, sodomite, et ces bruits de couloir faisaient allégrement sourire Tiberio. Plus encore que les tentatives désespérées de ses parents pour l'éloigner de la cité familiale. Cela avait été une époque bénie et dorée, presque les meilleures années de sa vie. Bien sur, lors de ses voyages suivants, il avait connu mieux, mais les risques que lesdits voyages impliquaient les ternissaient trop, et lui avaient souvent fait regretter le confort de son cocon italien.
Cocon qu'il allait dès maintenant tenter de reconquérir. Il allait de nouveau s'installer parmi les siens, et, de nouveau, serait indélogeable.

Mais cette conquête commençait par un minimum de maitrise. Il se décrispa lentement, petit à petit, et son visage se métamorphosa, reprenant l'apparence du masque d'amabilité qu'il avait eu au départ, devant cette porte. Oui, il était conscient que cet élan d'impulsivité, et les successions d'émotions lisibles sur ses traits avaient déjà complétement révélé sa faiblesse nerveuse à la servante, mais, "tant pis", pensait-t-il, "c'est comme ça, c'est fait, il aurait fallu que j'y pense avant".
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